La politique de la santé au cœur de la pandémie Covid 19

Dans le cadre des politiques publiques, la mise en place de politiques comme celles de la santé sont primordiales. Elles s’inscrivent dans la concurrence entre les états qui cherchent à augmenter leur puissance au détriment de celle des autres. On considère ainsi qu’une population plus ou moins saine, féconde, malade, a un impact direct sur la puissance de l’état.

Un Etat qui se veut puissant doit donc avoir comme objectif d’augmenter le bien-être de la population en intervenant sur la manière dont la population s’alimente en agissant par exemple sur les prix de biens alimentaires primaires (pain), sur les politiques natalistes, en mettant en œuvre des politiques urbaines (hygiène publique), de santé publique, en permettant l’accroissement les flux de marchandises, en mettant en œuvre des politiques de vaccination… Le but de l’état est accroître la vie de la population. La vie devient un objet de politique publique.

De prime abord la santé relève de la chose privée, mais face aux enjeux de puissance et de pouvoir les Etats se sont impliqués à travers différentes politiques, et gardant en ligne de mire qu’une population en bonne santé avait un impact positif sur le développement des pays. Et c’est ainsi que le facteur de prévention de la maladie prend toute son importance, plutôt que de guérir on va d’abord essayer de prévenir la maladie, par des politiques d’assainissement, la recherche scientifique (vaccin), l’interdiction de la consommation de certaines substances.

En plus de l’hygiène public, les Etats vont agir sur la politique de l’enfant qui est considéré comme la force futur et qui doit donc croître dans des conditions saines (réduction taux de mortalité infantile) et enfin les Etats vont investir en masse dans la formation du personnel de santé, dans la recherche scientifique et les structures de soin.

Ce qui précède sous-entend donc que les Etats les plus faibles ont des systèmes de santé à priori fragiles quand les plus puissants ont des systèmes de santé plus robustes.

On constate au sein des Etats les plus fragiles, et ce depuis la fin de la période coloniale, une sous-traitance de la politique de santé matérialisées par la forte présence des Organisations non gouvernementales et la cohorte d’experts internationaux, dont l’ancien Ministre Français Bernard Kouchner est une  illustration frappante. Selon le livre de Pierre Péan « Le monde selon K », ce dernier aurait été rémunéré à hauteur de 2,6 millions d’euros pour un rapport de 107 pages sur le système de santé Gabonais (ici)? On suppose ainsi que dans ce pays, ou même au sein du Ministère de la santé, il n’y avait ainsi aucune personnalité à même de produire un tel rapport entrant parfaitement dans ces attributions et qui n’aurait donc nécessite aucune surcharge supplémentaire pour l’Etat.

Au final, par la multiplication des intervenants extérieurs,  les Gouvernements de ces Etats ont abandonné une partie de leur souveraineté et de leur objet de puissance à des structures occidentales et autres experts, ce qui serait inconcevable dans d’autres Etats  jaloux de leur souveraineté.

Ces errements globaux pourraient s’expliquer par une possible méconnaissance des enjeux liés à la santé par les gouvernants, mais surtout par l’émergence de régimes autoritaires mus principalement par la captation des deniers publics et ce au détriment de bien commun. Certes ces régimes se drapent des attributs démocratiques de la puissance mais leurs fonctionnement ne le sont pas.

On y trouve cependant un maillage de centres de santé, des centres hospitaliers universitaires,  mais ces structures se trouvent dans un dénuement total, avec un manque cruel de matériels et de personnels qualifiés. L’illustration est parfaite se trouve dans le fait que les plus aisés, ceux appartenant aux cercles proches du pouvoir voyageant en Business Class sur les vols Air France abondent dans les hôpitaux parisiens les plus huppés, connaissent les plus grands professeurs de santé qu’ils appellent évidemment par leurs prénoms comme pour rappeler une forme de familiarité. On a ses habitudes dans ces cliniques comme d’autres ont les leur au maquis du coin. Bien évidemment le tout rémunéré en liquide avec des fonds dont on se doute bien de la provenance.

La pandémie du Covid 19 met nos errements coupables, elle démontre avec force nos limites sur la plan matériel mais également humain et expose les dirigeants, les mettant face à leurs responsabilités. Il est tant évident que ce n’est pas au pied de cette pandémie que les retards accumulés depuis 50 ans seront rattrapés par un coup de baguette magique et cela appelle les populations bien conscientes de leur appareil de santé à prendre des dispositions personnelles pour se prémunir.

Ainsi l’après pandémie doit dans un premier temps adresser la question de la formation des médecins et chercheurs. Les universités de médecine sont débordées d’étudiants, et la qualité de l’enseignement s’est fortement dégradée, cela est lié à plusieurs facteurs, parmi lesquels le manque de matériel pourtant nécessaire. Il est également important de penser la recherche avec des investissements plus conséquents au niveau des organes d’intégration sous-régionaux

Concernant l’hôpital et les centre de santé, l’Etat doit pouvoir affirmer sa souveraineté et ne pas déléguer la santé des citoyens à des organisations internationales, la santé du peuple doit être au cœur des politique de développement économique, car la santé et la recherche participent entièrement la croissance économique. Ce sont des secteurs à fortes valeur ajoutée par la création d’emploi  et par les entreprises de sous-traitance qui interviennent.

L’Afrique dans son ensemble sera mise à rude épreuve et au terme de la crise il faudra que les sociétés africaines tirent les leçons à hauteur des défis. Les épidémies sont appelées à se reproduire et le temps entre deux périodes est de plus en plus réduit, il faut donc agir vite.

Publié par askiamohamed

Consultant en Géopolitique, Sciences politiques.

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