Les élections, le désamour entre le peuple et les partis politiques.

Résultat de recherche d'images pour "ibk election"Il faut se féliciter que le Gouvernement ait pu tenir les élections communales sur l’ensemble du territoire. Sur 703 communes, 68 n’ont pu élire d’élus municipaux, et sur 21000 bureaux de vote, 1000 ont été touchés par des violences.

Dans le contexte malien, cette élection constituait un défi sécuritaire, organisationnel et humain. Si les violences sont à déplorer et notamment le décès de 5 soldats victimes d’une embuscade, l’organisation des élections communales constitue un grand pas, vers le retour de l’administration dans plusieurs zones. Le Gouvernement a su passer outre les réticences de l’opposition et la position de la CMA, qui en tant que mouvement déniait à un Gouvernement souverain le droit d’organiser des élections.

Pour les 68 communes, qui n’ont pu élire un conseil communal, il s’agira maintenant de procéder à la mise en place d’autorités intérimaires communales dans chacune d’entre elles. Il s’agit principalement de communes dans les Régions de Mopti, Tombouctou, Kidal, Gao, où des bureaux de votes ont été attaqués par ceux qui pensaient ne pas pouvoir remporter le scrutin et devaient coûte que coûte interrompre le processus, mais aussi par des groupes locaux, voyant d’un mauvais œil le retour de l’État sans leur assentiment.

Les résultats, avec un taux de participation autour de 25%, ne sont pas encore définitifs, mais comparés aux législatives et à la présidentielle, le RPM du Président IBK est en fort recul. Malgré la forte implication des barons locaux dans leur fief, le RPM est devancé ou talonné à Koulikoro commune du PAN Issiaka Sidibé, à Mopti, Sikasso, Gao etc…Le bilan national n’est pas radieux, compte tenu de la « tradition » qui depuis 26 ans, favorise le parti au pouvoir raflant généralement toutes les élections.

Il y a dans ces élections un double message envoyé, le premier à la classe politique dans son ensemble. Le faible taux de participation, est le signe que le peuple après le fort engouement pour la Présidentielle de 2013, ne voit plus l’intérêt d’être impliqué dans la chose publique, avec au fond ce sentiment que peu importe celui qui sera au pouvoir, les choses ne changeront pas vraiment pour eux.

Puis un second envoyé au Parti au pouvoir, pour dire qu’il a déçu, que les réformes envisagées n’arrivent pas. La question que se pose beaucoup de maliens est la suivante: Qu’est ce qui a changé depuis 2013? La Gouvernance? L’emploi? La Justice? La défense?

C’est un avertissement envoyé à la classe politique et plus spécifiquement à la majorité Présidentielle. Les difficultés du Mali ne sont pas observées, et exposées de manière concrète et méthodique, ce qui biaise d’une part le débat et ne facilite pas l’émergence de solutions nouvelles outre que les vieilles recettes inopérantes.

En suivant la campagne électorale, la première chose qui vous frappe, est que tous les candidats, toutes sensibilités confondues, font le même constat, et pratiquement avec les mêmes mots, puis proposent les mêmes solutions. Si tous les programmes des Maires élus sont appliqués, Bamako par exemple pourrait devenir la ville au monde qui compte le plus de rues pavées, de terrains de sport et de parcs…

Que cela soit au niveau local, ou au niveau national, les mêmes maux traversent le monde politique malien, on se dit au fond peu importe la manière, il faut arriver au pouvoir, advienne que pourra. Le travail et la construction d’un vrai projet, ça viendra quand ils seront aux affaires.

Il faut que le monde politique sorte de sa petite bulle, pour prendre le pouls d’une population, exaspérée, au bord de l’explosion, des barrières ont depuis longtemps sauté, les repères moraux et éthiques sont inexistants. Nous sommes dans une situation compliquée sur le plan politique, économique et social.

Les ronronnements et atermoiements non pas leurs places dans cette situation d’urgence, la brutalité non plus, mais il s’agit de regarder les faits tels qu’ils se présentent. Inutile de continuer à se mentir, le Mali n’est plus un grand pays avec un grand peuple, mais un pays qui boitillant, qui refuse, de se remettre en question, de se mettre au travail pour retrouver le rang qui doit être le sien.

 

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