Le 17 janvier 2012 débutait la guerre au Mali

Le 17 janvier marque la date anniversaire de la guerre au Mali, une guerre qui a été menée par des groupes indépendantistes alliés à des groupes djihadistes déjà présents au Mali.

Cette guerre fut en partie déclenchée par l’intervention des occidentaux en Libye. Lorsque l’on s’opposait à toute guerre contre Kadhafi ce n’était pas par sympathie pour lui mais bien parce qu’il y avait un grand risque de déstabilisation de la région.  Natie Pléa Ministre de la défense tout comme l’ensemble des dirigeants de la région avaient prévenu du risque de déstabilisation.

Une grande partie des mercenaires de Kadhafi étaient des Touaregs originaires du Mali et du Niger, et parmi eux le célèbre Ag Najem recherché par les libyens et connu pour être le boucher de Misrata. Selon les dires de plusieurs observateurs et même des rebelles du Mnla, les occidentaux ont conclu un deal avec ses « libyens » afin qu’ils lâchent Kadhafi et rentrent chez eux, contre un soutien à une revendication territoriale. Cela explique comment 2000 hommes ont pu quitter la Libye avec armes et bagages pour atterrir dans le nord du mali.

L’intérêt des dates anniversaires est de tirer un bilan et de voir les perspectives d’avenir afin que ces événements ne se reproduisent plus.

Des dirigeants pas à la hauteur

Les maliens savaient leur classe politique corrompue, adepte de balade nocturne en grosse cylindrées, parfois fainéants, mais ne pouvaient imaginer à quel point cette classe dans sa grande majorité pouvaient manquer d’hommes capables d’anticiper, de prévoir de décider, que faire face à pareil situation.

Dès janvier 2012 le pouvoir malien était dépassé, semblait obsolète, n’ayant pas pris une seule mesure pour contrer les rebelles. La guerre ça se prépare dès lors qu’on la subit s’en est fini. Certes les djihadistes et leurs affidés du Mnla étaient des hommes habitués à la guerilla, mais quand on a connu les rebellions de 95, 2006, comment ne pas anticiper, la désertion d’homme comme Ag Fagaga spécialiste en la matière, comment ne pas anticiper, sans pour autant tomber dans du racisme, le fait que certains anciens rebelles intégrés dans l’armée puissent donner les informations à l’ennemi. Le Mali de janvier 2012 est un Mali qui tend la joue, continue à tergiverser au rythme de nos pachas.

Les partisans d’ATT disent qu’il a été trompé par son Etat-major qui ne lui aurait pas donné les bonnes informations. On veut bien croire à l’isolement du pouvoir, il est possible comme lui ait caché la vérité, cependant il était le premier à redouter les conséquences de la guerre en Libye et savait donc ce qu’il en était. Dans une fin de mandat poussive, le président voulait s’éviter une guerre, et passer par son canal habituel le dialogue, la négociation, mais surs de leur force, les rebelles ne voyaient aucune raison de discuter avec le pouvoir.

Une propagande bien orchestrée

Dès le mois d’avril 2012 ici même j’avais écrit un article sur toute la place que la presse offrait à la propagande du Mnla. Et comme souvent les médias et notamment français allaient faire passer les agresseurs pour les victimes. Mais pour cela il faut un certains nombres d’éléments, diviser le Mali en 2 entités, une noire du sud et une blanche du nord. Ces journalistes s’ils avaient fait leur travail ou s’ils avaient voulu le faire auraient su qu’au sud et notamment à Nioro, Diabaly etc il y a des « Blancs » ils auraient su qu’au nord il y a des « Noirs ». Si l’un d’eux n’avaient ne serait-ce que pris le temps de se renseigner un peu sur l’histoire d’une Mali, il aurait su à quel point le Mali est un pays métissé, multiculturel. Mais cela ne servant pas la propagande, ces éléments ont bien évidemment été niés.

Les portes des plateaux sont ouvertes aux rebelles, on y voit défiler les Moussa Ag Assarid, Ag Attaher, Ag Acharatoumane, bardés de leurs turbans, bombant le torse annonçant la chute de telle ou telle ville malienne.  On invite d’autre pour pleurer un père, un frère mort en 92 en 65 sous les tortures de l’armée malienne, bref le tableau du nègre, barbare,  venu du sud éradiqué le raffiné touareg à dos de chameau est installé.

La lune de miel sera de courte durée et prendra fin lorsque le malheureux Ag Acharatoumane annoncera la signature d’un accord avec AnsarDine, là c’est la crise à RFI et France24. De plus à la même époque on reparle soudainement des exactions commises par les rebelles sur des jeunes filles de 12 ans victimes de viol en groupe. Malgré un dernier baroud d’honneur tentant de nous expliquer que ces rebelles sont issus de société matriarcale et ne pouvaient donc pas violer (argument hallucinant) les rebelles perdaient de leur charme auprès de leur fan club, mais un dernier groupe de propagandistes demeuraient plus délurés que jamais. Ils découvrent alors que le rebelles est fourbe, capables d’inventer des morts, des charniers tout cela afin accroître sa position victimaire mais ça nous le savions! Nous n’avons jamais eu un temps de parole égal à celui des rebelles durant ce période! Des bandits mis au-dessus d’un Etat.

Une armée en lambeau

Les maliens découvrent stupéfaits pour une grande majorité d’entre eux que l’armée nationale est en miette, les hommes divisés se regardant parfois en chien de faïence. La faute à 20 années de clientélisme et de népotisme. Les fils d’officiers deviennent officiers sans le bagage nécessaire, certains ne savent pas lire une carte, se servir de boussole, les plus vaillants jugés trop dangereux sont mis au placard.

Les services de renseignement sont à la ramasse, incapables d’anticiper de prévoir, de débusquer les taupes qui informent les rebelles des mouvements de notre armée. En témoigne la levée du siège d’Aguelhok, ou les hommes de Ould Meydou, venus délivrer la garnison martyre de Sékou Traoré tombent dans une embuscade. Les camions de ravitaillement sont interceptés par les rebelles, les armes sont volées, le carburant siphonné. Tout cela conduira au coup d’état de Mars 2012.

Nombreux sont ceux qui ont sous-estimé cette crise, se sont dit une rébellion de plus qui se réglera par le versement de gros chèques comme d’habitude. C’était ignorer la volonté des djihadistes à vouloir s’établir dans un sanctuaire au nord afin d’y faire prospérer tous leurs trafics, et s’en servir comme base arrière pour frapper le monde.

La guerre du 17 janvier 2012 est révélatrice de toutes les bourdes commises depuis 1992, le pays s’est enfermé dans un laxisme heureux, cet état de fait a touché toutes les couches de la société. 2 ans plus tard avec la présence de la France et de la Minusma le pays panse ses plaies, se remet doucement de cette agression.

Bien sûr la route est longue, mais il est nécessaire de repartir sur des bases solides, fortes, permettant d’éviter un autre Janvier 2012.

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