Mali: Lorsque le dialogue laisse place aux coups.

1526118_407838989390711_6397806624988873334_nC’est avec effroi et dégoût que nous avons appris le décès de notre collègue et amie Mariam Diallo, qui selon tout vraisemblance serait morte, sous les coups de son mari, poignardée à 10 reprises.

Un drame conjugal de plus dans un pays, où l’on exige de la femme qu’elle « obéisse » à son mari, un pays où les violences conjugales sont passées sous silence étouffées par des traditions, et coutumes le plus souvent archaïques.

L’on se souviendra dans un premier temps, que le vote d’un code de la famille progressiste sanctifiant l’égalité entre homme et femme au sein du foyer avait été violemment combattu par des hommes ayant des pensées provenant d’un autre temps. Ces hommes « choqués » avaient décidé de battre le pavé, hors de question pour eux qu’une femme ait le même statut qu’un homme. Face à ces rétrogrades le pouvoir d’alors avaient décidé de reculer.

Certes nos « coutumes » exigent de la femme l’obéissance à son mari, mais l’essence de cette règle est détournée car cela ne signifie nullement que la femme doit être esclave de ce dernier. D’autant plus qu’il faut garder le silence pour ne pas humilier la famille.

La violence conjugale n’est pas l’apanage des maliens, elle est mondiale, mais elle reste un phénomène important et inquiétant au Mali. Selon Amnesty International plus du tiers des femmes au Mali sont victimes de violences en toutes sortes, cela va des insultes aux coups. Cela prend aussi en compte les femmes répudiées et renvoyées du foyer avec enfants.

Malheureusement les violences conjugales et plus précisément les coups ne sont pris au sérieux qu’en cas de blessures graves, le reste du temps cela est considéré comme une simple « correction ».  Depuis l’enfance on apprend aux femmes que c’est l’homme  le supérieur et que la femme  lui doit soumission et obéissance quelle qu’en soit le problème. Ainsi les femmes se taisent sur tous les mauvais comportements des hommes vis-à-vis d’elles.

Le fait religieux est le plus souvent mis en avant pour justifier ces actes, le même argument est évoqué pour refuser l’égalité entre hommes et femmes au sein du foyer. A l’heure où nous pleurons cette jeune dame combien de femmes vivent avec la peur au ventre? Peur d’un mot déplacé qui pourrait lui valoir une bastonnade de plus. Peur de ne pouvoir mettre des mots sur ces actes en public, car elles se verront dire qu’elles l’ont mérité pour avoir contesté désobéi?

Certains témoignages recueillis par les ONG sont édifiant, et démontrent les progrès qu’il nous reste à accomplir :

« On m’a appris que lorsqu’on est  mariée, on doit accepter tout venant de son mari, même les coups et les injures.je n’ai jamais été battue par mon mari mais notre union est très récente, si ça doit arriver, je ne me plaindrais pas » a témoigné Djénéba Sissoko, une étudiante, mariée depuis un an et sans enfants.

Fanta Sidibé, médecin mariée depuis 5ans et mère de deux enfants « depuis la première année de notre union, mon homme a commencé à me battre, souvent c’était pour des futilités, mais quelques heures plus tard, il revenait avec plein de cadeaux pour s’excuser. À chaque fois, je me disais que ça ne se répéterait plus, que c’était la dernière fois. Le plus dur était de garder le silence sous prétexte de ne pas l’humilier dans la famille. Au  bout de quatre ans je n’en pouvais plus, donc je suis partie »

Le mariage c’est pour le meilleur et le pire certes, mais sans doute pas un aller simple pour l’au-delà, elle est morte sous les coups de celui qui était sensé Etre son mari, l’aimer et la chérir.

Que cela cesse donc!

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3 réflexions au sujet de « Mali: Lorsque le dialogue laisse place aux coups. »

  1. Bonjour chers lecteurs, il n’est donné à personne d’oter la vie à quiconque, ni les us et coutumes, ni le coran et ni la bible. Ce fait est un fait de société, et caractérise le comportement des hommes faibles, des hommes qui ne font pas allusion à la femme mais à leur femme qui est leur épouse. hors la femme dans toutes els règles de Kurukanfuga en passant par les livres sacrés la femme est sacrée. elle est notre mère source de vie, notre soeur, notre fille, notre tante, notre niece, notre grand mère et j’en passé. pourquoi tout cela? à cause de quoi? pour qu’elle fin? et après on dit que je ne savais pas que ca pouvait aller jusque là. alors que nous nous remettions en nous memes et nous regardions les réalités en face. qui n’aimerait pas que sa fille soit presidente? que sa fille soit haut fonctionnaire de l’Etat? alors si cela est vrai. laissons respire un peu nos femems qui sont les filles d’autrui. c’est un travail de longue halène et de changement de comportement. prenez soin de vos femmes car sans els femems beaucoup d’hommes seront fous je vous assure. que le tout puissant l’accueille dans son paradis infini car elle est morte sur le champ de bataille.

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