Reformer ou périr

Chers lecteurs

Si je devais vous narrer politiquement 2014 je dirais que cette année ne fut guère différente de 2013 2012. Rappelons-nous pour cela les discours politiques lors desquels les Présidents nous présentes des vœux, celui de 2013 ne sera pas diffèrent de 2014, on nous parlera de l’emploi des jeunes, de lutte contre le chômage de masse, de sécurité, d’agriculture, d’éducation…Des vœux pieux suivis d’aucun effet concret.

En termes économiques il n’y a eu que peu de changement dans la structure globale de notre économie. Le secteur  primaire sensé être le levier de notre économie n’est point allé vers la modernisation dont on nous parle et ce depuis une dizaine d’année. Nos agriculteurs, nos éleveurs restent tout autant dépendants de la pluie et du beau temps que l’étaient leurs parents avant eux. Comment inscrire notre pays dans la modernité lorsque rien n’est entrepris en ce sens. Nous continuons en 2014 de ne pas transformer le coton sur place…juste incompréhensible un non-sens économique, cela ne couterait que 5% de l’ensemble des sommes détournées au mali…

En termes d’emplois, la situation n’a de cesse de s’aggraver, contrairement à ce que l’on vous dit. Elle s’aggrave d’autant plus que sur le plan économique rien n’a évolué. Le chômage des jeunes est une bombe à retardement, un suicide à petit feu d’une Nation. Nous sommes arrivés au moment où la majorité de la main d’œuvre mondiale se retrouvera en Afrique, cela doit induire le même phénomène qu’a connu la Chine il y a 20 ans, c’est-à-dire des entreprises qui quittent l’occident pour s’installer dans les lieux de production à bas couts. Qu’est ce qui nous empêche de profiter de ce phénomène ? Le manque d’infrastructures, pas de routes, pas de chemin de fer, pas de système de fret aérien efficace ! Comment lutter contre le chômage des jeunes si l’on ne met pas en place les conditions nécessaires à la création d’emploi ?

 Il y a également un blocage d’ordre social, l’on a longtemps considéré que seul le travail de bureau était honorable, que le travail manuel était déshonorant. Résultat des milliers de jeunes juristes, économistes sont au chômage, et disons le franchement le plus souvent mal formés, quand des secteurs comme la maçonnerie, la plomberie et l’agriculture eux ont besoin de bras.

Nous en arrivons donc au secteur de l’éducation, tous sont d’accord pour dire que cela va mal et ce depuis plus de 15 ans. Depuis plus de 15 ans aucun dirigeant n’a eu le courage de reformer un secteur gangrené par une mafia syndicale. Ainsi pour être sûr d’avoir un mandat tranquille sans encombre, beaucoup d’analystes politiques considèrent que c’est un secteur à ne pas trop bousculer. Inutile de préciser que ces gens ne sont guère guidés par l’intérêt commun et surtout que leurs propres enfants ne sont pas des victimes de ce système de formation de cancres à la chaîne, n’ayons pas peur des mots. Même celui qui est le meilleur de sa classe dans certaines zones du territoire présente des lacunes sérieuses. J’ai pu le constater par moi-même lorsqu’il m’a suffi d’ouvrir le cahier d’économie d’un élève de terminal. Jusqu’à quand allons-nous tolérer cette situation désastreuse, qui est en train de détruire tout une génération. N’oublions pas que dans la mondialisation nous sommes en concurrence avec d’autres Etats, et les moins bien formés resteront à la marge du marché mondial.

En termes de sécurité la situation était déjà fragile, et les malheureux évènements du 21 mai sont venus l’empirer. Il est facile d’être au chaud à Bamako et de nier cette situation, mais les faits sont têtus, lorsque l’armée malienne avec ses faibles moyens occupaient des positions dans l’ensemble du Nord y compris Kidal, l’insécurité était moins présente. Depuis la débâcle et le retrait de l’armée, la nature ayant horreur du vide ses positions sont occupées par des groupes armés et des bandits trafiquants de drogue. Ce qui n’est pas pour améliorer la sécurité vous en conviendrez !

L’année 2014 a également été marquée par des scandales en tous genres et notamment autour des contrats d’armement. Lorsque l’on parle de réforme de l’armée, on ne pouvait s’imaginer que certains sauteraient sur l’occasion pour s’enrichir aux travers de paradis fiscaux de surcroît. Une machination bien huilée, également autour de l’achat de l’avion Présidentiel. Ceci n’est pas un complot du FMI ou de je ne sais quelle puissance obscure, il s’agit de Maliens qui font la promesse du bonheur à d’autres maliens, puis volent les maigres ressources de l’état. Sans doute lorsqu’ils parlaient du bonheur des maliens, pensaient-ils à leur propre sort.

Et non 2014 n’a pas été une année de progrès, une année qui allait remettre sur pied le Mali, non cela a été l’année de tous les excès, de la gourmandise financière, des ego sur dimensionnés, de l’orgueil mal placé et du déni de réalité. Aujourd’hui les références à nos glorieux anciens, à notre culture millénaire ne servent qu’à masquer ce que nous sommes, un Pays, un Peuple, une Nation en perte de vitesse.

Il y a urgence, reformer ou périr, combien de temps pouvons-nous supporter vivre dans cette état léthargique ? Il n’y aucun honneur à être un peuple mendiant qui courbe l’échine pour recevoir les miettes de partenaires occidentaux, lesquels n’hésitent pas à cracher sur notre souveraineté.

L’histoire a montré que ceux qui subissaient, avaient vocation à disparaître, avons-nous vocation à disparaître ? Les peuples sont responsables de leur survie, et beaucoup ont par le passé déjà disparu…bien sur cela ne se mesure pas à l’échelle d’une vie humaine…

Bonne année Malien Koura !

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