Développer l’éducation de masse pour un pays plus riche(1)

Il a été assez souvent fait, ici même et ailleurs, le bilan des 20 années de « démocratie », et des 56 années d’indépendance. Les tares du Mali sont connues, ses succès et ses échecs également, parmi ceux la l’école .

L’école à mon sens est la clé pour l’émancipation  du citoyen, et permet le développement du pays. Aujourd’hui les pays les avancés, sont ceux qui produisent le plus de citoyens éduqués, le plus de scientifiques, d’intellectuels, de personnes formées à un métier. Ces pays dominent les autres car ils ont un savoir qui le leur permet.

Il y a un lien fort en éducation et développement, il explique la différence de niveau de richesse entre citoyens d’un même pays, mais également entre États.

Jacques Brasseul professeur de Sciences Économiques dans son étude du lien entre l’éducation et le développement des États-Unis fait la démonstration suivante:  » Éducation de masse précoce -> Maîtrise technique répandue -> Croissance économique sur le long terme -> Niveaux de vie élevés ». il est d’autant plus facile d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences que l’on possède déjà un stock de connaissances et compétences, ce qui permet à la maîtrise technique de se développer.  Hanusshek et Woesmann ont en 2008 pour leur part démontré le lien entre croissance économique et qualité de l’enseignement.

Dans cette démonstration le premier objectif qui est le développement de l’éducation de masse précoce n’est pas encore atteint, derrière le développement de l’éducation de masse, l’Etat y joue le rôle principal.

Malgré les milliards accordés à l’éducation, les écoles sont de plus en plus vétustes, les professeurs mal formés, mal payés en perte d’autorité. Le Mali de 1992 à 2002 a accompli de gros efforts,  le taux brut de scolarisation en 2001/2002 était de 64 % (75 % pour les garçons, 54 % pour les filles), très peu d’entre eux arrivaient cependant au niveau universitaire ou sortait avec la possibilité d’exercer un métier technique.

Contrairement à la légende, l’école ne se portait pas mieux sous la dictature de Moussa Traoré, puisque durant son règne le taux de scolarisation passera de 29% à 22%, ce qui ne doit pas donner à se réjouir, cependant cette minorité qui était scolarisée avait sans doute accès à un enseignement de qualité, avec la possibilité de se parfaire en dehors du pays, sans affronter les tracasseries administratives que nous connaissons de nos jours.

Face aux difficultés financières causées par les ajustements structurels des années 90, l’État fut contraint à favoriser le développement  des structures d’enseignement privées, avec là aussi des résultats mitigés. S’il y a des établissements qualifiés qui dispensent une éducation de bon niveau, environ 80% de ces institutions ne seraient pas aux normes, ajouté à cela la corruption et le clientélisme qui ont pu conduire à de nombreuses dérives.

L’État s’est aussi appuyé sur l’éducation communautaire, gérée par les communautés villageoises afin de permettre  au plus grand nombre d’avoir accès à l’éducation, avec des résultats mitigés, puisque 56% des garçons âgés de 12 ans en milieu rural n’ont pas eu accès à l’école, et 72% pour les filles du même age.

Il y a aussi eu un soutien à l’enseignement est franco-arabe dans les merdersa, qui représentent 15% des inscrits, cependant, il n’y a pas de données  fiables sur la qualité de l’enseignement qui y est dispensé.

Enfin il y a une baisse du niveau général, malgré le différents programmes d’investissement notamment Le Programme d’investissement sectoriel de l’éducation (PISE). Ce n’est faire injure à personne que de dire que nos enseignants ne sont pas suffisamment formés, qu’ils travailles dans des conditions difficiles et qu’ils sont très mal payés, toute chose pouvant conduire à un abaissement de la qualité de l’éducation.

S’il y a bien un secteur où l’État ne doit pas accepter de faiblir c’est l’éducation, pour cela il faut une reprise en main, du système, commençant d’abord par un investissement dans les infrastructures scolaires, permettant de répondre à la pression démographique. Le Mali ne manque pas si cruellement de moyen, ces moyens sont mal utilisés, et l’administration fiscale d’une efficacité relative.

Les IFM ont démontré leurs limites, il faut une reforme dans la formation des maîtres et pour enseigner dans les nouvelles classes construites il doit être permis à des diplômés d’Université d’embrasser la fonction d’enseignants du primaire ou du secondaire avec des salaires satisfaisants. Il y a en moyenne un maître pour 66 élèves, si l’on considère qu’il faut 1 enseignant pour 33 élèves, il faudra au moins doubler d’ici à 5 ans le nombre d’enseignants.

Les pistes de réflexion ne manquent pas, que cela soit du changement de programme, à l’instauration de l’école obligatoire de l’Age de 5 à 17 ans.

On parle souvent de refondation de l’État, nous devons également parler d’une refondation du système éducatif, qui devra être inclusive. Les Nations les plus éduquées sont les plus développées, le retard que nous accumulons dans la formation est en train de freiner l’émergence du pays.

Pistes de réflexion pour le développement d’une éducation de masse:

  • Taxe spéciale sur les produits miniers pour financer programme d’investissement éducatif,
  • Construction de 3000 classes supplémentaires par an sur 5 ans,
  • Embauche 15.000 enseignants sur 5 ans, principalement des diplômés d’Université
  • Conférence nationale pour la refondation de l’école dont l’un des résultats sera le changement de la durée de la scolarité et des contenus des programmes scolaires.
  • Cantine obligatoire dans toutes les écoles fondamentales (permet de lutter contre la malnutrition et favorise l’assiduité)

 

 

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