Les défis du nouveau PM A.I.Maiga: Cap sur 2018

Après 3 mois de rumeur et de tergiversations, le Président a désigné Abdoulaye Idrissa Maiga comme Premier Ministre, le 4ième du quinquennat.

D’après nos informations, la décision de changer de chef de Gouvernement aurait été actée dès le mois de décembre 2016, mais le PM sortant, Modibo Keita, tenait à inscrire la Conférence d’entente nationale à son bilan. Au final, il a été mis en marge de la CEN, et s’en va à un moment de forte tension dans le pays.

Le bilan de Modibo Keita à la tête du Gouvernement du Mali est contrasté, il n’aura pas su mettre en place un dialogue constructif avec toutes les forces vives de la Nation, ce qui lui a valu de passer son mandat à tenter de contenir la fronde sociale. En effet jamais des syndicats dans ce pays, n’avaient atteint un tel niveau de radicalité dans leurs revendications, la grève illimitée est devenue le moyen d’expression par excellence.

Sur le plan économique Modibo Keita a perpétué les erreurs de tous ces prédécesseurs à ce poste depuis 2002, c’est à dire, tout dans la subvention, et très peu dans l’investissement. Il n’aura pas réussi à remettre sur les bons rails le secteur de l’agriculture, malgré une bonne volonté affichée, idem pour le secteur de l’industrie, dont le Ministère sectoriel ne semble pas faire cas des difficultés pour les entrepreneurs d’avoir accès aux crédits bancaires, et préfère investir dans des panneaux publicitaires pour vanter l’industrialisation du pays.

Sur le plan de l’éthique, de la morale et de la vertu, on nous avait vanté le PM lors de son arrivée comme un homme de rigueur qui allait remettre sur le droit chemin, l’administration, or ce ne fut pas les cas, les scandales financiers se sont enchaînés et lui-même s’est retrouvé empêtré dans une affaire de logements sociaux, qu’il a attribué à ses proches.

En définitive, Modibo Keita laisse le pays, un peu comme il l’a trouvé, s’il a tenté dans un premier temps d’apporter une touche de rigueur notamment au niveau de la gestion des finances publiques, très rapidement il est apparu dépassé par l’environnement qui l’entoure, ne trouvant aucune solution aux différentes crises sociales et sécuritaires. Repos bien mérité!

Le nouveau PM est l’ancien Ministre de la Défense, avec un bilan là aussi mitigé, il n’aura pas su à la suite de Thieman Hubert Coulibaly apporter les modifications nécessaires à l’outil de défense pour s’adapter à la menace. Ses soutiens affirment qu’il n’en a pas eu le temps, mais c’est la cruauté de l’exercice, le temps est compté. La presse le présente comme un homme de rigueur, parfois un peu rigide, et ce n’est pas sans rappeler les présentations qui étaient faites de son prédécesseur.

Les défis auxquelles il doit faire face sont nombreux, il y a la fronde sociale grandissante, la crise sécuritaire, la mise en œuvre de l’Accord, la réforme du secteur de l’éducation, de la santé, le chômage des jeunes, l’explosion démographique, etc…Vous l’aurez compris il est déjà trop tard pour ce quinquennat.

On admet généralement, sans que cela soit une règle absolue, qu’un Président de la République doit lancer dans les 100 premiers jours les grands chantiers qu’il souhaite voir réaliser lors de son mandat. C’est la période durant laquelle on fixe le cap, on montre la direction dans laquelle on veut aller, les années suivantes on procède à des réorientations, et la dernière année on présente les résultats au peuple pour une éventuelle réélection. On a du mal depuis 2013 à voir le cap!

Or il n’est pas raisonnable d’exiger du PM de résoudre les difficultés des maliens, dont la prise en charge n’est pas palpable depuis 2013, en moins d’une année. En réalité on a le sentiment, que c’est plus une équipe de campagne qui va être mise en place pour les échéances électorales, qu’un basculement dans la prise en charge des préoccupations légitimes des maliens.

En effet les échéances sont nombreuses, il y a les municipales partielles, les Régionales, le référendum constitutionnelle et la Présidentielle en 2018. En désignant son ancien directeur de campagne, ou en se le faisant imposer par son parti le Rassemblement pour le Mali (RPM), selon les versions, la course à la Présidence de la République vient de démarrer et ça les syndicats comme l’opposition parlementaire l’ont bien compris.

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