2014, une année politique perdue.

S’il est encore trop tôt pour évoquer un naufrage présidentiel, car on le sait tous en politique personne n’est mort, on végète, il n’est jamais assez tard pour évoquer la grande déception venue à la suite de l’accession au Pouvoir du Président IBK.

Cependant nous pouvons nous poser la question de savoir si cet échec est imputable à IBK ou à tout un système qu’il faut changer, ce que l’on a assez répété sur ce blog, qui ne cesse de faire l’apologie d’une 4ieme République.

IBK a une assez bonne connaissance des rouages de l’Etat, du Mali et des institutions internationales. Il est certes arrivé dans une situation compliquée, mais avec plus d’atouts que n’importe lequel de nos anciens Présidents. Il y avait toute la communauté internationale au chevet du Mali, et avec cela ses milliards d’euros.

IBK a commis un certain nombre d’erreur d’ordre politique qui à ce niveau de la compétition se payent durement, la 1ere fut la nomination de Moussa Mara. Loin de moi l’idée de remettre en cause l’intelligence et l’intégrité de Moussa Mara, mais sa nomination fut une erreur. Lorsque l’on adopte un système politique similaire à celui de la France où c’est le parti majoritaire à l’Assemblée qui dirige en principe le gouvernement, il aurait été normal de voir, un membre de cette majorité hérité du poste.

Moussa Mara a fait moins de 1% à l’élection présidentielle, il dispose de 1 député, et le voilà propulsé en chef du gouvernement, de la majorité. Cet acte malgré les dires du Président lui coûte cher aujourd’hui, car il y a eu une fracture entre lui et le gros de son parti.

Cette fracture sera d’autant plus visible, lorsque  vont éclater les différentes affaires économico-politico-mafieuses, le Président et son gouvernement se retrouveront en première ligne, sans personne pour monter au créneau. Il aurait été bon pour le Président dès l’amorce de ces affaires de prendre une décision ferme et vigoureuse, celle de déposer les ministres concernés. Ce n’est pas dire qu’ils sont coupables, mais c’est dire que des erreurs ont été commises, erreurs à 40 mds, dans leurs départements et qu’il n’était naturellement pas possible de laisser cela impuni. La pression en ce moment allait se rediriger sur ces ministres, au lieu de cela aujourd’hui elle est sur tout le gouvernement, sa crédibilité en pâti

Non le PR a plutôt choisi de se lancer des explications, se contredisant lui-même parfois dans la même, interview, le PM s’est aventuré lui aussi dans des explications à propos de l’aéronef, explications que l’on sait fausses, on peut même se demander s’il disposait lui d’informations crédibles sur le sujet.

Une aubaine pour une opposition, petite ( 27 députés sur 147) mais à qui l’on a donné du grain à moudre pour les 5 années à venir. Entre l’affaire Tomi, l’aéronef, les contrats d’armement, elle a de quoi se construire un agenda méthodique pour la destruction de l’image du PR. Et il faut dire que cela marche. Cela marche d’autant plus qu’en face, il n’y a personne, aucun membre de la majorité présidentielle ne semble enclin à vouloir mouiller le maillot, pour sauver un gouvernement qui ne leur convient pas. Il faut le dire un gouvernement qu’ils ont envie de voir tomber, pour qu’enfin un des leurs le dirige…après tout ce sont eux qui ont battu campagne, et qui ont apporté la victoire…

Ne vous y trompez pas, la superstructure devant regrouper les parties de la majorité sous les ordres de Boulkassoum Haidara, se révélera être encore plus dangereuse pour le PR, dès lors qu’il continuera à ne pas prendre en compte les désirs de ses fidèles.

Vous pensiez que seul l’intérêt de la Nation comptait…il compte mais ce n’est pas tout, il y a des intérêts personnels, des intérêts financiers, c’est le jeu politique, et même un Président tout élu au suffrage universel qu’il est ne peut l’ignorer.

 Les problèmes de IBK ne viennent pas uniquement de son parti, de sa majorité, mais ils sont dus à cela en grande partie, car le travail intellectuel est abandonné pour les luttes de pouvoirs, on sabote l’action gouvernemental quotidiennement, et pire la communication gouvernementale est quasi inexistante noyée sous les flots de révélations de la presse d’opposition, qui est souvent alimentée de l’intérieur.

La maîtrise de la crise Ebola par les autorités maliennes en partenariat avec OMS devait être une nouvelle sur laquelle devait surfer le gouvernement pour se relancer, on a d’ailleurs vu des ministres faire de la récupération politique de manière assez ostensible (c’est de bonne guerre), hélas cela fut totalement ruiné par la libération des 4 djihadistes de la prison centrale de Bamako en échange de l’otage Français, IBK de renchérir sur RFI qu’ils seront traqués et auraient mieux fait de rester en prison. Combiné, à cela les déclarations paternalistes du PR Hollande, l’image du gouvernement ne s’est pas améliorée. Un gouvernement et un PR qui ont passé l’année 2014 à se justifier plutôt qu’à proposer (Avion, Armements, Kidal…), il y a eu une lueur d’espoir, en ce mois décembre 2014 avec le lancement de l’Initiative Mali numérique 2020, reste à savoir comment cela va se concrétiser.

Alors pour reprendre une phrase célèbre de gens manquant profondément d’inspiration «  Mais toi tu proposes quoi ? » Je dirais juste ceci, nul n’est condamné à la stagnation intellectuelle, il y a des gens qui produisent de la pensée dans ce pays, que le PR les fasse asseoir, et propose de mettre en marche un grande réforme du système éducatif par exemple…cela est préférable à l’attitude actuelle qui consiste à mettre des pansements sur des plaies ouvertes.

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