Edito: les maliens ont raison de s’intéresser aux élections en France

L’élection en France, comme celle aux États-Unis avant, passionnent les maliens, et les africains en général. Les débats sur les réseaux sociaux et dans les grins font rage, entre les supporters de Macron, Lepen, Mélenchon, de Clinton ou Trump jadis.

Les débats sont à placer dans le cadre des relations entre la France et les pays africains, et au Mali, ils ont été particulièrement suivis, en janvier 2013 il y a eu serval, puis Barkhane et naturellement on se pose des questions sur l’impact des élections sur les opérations françaises au Mali et au sahel.

Cet intérêt exprimé pour la politique française et les élections a provoqué des réactions de la part de certains que l’on pourrait qualifier donneurs de leçon professionnels, qui considèrent que les maliens devraient plutôt s’intéresser à leurs propres affaires avant tout.

C’est une erreur de jugement de leur part, et ils sont coutumiers du fait, car considérer que le Mali vivrait couper de ce qui se passe dans le monde et notamment en France ou aux USA est un non-sens dans le siècle où nous vivons. A l’époque de la globalisation ce qui se passe aux États-Unis ou en France a un impact sur ce qui se passe au Mali ou ailleurs.

Penchons-nous sur le cas de Trump, ce dernier a annoncé une réduction de l’aide au développement de 30%, et une réduction de l’appui financier des USA à l’ONU. Quand on a une mission de maintien de la paix dans son pays, et un bailleur comme USAID qui financent des centaines de projets, on est dans l’obligation de s’intéresser à ce qui se passe aux USA.

Les élections en France nous touchent plus particulièrement du fait de notre passé, mais aussi du fait de la forte diaspora présente dans ce pays.  On peut y voir également un appétit pour la politique, pour le débat et le combat idéologique, les enjeux étaient connus de tous avec d’une part une vision d’une France ouverte sur le monde et d’autre part celle refermée sur elle-même, et chacun mesurait ce que cela pouvait signifier dans nos relations.

Il n’est démontré nulle part que s’intéresser à la politique internationale reviendrait à se désintéresser de la politique nationale, bien au contraire, il y a parfois, une volonté de reproduire ce qui se passe ailleurs, comme les primaires, les grands débats politiques etc…

Si l’on regarde de plus près, le nouveau code électoral du Mali en son article 70, stipule qu’il est organisé un débat contradictoire entre les candidats à l’élection Présidentielle entre les candidats s’il y a lieu, de plus on assiste à une recomposition des partis politiques sur des critères idéologiques certes flous, mais qui tentent de reproduire les standards de l’idéologie politiques, avec un pôle de gauche, un pôle du centre et un de droite. Le militantisme se développe, et le projet de constitution tente d’enrayer le phénomène de nomadisme politique. La campagne pour l’enrôlement sur les listes électorales bat son plein également sur les réseaux sociaux et dans les associations de quartier.

Après tout la France est une vieille démocratie, qui a fait ses preuves, pourquoi devrions-nous nous détourner d’un fait politique majeur. Le monde entier regarde ce qui se passe en France, pourquoi n’aurions-nous pas le droit de faire de même? En quoi s’intéresser à la politique internationale nous couperait-elle de la politique locale.

Je crois bien au contraire que cette élection en France et la victoire probable de E. Macron jeune candidat de 39 ans, réformateur et promoteur de la sociale-démocrate, dans un pays englué dans la politique des petits pas menée par des apparatchiks,  peut donner des idées et le parallèle est vite fait, avec nos gérontocraties inamovibles.

Nous n’attendons pas de messie, mais un message doit être lancée à la jeunesse malienne militante, volontariste urbaine et rurale,  lui dire qu’il est possible de faire bouger les lignes, et d’en finir avec un système qui nous fait stagner depuis 30 ans, le temps n’est plus au pessimisme et au fatalisme.

 « L’élite mondialisée » du Mali, est ouverte sur le monde et vit amplement tous les évènements de Bangkok à Montevideo,  donne son avis sur la destitution de Dilma Roussef, sur les manifestations à Caracas et sur le #BlackLivesMatter.

Plutôt que de vouloir la déconnecter du monde, nous devrions plutôt continuer cette ouverture et entrainer le même mouvement dans les zones rurales.

 

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