Mali: Réflexion sur les négociations d’Alger

On y est! Les négociations entre les groupes armés et le gouvernement ont enfin débuté. Initialement prévue dans les 60 jours après l’élection du président de la République par les Accords de Ouagadougou, elles ont finalement lieu plus d’un an après…que de temps perdu.

La stratégie de pourrissement a fini par lasser les partenaires du Mali et les terribles évènements de mai 2014 à Kidal ont fini par faire comprendre à tout le monde ou presque qu’il n’y avait guère d’autre choix que la discussion. Les déclarations tapageuses, les ronronnement, et les orgueils mal placés ont fini par découvrir ce qu’est le principe de réalité.

Le mali a plus à gagner dans des négociations que dans le statu quo dans la mesure ou le principe d’intégrité du territoire est garanti quant au côté laïc de l’Etat, il est avant tout mis en danger par certains de nos hommes politiques, qui n’hésitent pas à surfer sur la religion pour asseoir leur pouvoir, il est sans doute plus aisé d’indexer le HCUA du fait de son côté djihadiste.

En réalité lors des négociations, selon nos informations le HCUA a poussé  pour que ne soit pas rappeler la laïcité de l’Etat malien, il a fallu un bref rappel du cursus des hommes du HCUA par la communauté internationale pour que ces derniers reviennent à la « raison ». Etre qualifié d’organisation terroriste ça permet de remettre les choses en place dans les esprits.

<p>Le Mali a beaucoup à tirer de ses négociations, c’est une occasion de relancer un processus qui a lamentablement échoué celui de la redistribution des pouvoirs et de la promotion de la démocratie locale, qui il faut le dire est inexistante.

Pour l’ensemble des régions du Mali, le poids de Bamako est bien trop important, et leurs pouvoirs bien trop faible, il faut permettre à ses régions de se prendre en main, il faut permettre aux citoyens de prendre en main leur destinée, tout cela dans un ensemble fort et solide que doit être l’Etat.

Le président IBK parle de démocratie poussée, on ne sait pas ce qu’il y a derrière ce concept, mais il faut donner du pouvoir aux élus locaux, qu’ils décident de la destinée de leur région, cela peut prendre différentes formes sans mettre en danger l’intégrité territoriale.

Plus que les groupes armés, ceux qui freinent ce projet sont les fonctionnaires, cette misérable administration malienne qui refuse d’admettre son niveau médiocre et qui n’a pas envie de quitter le cocon étatique bien plus avantageux que la fonction publique territoriale.

Le nerf de la guerre est évidement les moyens financiers, car il y a des régions plus riches que d’autres et des régions avec des besoins plus importants, le principe doit être la solidarité nationale et la péréquation.

Les régions riches devront attribuer une partie de leurs recettes aux régions les plus pauvres, les dotations de l’Etat doivent fonctionner sur le même principe.<Br />

Chaque région doit être libre de choisir sa politique économique selon ses avantages comparatifs.

Contrairement à certains je ne crois pas que cela soit le prélude à un morcellement du pays, mais bien au contraire au développement du pays, au renforcement des liens entre les régions et les citoyens.

Pour ce faire un nouveau redécoupage sera nécessaire, un redécoupage plus cohérent, des régions plus nombreuses et plus proches du citoyen. On ne peut pas administrer une zone à majorité sédentaire comme une zone à majorité nomade, il y a des spécifié à respecter. Bien évidement l’Etat doit conserver les pouvoirs régaliens comme l’armée et assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire, cependant je pense que la police doit être locale, comme l’administration, une manière plus efficace de lutter contre la corruption.

Nous n’avons pas attendu le Mnla pour proposer cela, sans même rébellion on pouvait se rendre compte que le système était à bout de souffle, et avait besoin d’être aéré, d’air frais, je crois tout simplement qu’en 2012 l’Etat était arrivé à un point de non-retour et que les rebelles n’ont fait que profiter de la situation. L’Etat centrale au Mali est un échec on le sait depuis les années 60 et la démocratie de 1992 un bide total, on a laissé la  chienlit s’installer, on a fait la promotion de la corruption, il est peut-être temps de repartir sur de nouvelles bases, si l’élection d’IBK ne l’a pas permis, espérant au moins qu’il sortira de ces négociations un Mali neuf.

Il est bien évidemment hors de question de parler de statut particulier pour le nord ou d’autonomie pour je ne sais qui ou quoi, pour la simple raison qu’on en veut pas et par « on » j’entends nous les originaires de ces régions. Le Mnla et le HCUA ne représentent qu’eux même, la société civile a pris conscience de l’échec de l’Etat centrale, mais n’adhère pas pour autant au projet autonomiste.

 

 

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