L’union fait la force

Le Mali a de nouveau été frappé, le décompte macabre se poursuit. Une mine par-ci, un kamikaze par-là, une voiture piégée, les barbares frappent, forces de l’ordre, simples citoyens mais aussi ex-rebelles.

La vie des habitants du nord est désormais rythmée par ces actes, on ne se vit plus comme avant, on fait plus attention à ce que l’on dit de crainte d’être assimilé à un informateur de la force Barkhane ou de l’armée malienne.

Voilà 4 années que le Mali est secoué par le terrorisme, d’autre lui préfèrent un autre nom, mais c’est bien de terreur dont il s’agit. De Bamako à Kidal la même horreur, ce sont les mêmes qui les commettent, s’appelant tantôt AQMI, tantôt Al Mourabitoune.

Ces kamikazes ne sont pas des étrangers, ils vivent parmi nous et ont grandi parmi nous, ils parlent nos langues, et partagent nos us et coutumes. Ils planifient leurs attaques chez d’autres concitoyens, soutenant l’idéologie de la mort. Interrogeons-nous sur cet état de fait! Qu’est ce qui fait que des fils du pays se lèvent pour tuer d’autres fils du pays? Ce débat doit être sur la place publique, il ne doit pas être occulté, il ne doit pas être réservé à l’élite, aux experts,  les communautés locales ont des réponses  à apporter et elles sont parfois plus efficaces que celles imposées du sommet.

En effet j’ai la conviction que la paix ne peut venir uniquement du sommet, elle viendra aussi de la base, car les populations elles savent mieux que quiconque leurs difficultés, et les solutions qu’il faut y apporter. Notre modèle démocratique centralisé ne permet par cela, il prône une recherche de solution au Sommet qui sera ensuite appliquée à la base.

Je propose d’inverser le processus, la solution doit venir du terrain et être appliquée par le sommet. La question du terrorisme ne se pose par de la même manière à Ségou ou à Kidal, or notre politique actuelle consiste à appliquer les mêmes schémas de manière systématique sur l’ensemble du territoire.

L’union ne se décrète pas, que constatons-nous? La solidarité nationale s’est effritée, le Mali est divisé et il y a une forme d’insouciance qui s’est développée dans les Régions les moins touchées et les plus peuplées qui au fond n’ont pas le sentiment d’être concernées par ce qui se passe dans ce nord lointain.  Ce n’est pas un reproche c’est un constat et il y a de nombreuses explications à cela!

Face à cela et avec la nécessité de bâtir une Nation unie face à la terreur, la Conférence d’entente nationale par exemple peut apparaitre comme un outil qui permettra aux populations locales d’exprimer leur ressenti, de le partager avec l’ensemble de la Nation et de proposer des solutions à cette question. A condition que le processus soit inclusif, et parte du terrain vers le Sommet.

L’injustice, la corruption, la mauvaise gouvernance ont engendré toutes nos difficultés et depuis 10 ans plusieurs communautés ont eu à souffrir de ces maux, elles ont eu à les dénoncer, quand une minorité elle s’empiffrait.

Nous ne tirons pas les leçons de nos erreurs passées, de notre laxisme coupable, de notre lâcheté à affronter les vraies causes de la crise, de notre promptitude à accuser l’autre pour nos tares.

Il est temps que cela change, et comme cela a déjà été écrit à plusieurs reprises ici, l’existence même du Mali en tant que pays unitaire n’est pas assurer.

 

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