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Mali:Imbroglio Kidalois

La région de Kidal est depuis un mois au centre de toutes les attentions. Du coté malien on s’inquiète de l’absence de l’armée nationale, du côté français on ménage le MNLA et on est surtout préoccupé par le sort des otages cachés dans l’Adrar des ifoghas et du côté des rebelles on alterne entre communiqué positif et négatif à l’encontre de la France et du Mali.

Présentation de la région:Tessalit-and-the-Adrar-des-Ifoghas-mountains-source-BBC

Kidal est la 8ieme région administrative du mali, elle a été créé en 1991 à la suite des accords de Tamanrasset entre la rébellion (déjà) touareg et le Mali.

Il s’agissait d’une étape supplémentaire dans la décentralisation de l’état malien, la région compte 67000 habitants quand le pays lui en compte 15 millions, ce qui laisse présumé du poids relatif de cette région en terme démographique.

La région est peuplée de songhay, Touaregs, de berbères kountas et d’arabes.

Cette zone est tristement célèbre car le massif de l’Adrar des ifoghas connu autre fois pour les treks est devenu le refuge d’Al Qaida au Maghreb Islamique, et probablement la zone ou se trouveraient les otages.

Contrairement aux comparaisons en vogue dans les medias, le mali ce n’est pas l’Afghanistan et l’Adrar des ifoghas (voir ici une vue générale de Tessalit) ce n’est pas Tora Bora.

Il est important pour comprendre ce qui se passe à Kidal de comprendre le jeu des acteurs et les affrontements entre des intérêts divergents.

 l’ami français

"Nous sommes là pour aider le Mali à recouvrir son intégrité territoriale" voilà une phrase que Jean-Yves le Drian ministre de la défense français et François Hollande le président français répètent à qui veut bien l’entendre.

Or il est peut être bon de rappeler aux amis français que la région de Kidal fait partie du Mali et hormis quelques hommes du Colonel Major Gamou aucune autre troupe malienne n’est présente dans la région.

Rassurez-vous les français savent bien que Kidal est une région malienne et ils savent également l’impatience que nous avons à recouvrir le contrôle total du pays, cependant plusieurs difficultés demeurent. Tout d’abord la présence du Mouvement national de libération de l’Azawad et du mouvement islamique de l’Azawad.

Ces deux mouvements rivalisent d’ingéniosité pour s’attirer les faveurs de la France, et notamment dans le renseignement pour la recherche des otages, mais aussi en agitant le chiffon rouge habituel de l’exaction et du génocide que pourrait commettre l’armée malienne à l’encontre de la population de Kidal.

En bon "stratège" les français travaillent pour l’instant "en bonne intelligence" comme le dit le Drian avec les forces en présence, mais ne doivent pas rester insensible au tourment du peuple malien, au risque de créer une frustration et une plus grande rancœur à l’encontre des rebelles (oui c’est encore possible).

A termes l’armée malienne et l’administration sera surement de retour à kidal mais quand? et dans quelles conditions? Car il est sûr que la France a besoin de tout sauf de se retrouver à faire l’arbitre dans un conflit entre le MIA, le MNLA, et le Mali, et pour l’instant elle arrive tant bien que mal à ménager les sensibilités!

MIA, Mnla et vice versa 

Apres le FLNA, le MAA, le nouveau venu de la bande est le MIA (Mouvement islamique de l’Azawad), avec à sa tête Alghabass Ag Intallah (oui celui de AnsarDine). Ces gens qui avaient menacé le mali 9 mois durant, qui avaient lapidé un jeune couple à Aguelhok, sont devenus des modérés dès l’entrée en lice de la France.

Ces "dissidents", ayant fui la "tyrannie" d’Iyad Ag Ghali nous expliquent maintenant qu’ils ont toujours été opposés aux dérives du guide suprême. Plutôt que de s’appeler le MIA ils auraient mieux fait de se nommer le MOA (Mouvement des opportunistes de l’Azawad).

Il s’agit globalement de combattants de AnsarDine n’ayant pas pu fuir et qui ne doivent leur survie (politique) qu’à leur soi-disant connaissance du terrain et la possibilité d’aider à traquer Aqmi (leur ancien allié) dans l’Adrar pour éventuellement retrouver les otages français. Autant dire que c’est une position plus ou moins trouble.

Le Mnla lui reste fidèle à lui-même, entre arrogance et véhémence  il ne représentait rien militairement, mais commence à se refaire une santé en recyclant les anciens combattants d’AnsarDine. Ce mouvement a mis de l’eau dans son "thé" et ne parle plus d’indépendance, se disant même prêt à discuter avec Bamako.

Aujourd’hui les informations qui nous proviennent de la ville de Kidal font état d’une forte tension entre les deux groupes qui sont composés de tribus différentes (Ifoghas essentiellement MIA et les Idnan et chamanamass essentiellement au MNLA).

La "position" malienne

La joie des premiers jours a laissé place à la frustration, l’etonnement, la suspicion,  la question est sur toutes les lèvres, que se passe-t-il à Kidal? Pourquoi l’armée malienne n’est pas encore présente à Kidal?

La réponse du gouvernement malien est aussi vague que celle du gouvernement français, entre "on se prépare à y aller" et "la question est en cours de traitement " on ne saurait plus quoi penser.

En réalité il y a plusieurs explications à cela, d’une part l’armée malienne est toujours en guerre contre le MNLA et le MIA, or il semble que la France dans la chasse aux djihadistes ait recours à ces deux groupes. La présence de l’armée malienne à Kidal pourrait simplement dégénérer en guerre ouverte dans la ville, ce que veut éviter à tout prix nos "amis".

Ensuite l’armée malienne n’a tout simplement pas les capacités logistiques pour envoyer des hommes à Kidal. Aujourd’hui déjà ceux qui sont à Gao ont des difficultés à s’approvisionner alors imaginer ceux qui seraient à Kidal. Cependant la volonté demeure de recouvrer l’ensemble de l’intégrité territoriale, mais il ne faudra pas à le faire à tout prix.

En d’autres termes le Mali n’a pas vraiment d’autre choix que d’observer ce qui se passe pour l’instant dans la région de Kidal, tout en restant vigilant sur la suite des évènements, une chose est certaine la population s’impatiente!

La région de Kidal focalise l’attention car elle rassemble toutes les composantes de la crise au nord du Mali.

Il y a là des rebelles Touaregs, mais également des "islamistes" du MIA et les jihadistes d’Aqmi. Depuis la libération de la région il y a eu 2 attentats à la voiture piégée (voiture qui viennent de l’intérieur de la ville pour aller toucher des postes de contrôle).

Le kamikaze est venu de l’intérieur de la ville pas de l’extérieur comme à Gao, cela pose la question de la présence de jihadistes dans  la ville et au sein même des groupes MIA et Mnla qui semblent plus maîtriser la com’  que le terrain.

Enfin je veux rendre hommage aux soldats tombés au front pour que vive la nation malienne. Toute ma solidarité au peuple Tchadien.


Mali: Konna la barbare, Konna la décisive

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En ce début d’année 2013 les évènements semblent s’accélérer au Nord du mali. Pour rappel depuis le mois de Mars 2012 à la suite d’un coup d’état le nord du pays était occupé par plusieurs groupes terroristes et indépendantistes.

Tout d’abord le mouvement national  de libération de l’Azawad, Al Qaida au Maghreb islamique, Ansar Dine et enfin le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest.

Ces quatre groupes majeurs ne seront bientôt plus que trois après la bataille dans la ville de Gao en juillet entre le Mujao et le Mnla qui vit la victoire de Mujao et donc la marginalisation du Mnla qui ne maitrise plus que la ville de tinzaoutène.

Il y a dès lors une coexistence entre les 3 groupes djihadistes qui se partagent les 3 régions du Mali, Gao pour le Mujao, Tombouctou pour Aqmi et la région de Kidal pour AnsarDine.

Le groupe AnsarDine composé de Touaregs maliens, avec un chef Iyad Ag Ghali, rebelle historique, et ancien diplomate malien à Kidal réclame l’imposition de la Charia au nord du mali et s’était déclaré disponible pour le dialogue.

Une réunion était prévue pour le 10 janvier à Ouagadougou entre le Mnla fantomatique, AnsarDine et le Mali…

Cependant pour négocier, il faut être plusieurs, l’état Malien n’a jamais été enclin à discuter des revendications de ces deux groupes essentiellement composés de maliens, au sein du Mnla régnait une certaine cacophonie (certains étant pour l’autonomie, d’autres pour l’indépendance, enfin une branche ne voulant même pas s’asseoir à la même table que AnsarDine)

Idem du côté du mouvement de Iyad Ag Ghali qui est traversé par plusieurs courants parfois antagonistes.

Ainsi le Samedi 1 janvier AnsarDine à durcit le ton vis à vis du Mali, dans une plateforme remise au médiateur ils réclament l’autonomie du nord du Mali avec l’application de la charia. ils  exigent que le « caractère islamique de l’Etat du Mali soit proclamé solennellement dans la Constitution ».

Parallèlement plusieurs infos provenant de Tombouctou  indiquaient que les terroristes s’apprêtaient à mener une action de grande envergure dans les jours à venir. En effet des djihadistes venus de toutes les régions nord du mali avec armes et carburant se sont réunis dans la localité de Bambara Maoudé non loin de la ligne de front.

Dans un premier temps beaucoup ont pensé qu’il s’agissait d’une opération pour mettre la pression sur le mali mais rapidement , dans la journée de mercredi après les accrochages entre les djihadistes et l’armée malienne, l’objectif des djihadistes étaient clairement de s’emparer de l’aéroport de sévaré.

La reconquête du nord du Mali devait partir de cet aéroport stratégique de sévaré et si les islamistes avaient réussis à l’occuper cet intervention aurait été compromise.

La bataille de Konna fut  une bataille décisive dans laquelle l’armée malienne a payé le prix fort et sa résistance doit être saluée.

D’après de témoignages  d’habitants et de militaires  dans un premier temps les forces loyales avaient fait reculer les djihadistes. Cependant face au harcèlement permanent et à la multiplication des fronts tout autour de la ville, l’armée avait fini par se retirer vers sevaré.

L’aide de l’aviation malienne et française fut salutaire pour l’armée de terre car elle lui a  permis de stopper l’avancée des terroristes vers sévaré puis de les repousser en dehors de Konna.

Un premier bilan fait état de plusieurs dizaines de morts chez les islamistes, quand dans un autre temps Sanda Ould Boumama porte-parole d’AnsarDine faisait état de 20 militaires tués et plusieurs capturés dans les colonnes de Sahara medias.

Le conflit malien change donc de nature avec l’entrée en jeu de la France qui à l’heure actuelle continuerait encore les raids aériens et notamment sur la ville de Lére.

Le déploiement de la force de la Cedeao devrait s’accélérer durant ce week end pour devenir effectif en début de semaine. Le Niger et le Burkina ayant deja mis a disposition 500 soldats chacun.

Les heures et jours à venir seront décisifs pour l’avenir du Mali et du sahel.

Mali: Intervention imminente?

Depuis le 6 avril et la chute du nord du Mali, occupé aujourd’hui par les islamistes une question s’est imposée dans toutes les chancelleries africaines et européennes, Que faire pour que le pays recouvre son intégrité territoriale et soit débarrassé de l’internationale djihadiste.

Dès lors 2 remèdes sont présentés au Mali; d’une part restaurer l’ordre constitutionnel à Bamako puis dans un second temps entamer des négociations avec les groupes présents au nord.

Aujourd’hui, on ne peut pas dire que le premier remède a été efficace, car on s’aperçoit qu’au sud du pays, il n’y a une autorité claire, un pouvoir décisionnaire fort. Les décisions du président sont contredites par les militaire du capitaine sanogo et quant au super premier ministre, lui semble bien éloigné de tout cela après avoir fait des pieds et des mains pour conserver son poste qui était alors menacé pour son inefficacité dans la reconquête du nord.

En bref au sud règne la confusion et donc un pouvoir inefficace, incapable de prendre la moindre mesure capable de changer les choses pour les habitants du nord du pays.

La preuve en est que la requête envoyée par le Président de la République Mr Traoré à la CDEAO pour demander l’aide de cette dernière a fait l’objet de contestations au sein des forces armées maliennes.

Ainsi depuis 7 mois rien n’a été fait les protagonistes bamakois n’étant pas d’accord sur la manière de traiter la crise, aucune négociation n’a été entreprise par le pouvoir en place et de manière officielle et d’ailleurs cette question de négociation ne se pose plus à mon sens.

En effet il y a eu sur ces derniers moi une accélération dans l’application de la charia, et plusieurs actes sont venus démontrer que rien ne serait négociable avec ces groupes terroristes.

Tout d’abord il y a eu la lapidation du couple d’Aguelhok, car il n’était marié, puis les différentes amputations à Gao Tombouctou et Ansongo.

Que peut-on négocier avec ces gens? Dès le départ ils ont annoncé la couleur "la charia n’est pas négociable", comment peut-on parler avec des assassins qui voudront nous imposer des lapidations publiques, des amputations, la burqa…bref faire du Mali l’Afghanistan des talibans.

Dès lors il est aisé de comprendre que dans la mesure où aucune négociation ne serait possible seule l’option militaire doit prévaloir.

D’ailleurs plus personne ne se fait de film la dessus, la France mobilise ses alliés espagnols et italiens, pour apporter un soutien logistique à une éventuelle intervention africaine au mali. Des forces spéciales sont également présentes au Niger et au Burkina Faso pour recueillir des renseignements et formés des officiers ouest-africains.

Autre signe annonciateur d’une intervention imminente un site espagnol révélait cette semaine la possibilité que l’Otan se serve des bases militaires des iles Canaries pour l’appui logistique à une possible intervention.

Les islamistes eux aussi se prépare à une éventuelle intervention, les membres du Mujao ont depuis peu accélérer les recrutements de djihadistes dans le sud de l’Algérie et reçoit des renforts venus d’Egypte et de Libye, sans oublier les jeunes des régions occupées.

Les hommes du mouvement Ansar dine s’entrainent dans les montagnes près de Kidal avec du matériel lourd et se préparent à une éventuelle attaque également.

Seul point de blocage reste les rapports plus que complexes entre la CDEAO et le pouvoir malien.

Il faut dire qu’il y a beaucoup de méfiance de part et d’autre, notamment au sein des forces armées maliennes ou on verrait la présence de la CDEAO au mali comme un affront.

La CDEAO pour intervenir au Mali veut pour cela avoir une base logistique à Bamako car selon le médiateur, pour  être efficace il faut un aéroport,  une antenne médicale et de transmission dans cette région. Il faut aussi un dispositif qui permet d’éviter que les mouvements armés, par des infiltrations, puissent déstabiliser Bamako, où il y a des ambassades des pays qui vont s’engager et aussi la représentation de la CEDEAO. Tout cela fait que la CDEAO veut intervenir, mais en tant que partie malienne.

On peut comprendre les arguments de la CDEAO car un échec dans cette tentative de reprise du nord scellerait le sort des villes occupées.

A Bamako on répond que la CDEAO pourrait s’installer ailleurs, il est difficile de comparer la capitale malienne aux autres villes du mali; d’ailleurs la plus grande base malienne jadis à Gao répondait aux ordres de Bamako et non de sévaré, d’autant plus que la CDEAO ne vient pas pour protéger les institutions qui ont décliné cette offre.

L’important n’est pas la proximité de cette base logistique avec la ligne de front mais plutôt l’environnement qui l’entoure, comme la présence de toutes les chancelleries occidentales, et d’un grand aéroport.

D’ailleurs les arguments de ceux qui y sont opposés sont assez flous ils se contentent de dire que Bamako n’est pas la ville la plus proche du front…..Argument qui n’en est pas un à mon sens.

Les militaires maliens à Sévaré prennent reçoivent leurs ordres de Bamako, ou l’on coordonne toutes les actions, il doit en être de même pour la future coalition internationale.

La future intervention se dessine petit à petit mais des blocages subsistent notamment entre les principales parties que sont la CDEAO et le Mali. Il faut trouver un terrain d’entente, car chaque jour qui passe, les islamistes se renforcent et la population souffre un peu plus.

Mali: Comment le Mnla a perdu le Nord

On croyait le Mnla durablement installé dans son QG de Gao au nord du mali et ce malgré la perte de Tombouctou et Kidal ainsi qu’une domination sans partage des islamistes sur ce vaste territoire depuis maintenant 3 mois.

C’est donc avec une certaine surprise que l’on apprenait que le Mujao mouvement affilié à Aqmi, avait expulsé le Mnla de Gao et de Tombouctou les reléguant à la frontière mauritanienne et algérienne.

Le chef du Mnla Bilal Ag Cherif lui a été évacué vers Ouagadougou et le Mnla a perdu gros dans cette bataille!

Le mnla disait être composé de 10000 hommes et exposait fièrement ces armes sur France 24! Or les djihadistes en moins de 5 heures sont arrivés à les expulser de la Ville de Gao!

Comment expliquer une telle chute?

Le Mnla n’a jamais suscité auprès de la population locale une quelconque sympathie, bien au contraire dans cette ville de Gao, il existe une véritable hostilité aux mouvements rebelles et ce depuis les années 6O.

En effet à chaque rébellion la ville se retrouve aux premières loges, avec notamment la milice songhaï, les ganda Khoy qui ont combattu auprès de l’armée malienne à chaque conflit. A Gao la mémoire de ces combattants est assez présente et les habitants se souviennent des hommes qui sont morts pour protéger la cité des Askia. Il existe donc un désamour de la rébellion, qui ne signifie pas un désamour des Touaregs car Gao est une ville assez cosmopolite.

De plus lors de la prise de la ville il y a eu des vols et des viols commis par les combattants du mnla d’après le rapport de HRW! Dès lors les islamistes ont commencé leur propagande en arrêtant les voleurs et en dédommageant les victimes! Cela a pu leur attirer la sympathie de la population au détriment du Mnla.

Enfin la cause majeur de rupture vient de la volonté sécessionniste du Mnla qui n’est absolument pas partagée par la population, et la encore les islamistes sont apparus comme étant les « garants » de l’unité nationale car ils ont toujours refusé l’idée d’indépendance préférant eux se battre pour la charia sur tout le Mali.

L’assassinat de l’élu local Oumarou a été le déclencheur d’une manifestation de la population contre le Mnla et cette manifestation a amené cet affrontement qui apparaissait de plus en plus inéluctable.

La propagande des islamistes est allée jusqu’à remettre le drapeau du Mali sur le gouvernorat de Gao ancien siège du Mnla.

En somme les islamistes ont effectué un travail de fond sur le terrain alors que le Mnla paradait sur les plateaux télévision, préférant calomnier l’état malien et voulant apparaitre comme le seul rempart à l’islamisme!

A force de mentir ils ont fini par ce mentir à eux même! Ou sont les 10000 hommes, les chars et les hélicoptères? La propagande dans les medias n’est pas la réalité du terrain, Aqmi se renforçait de jour en jour le Mnla lui croyait de plus en plus en ces propres mensonges.

Lorsque le secrétaire général du Mnla a voulu passé un accord avec les salafistes d’Ansar Dine, il a été fortement critiqué par les propagandistes de son mouvement, mais au final on se rend compte qu’il voyait peut être que le rapport de force basculait en sa défaveur et que cet accord aurait pu leur éviter une telle déculotté

Au final la population de Gao n’est pas pour la charia mais était encore moins pour l’indépendance et le Mnla devrait méditer sur cet équation, plutôt que de se vanter d’avoir tué le chef d’Aqmi, ce qui par la suite s’est avéré être faux, ou d’accuser tel ou tel pays.

Il règne une paix précaire dans les villes du nord aujourd’hui et il y a fort à parier qu’avec la destruction des mausolées de Tombouctou et l’étouffement économique; les populations n’hésiteront pas à manifester leur mécontentement à nouveau, mais cette fois-ci contre les nouveaux maitres du Nord.

 

Mali: Plus dure sera crise

ImageVoila maintenant plus de 3 mois que le Mali est plongé dans une crise profonde et sans précédent dans la sous région. Aucun pays jusque là n’avait osé faire un coup d’état à un mois des élections et par la même occasion livrer 2/3 de son pays à des groupes Islamistes.

Beaucoup de choses ont évolué depuis cette nuit du 22 mars 2012 ou l’on découvrait effaré à la télévision nationale des mutins auto-proclamés protecteur du peuple conquérant du nord et garant du redressement de la démocratie.

Depuis lors les habitants du nord du pays vivent sous le coup de la charia et au sud on emprisonne torture et agresse à tour de bras.

Il y a un triste bilan a tiré de ces 3 mois de régression spectaculaire, on découvre que le Mali n’était qu’une illusion que nos élites sont avides de pouvoir et manipulatrices, que les bonnes volontés sont étouffées au profit des manigances et qu’une partie du peuple est capable de battre et torturer un président de la république qui plus est un homme âgé 70 années.

Selon moi il y a eu deux tournants dans la crise malienne, tout d’abord le 12/04/2012 lorsque toutes les sources arrivent à la même conclusion: le mouvement national de libération de l’azawad perd la main face aux islamistes d’Aqmi( Al qaida au Maghreb islamique)  Mujao ( mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest)  et Ansar dine.

Le Mnla qui dit représenter les habitants du nord du Mali, réclame l’indépendance de la zone, et suite au coup d’état qui a brisé la chaine de commandement de l’armée malienne sur le terrain, va profiter de la situation pour occuper les villes du nord avec la complicité Ansar Dine autre groupe, cette fois-ci salafiste mais opposé à l’indépendance.

Ansar Dine est dirigé par Iyad ag Ghali un touareg qui est en fait l’oncle du secrétaire général du Mnla Bilal Ag Cherif. Ce lien de parenté accentuera les rapprochements entre les deux mouvements malgré la fusion avortée.

Ansar Dine appuyé sur le terrain par Aqmi domine les débats et a marginalisé le Mnla. Depuis sévit la charia, des femmes couvertes de la tête aux pieds, pas de tabac pas de musique pas de photos et coups de fouets en place publique.

Les villes du Nord manquent de tout électricité, eau, vivres et l’aide venu du sud est confisquée par les milices qui les distribuent à qui veut bien les rejoindre.

Triste constat à dresser de la situation dans le nord du pays, pour ce qui est du sud nos malheurs ne sont le résultat que de nos propres turpitudes.

Le basculement se fait après la nomination de Dioncounda Traoré président de l’assemblée nationale, comme celui qui doit diriger la transition.

Des lors des organisations hostiles appellent les gens à manifester-à la radio-contre le président…On connait la suite il sera lynché dans son palais avec la complicité de la junte puis transporté à paris pour être opéré…Il y demeure toujours d’ailleurs!

Le Mali fait donc face à deux crise, une institutionnelle et une liée à l’intégrité du territoire la résolution de l’une dépendant de l’autre.

Si le premier ministre Cheik Diarra semble prendre de plus en plus d’assurance, et rend visite aux pays limitrophes et à l’ancienne puissance coloniale, il n’en demeure pas moins qu’il ne fait l’unanimité.

De plus la junte continue à faire sa loi avec des enlèvements de journalistes et des tortures de prisonniers dans le camp militaire de Kati, situation face à laquelle le gouvernement semble impuissant ou complice selon les dires.

Quand au nord du pays le Mnla est largué aussi bien politiquement que militairement, même s’il se targue d’avoir plus de 10000 hommes, comment expliquer qu’ils aient été expulsés des villes par les 2000 hommes d’ansar dine et d’Aqmi?

De plus Ansar Dine se pose également comme un membre à part entière des négociations au détriment du Mnla qui malgré ses appels à la population songhoi et la présentation d’excuses reste pour les habitants le responsable de leurs malheurs!

L’heure du constat étant terminé doit venir les propositions concrètes visant à une sortie de crise rapide et efficace.

Pour être honnête je n’y crois absolument pas, je pense que nous sommes partis pour une crise qui durera longtemps, très longtemps.

Et pour cause, Ansar Dine allié d’Aqmi rêve de faire du mali le prochain Nigeria avec la charia au nord, ce qui serait inacceptable pour les pays limitrophes et notamment l’Algérie car il s’agirait tout simplement d’un sanctuaire crée sur mesure pour Aqmi anciennement groupe salafiste pour la prédication et combat.

Le Mnla lui qui rêvait d’indépendance est à bout de souffle et tente à tout prix de rester dans le jeu en s’institutionnalisant notamment à travers un conseil de transition de l’azawad, mais peu de chance que cela fonctionne car ils sont boudés par la population.

Le Mali ou ce qu’il en reste tente à la fois de réorganiser son armée pour une éventuelle guerre, regarde les propositions internationales d’intervention sans réelle envie, et semble négocier mais que pour la forme, car il n’y a bien sur rien à négocier avec des salafistes.

Nous sommes donc dans l’impasse et l’unique solution qui se dégage étant la guerre celle-ci s’annonce longue et dure! Les fous de Dieu étant armés jusqu’au dent et ayant une volonté féroce de ne pas lâcher leur nouveau terrain de jeu.

Voila pourquoi je pense que seule une coalition internationale peut arriver à vaincre la nébuleuse salafistes, or Bamako n’y est pas franchement favorable pour des raisons pas très claires.

 

Nord-Mali: La Solution militaire ou diplomatique?

Intronisation du Président par intérim

12 avril 2012 la junte transmet le pouvoir, au président de l’assemblée nationale Dioncounda Traoré, qui va comme le prévoit la constitution assumer l’intérim du pouvoir. Il aura en principe 40 jours au plus pour organiser les elections, et  je peux d’ores et déjà vous annoncez qu’il ne tiendra pas les délais, vu la situation dans le Nord du Pays.

 

Dioncouda Traoré, hasard des choses est né a Kati (la ville d’où est partie la mutinerie) , c’est un politique malien chevronné, ayant été emprisonné et torturé sous le régime dictatorial de Moussa Traoré ( 1968-1991). Il est président de L’alliance démocratique du Mali et était candidat à l’élection présidentielle du 29 avril 2012.

Avec

son investiture il aura la lourde tache de gérer la crise du nord( Il a déjà averti qu’il n’écartait pas l’option de la guerre totale), la junte, et le désordre causé par le coup et l’avancée des rebelles. Il aura également pour mission de relancer la machine économique malienne qui était l’une des plus dynamique de la zone CEDEAO avant le coup ( taux de croissance du Produit intérieur brut de 5.4%.)

Ici il s’agit de traiter la possibilité d’une intervention extérieure dans le nord du mali, et notamment par l’ancienne puissance coloniale la France ou par la CEDEAO.

Tout d’abord le Mali et la France, contrairement à ce que pense beaucoup de personne, n’ont pas d’accord de défense, mais des accords de coopération militaire.

En d’autres termes la France participe à travers ses instructeurs et son matériel à la formation des militaires maliens, elle n’est pas tenue d’intervenir militairement dans le Pays.

Coopération, qui à la différence de la coopération opérationnelle, vise à "structurer l’outil de Défense du pays hôte", dans le long terme et en faisant effort sur les élites, les écoles.

De plus Alain Juppé ministre des affaires étrangères n’a cessez de marteler que la France n’interviendrait pas militairement au Mali, mais pourrait servir d’appui logistique à la CEDEAO.

Ces derniers jours j’ai lu des plaintes concernant la non-intervention de la France dans le conflit, certains n’hésitant pas à dire que cela démontre la complicité de cette dernière avec le MNLA.

Tout d’abord il faut savoir que la France est en période électorale, et aussi cynique que cela puisse paraitre, personne ne lance de guerre dans ces périodes. Monsieur Juppé s’est donc contenté de saisir le conseil de sécurité de L’ONU afin de condamner le "péril islamiste" qui menace le pays.

De plus après la guerre en Libye la France ne veut pas s’engager à nouveau dans ce conflit qui pourrait selon les dires de certains conseillers à l’Élysée être l’Afghanistan français.

Enfin le sentiment anti-impérialiste est assez fort au Mali, de plus la population a suivi avec attention les exploits de la force licorne en cote d’ivoire et n’en garde pas un bon souvenir.

Ainsi au vu des ces éléments la France ne devrait logiquement pas intervenir au nord-Mali d’autant plus qu’elle y a un certains nombres d’otages aux mains d’AQMI.

Idem pour les US qui après la Somalie ne remettront pas les pieds en Afrique si ce n’est pour des opérations furtives menés par des hommes "grenouilles", tel que le largage de vivres au camp de Tessalit en février dernier.

Quant à la CEDEAO, il y a des accords de défense mutuelle dans les traités qui permettent une intervention militaire dans le Nord-Mali, de la désormais célèbre force ECOMOG.

Tout d’abord il faudrait au moins 4 semaines pour mobiliser cette force, et organiser le commandement entre tous les pays.

La question la plus importante arrive alors: Qui a envi d’aller mourir pour le Nord-Mali?

Il ne s’agit pas des militaires mais de la manière dont les opinions publiques perçoivent cet événement, comment expliquer au Nigeria que malgré Boko Haram il faut aller sauver le nord Mali, le Burkina sort tout juste d’une mutinerie au sein de son armée et la Cote d’ivoire tente de reconstruire son armée. Macky Sall tout juste élu ne voit pas non plus d’un bon œil le fait d’aller s’enliser dans le désert malien au nom de l’intégration ouest africaine.

De plus cette force d’intervention réputée violente n’a pas laissé de très bon souvenirs lors de ses 2 sorties en Sierra Leone et au Liberia, bien au contraire elle est accusée d’avoir frapper aveuglement.

Une intervention de cette dernière reste donc à l’heure actuelle très compliquée.

Il reste les forces armées maliennes, qui c’est vrai a la vue de ses dernières prestations n’inspirent pas une énorme confiance, or il faut modérer ces propos.

En effet les forces armées maliennes sont réputées d’un très bon niveau, et sa déroute face aux rebelles peut s’explique par le putsch du 22 mars 2012.

En effet le capitaine Sanogo professeur d’anglais au camp militaire de kati devenu, chef de la junte ne peut pas s’improviser stratège militaire,il n’en a pas les capacités, de plus ayant mit aux arrêts la plupart des commandants et généraux y compris ceux qui était à Gao dans le nord, la chaine de commandement s’est complétement brisée.

Il parait donc difficile à l’heure actuelle d’organiser une contre-attaque tant que la chaine de commandement n’est pas rétablie, et l’armée ré-organisée.

De plus qu’on se le dise l’armée malienne possède les armes pour aller au combat contrairement aux dires des uns et des autres, prétendre le contraire serait un mensonge.

Mais finalement la solution pourrait etre plus pacifique que l’on ne le croit, en effet depuis le retour à l’ordre constitutionnel, le Mali possède sur la table deux offres de services.

Tout d’abord le MNLA qui propose une alliance à Bamako pour ainsi bouter Ansardine et AQMI du nord Mali, en contre partie on négociera, une forme d’autonomie ou de fédéralisme( cela fera l’objet d’un autre texte).

Ansardine qui est opposé a l’indépendance de l’azawad propose également à Bamako de bouter le MNLA hors du Mali, mais la contre-partie semble trouble, on voit mal le Mali accepter la charia en son sein.

Mais on est en droit de se demander si l’on peut et si l’on doit réellement négocier avec les rebelles, car il ne faut pas oublier qu’ils ont du sang sur les mains, qu’ils ont pillé des villes et qu’il y a eu des viols dans certaines ville du Nord-Mali.

Les négociations avec le MNLA ont commencé en Mauritanie où T.Dramé du PARENA a rencontré les représentants des rebelles qui y sont installés et qui ont bénéficié selon des notes secrètes révélées par le Nouvel OBS d’un appui logistique de la France et de Nouakchott pour lutter contre AQMI.

Il y a de quoi se poser des questions sur la solution diplomatique et sur la solution militaire, car la premiere laisserait un sentiment d’humiliation à l’armée et la seconde pourrait empirer la situation humanitaire du Nord, avec un sérieux risque d’enlisement.

Pour l’instant la priorité semble être donnée à la nomination du premier ministre qui entraine plus de palabres que la solution aux problèmes de développement du pays!

 

Le MNLA n’existe (encore) que par les medias.

Depuis plusieurs mois, pour ceux qui résident en France ou regardent certaines chaines de télévisions nous assistons à un certains cirque médiatique.

En effet nous voyons deux voir trois personnages se succeder sur les plateaux télévisés, il s’agit dans un premier temps de Mossa ag Assarid, écrivain à temps partiel, ayant fait ses études à Bamako, il profite du jumelage avec la ville d’Angers pour venir y faire ses études supérieures.

Et en janvier 2012 il rejoint le MNLA comme porte parole en France ,en plus de  cela il est parfois pigiste à RFI et France culture.

Puis il y a Mossa Ag Attaher, ancien membre de l’association des élèves et étudiants du Mali chargé de communication du MNLA en France,qui vocifère dans  les médias écrits et télévisés dès qu’on l’y invite.

Ainsi le 25 janvier 2012 dans une interview accordée au journal Le Monde il déclare que : "le MNLA est l’émanation des aspirations des touaregs et d’une bonne partie des Songhaï, Peuls et Maures de l’Azawad" et lutte pour le "droit de la population de l’Azawad au libre choix de son mode de gouvernement, à l’autodétermination et, si elle le souhaite, à l’indépendance"( Rappelons que l’indépendance a été déclarée de manière unilatérale le 6 avril 2012). Selon lui, "les fonctionnaires de l’Etat malien dans nos villes sont tous des sudistes. Les gouverneurs de Kidal, Tombouctou et Gao sont des Bambaras, venus du Sud en mission. Il en va de même pour les hauts fonctionnaires régionaux ainsi que pour les gradés de l’armée  et des autres services de sécurité".

Il reproche aux gouverneurs des trois régions Gao, Kidal, et Tombouctou de ne pas être nordistes, ce qui montre bien la vision ethnique et sectaire de la revendication indépendantiste.

Il affirme egalement que les songhais, peuls et maures du Mali sont en accord avec le MNLA, faisant ainsi croire qu’ils ont obtenu le droit de parler au nom de toutes ces populations.

Apres les massacres de Aguel’hok où 80 militaires maliens desarmés furent égorgés et éventrés, pas une seule question, n’a été posée au porte-parole du MNLA, pire il affirme qu’il n’y avait que le MNLA à aguel’hok  avouant de facto  des crimes de guerre.

Le 8 janvier 2012 dans la tribune de Genève Hama Ag Sid’Ahmed, porte-parole du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) déclare que «Aujourd’hui, les Touaregs restent le seul rempart possible à l’expansion d’AQMI».

Ainsi pendant 3 mois les trois compères vont sillonner les télévisions françaises sans même qu’un seul représentant de l’État malien en France  puisse répliquer, leurs paroles valant  évangile.

L’enfummage de l’opinion internationale est en marche et le raisonnement est simple, si vous voulez vous debarasser des salafistes, nous pouvons vous aider, en contre partie nous voulons l’independance.

La peur du salafisme et de l’intégrisme étant un puissant levier médiatique en occident, rajouter à cela la sympathie des mouvements libertaires pour les luttes indépendantistes, les portes voix du MNLA ont eu tout le plaisir du monde à s’exprimer dans les médias sans réels contradicteurs.

Ce mouvement était donc devenu  mediatique arrivant même à masquer des crimes de guerre et allant jusqu’a faire oublier que les touaregs  ne represente que 15% d’une population du nord qui n’etait pas toute acquise à l’independance.

Car bien avant la manifestation des femmes le 17 fevrier 2012,  à Bamako, qui a conduit à des actes anti-touaregs ; beaucoup  affirmaient vouloir rester malien et vivre paisiblement à Bamako ou dans d’autres villes du Pays. Depuis ils sont nombreux à avoir  fui  par crainte de représailles du fait de l’avancée des rebelles.

Le MNLA a remporté il est certains la bataille médiatique avant de remporter la bataille militaire sur le Mali.

En effet la voix du Mali a longtemps été inexistante dans les medias internationaux laissant la voie libre aux mensonges et contre-verités du MNLA.

Depuis une semaine le mouvement indépendantiste, sympathique d’hommes bleus à dos de dromadaire montre une autre image, que celle qu’elle a bien voulu donner dans les medias .

On decouvre des alliances secrètes issues de liens familiaux entre les membres d’al qaida au maghreb islamique et d’ansar dine avec le MNLA.

On se rend compte que Mossa Ag attaher qui disait son emotion sur son compte facebook apres la chute de Tombouctou est beaucoup plus silencieux depuis que le drapeau noir de Iyad Ag Ghaly flotte sur la ville. Cet ancien chef du mouvement populaire de l’azawad; ancêtre du MNLA donc et salafiste applique la charia à Tombouctou depuis plusieurs jours.

L’argument selon lequel le MNLA et les Salafistes ne "fricottent" pas ensemble s’effondre d’autant plus que l’un des chefs d’AQMI Abdelkrim Targui n’est autre que le cousin de Iyad Ag Ghali.

Etant donné que dans le bureau politique du MNLA il y a selon les informations  du site pro-touareg toumast de nombreux membres dont les liens de parentés sont réels avec Ag Ghali, on peut alors y voir une connection certaines entre les salafistes et le MNLA( quand on connait l’importance des liens tribaux dans cette zone).

De plus il est avéré qu’ils ont attaqué simultanément les villes de Kidal, Gao et Tombouctou.

Il y a la un faisceau d’indices assez importants pour corroborer les thèses selon lesquelles le MNLA et les salafistes sont liés.

Face à cela; le nouveau mot magique du MNLA est "laicité", ce concept si precieux à la nation francaise et qui a servit à opposer les musulmans aux autres citoyens.

En utilisant ce terme les rebelles espèrent sans doute pouvoir se demarquer des salafistes, mais ils ont vite été ratrappés par la réalité du terrain.

Ultime artifice une humanitaire Sophie Petronin, aurait été sauvée selon ses dires sur BFM et dans le Figaro des griffes des salafistes par les touaregs lors de l’enlevement du consul d’Algérie à gao le 8 avril 2012.

L’humanitaire permet ainsi de conclure la phase médiatique ou le MNLA tente de se dissocier des salafistes avec la complicité ou la naiveté des medias occidentaux.

Une recherche rapide sur google permet de savoir que Sophie Petronin dans un reportage de 2009 sur TV5 avait la nationalité Suisse et qu’aujourd’hui elle est présentée comme etant française. Chacun se fera son avis sur la question, peut être a-t-elle la double nationalité…..?
Toujours est-il que Gao sous le contrôle du MNLA a été pillée, des femmes violées, des banques braquées, et ça personne ne pose la question aux chargés de communication du mouvement. Des combattants de Boko Haram ont même été aperçus  dans la ville et se sont présentés à la population comme étant nigérians. Tombouctou et Kidal sont sous le controle d’Iyad Ag Ghali.

Dans tout cela ou est le gouvernement de l’Azawad libre? Quand on ne maitrise plus une seule ville d’un hypothétique pays peut-on pretendre qu’il est libéré?

La réponse est simple, le MNLA a gagné le bataille médiatique avec une certaines naïveté, et parfois complicité de médias occidentaux mais sur le terrains la vérité est tout autre, ils ne maitrisent plus rien et sont débordés par leurs alliés salafistes. De plus les populations peuls  songhais avec qui ils voulaient faire l’azawad fuient tous vers le sud quand les maures eux vont vers la Mauritanie.

Le MNLA et l’Azawad reste à ce jour une belle réalisation médiatique, mais une triste réalité sur le terrain pour des populations livrées à elle même, qui souffrent du manque de soins et de produits de premières nécessités.

Et si l’azawad devenait indépendante! (ceci est une fiction..ou pas)

Le 06/04/2012 date anniversaire de l’indépendance de l’azawad, avec au nord l’algerie comme frontière, au sud le Mali ou ce qu’il en reste, à l’est le Niger et à l’ouest la Mauritanie.

Bilal Ag Cherif : secrétaire général du MNLA devient le premier président de la republique laic de l’azawad. Je vous laisse le soin de construire le reste de son gouvernement.

Il decide dans la foulée de prendre pour capitale la ville des Askia Gao 90000 habitants (avant la crise), car Tombouctou est occupée par les salafistes ( soit disant pas leurs alliés).

La deuxième ville du pays est Kidal 20000 habitants ( avant la crise) et sa première mesure est d’appeler les peuples touaregs nomades du Mali à se sédentariser…pas facile! Il appelle aussi tous les touaregs à rejoindre leurs terres natales L’azawad, pas facile non plus quand on sait que les touaregs algériens, nigériens, mauritaniens sont contre toutes formes de séparatisme.

Dans la premiere semaine les habitants de gao non desireux de devenir azawadien et de vivre sous la coupe des touaregs du MNLA commencent à partir, idem pour les habitants de Tombouctou et des autres localités de l’azawad ( niafunke, hombori, bourem etc…) Au total le territoitre se vide de la moitié de sa population.

Quand à celle qui est restée majoritairement songhai, elle refuse de se soumettre au nouveau pouvoir, des milices s’organisent et l’insecurité grandit.

Cette insécurité grandissante affaiblit le MNLA, décourage les candidats à un retour vers la terre "sacrée".

De leur coté les islamistes profitent de cette guerre civile entre le MNLA et les miliciens songhais pour étendre leur influence dans la zone, se plaçant comme protecteur de la population face aux hordes impies du MNLA et des milices.

Les salafistes algeriens font du Nord-Mali leur base arriere et font des incursions en Algérie de temps en temps, ainsi qu’en Mauritanie et au Niger.

Ce qui incitera ces derniers à renforcer leurs mesures aux frontières.

Au sud le nouveau mali, a de plus en plus de mal à gérer l’afflux de réfugiés à la frontière avec l’azawad et il y a très souvent des incidents militaire entre les deux nouveaux voisins.

L’azawad devient une zone de guerre permanente des miliciens financés par Bamako qui tentent de déstabiliser le nouveau pouvoir, des salafistes qui veulent installer la charia et le MNLA qui a du mal à stabiliser son cher et tendre pays et surtout cette zone se vide des ses habitants du fait de l’instabilité et l’insécurité grandissante.

Le Franc azawadi  s’écroule la cedeao ayant refusé sa participation à la zone monétaire.

Pas d’etat, pas d’economie, la zone sombre dans le K.O et la desolation, mesdames et monsieur je vous presente la Somalie n°2

Biensur il s’agit d’un scenario, d’une simulation mais elle est basée sur des hypothèses fondées et émanant des differntes positions tenues par les acteurs à l’heure actuelle.

Donc ce scenario est tout à fait envisageable, la découverte éventuelle de petrole et le debut de son exploitation pourrait entrainer une radicalisation des positions en augmentant encore plus le K.O à court terme, et à long terme l’installation par une puissance extérieure d’un gouvernement fantôme, pour profiter des richesses naturelles, on parlerais alors d’un Irak n°2

Voila pourquoi je ne crois pas en l’indépendance de l’azawad car elle ne peut que conduire au chaos et à la désolation, l’autodétermination des peuples oui, mais pas contre leur volonté monsieur du MNLA!

Un peuple-Un but- Une foi

  1. Un coup d’etat mal-venu

Le 21 mars 2012 un curieux évènement a eu lieu au Mali, le Président de ce pays de 15 millions d’habitants avait dû fuir face à une mutinerie de soldats, devenue un coup d’etat.

Le 22 mars au petit matin les maliens découvraient, les mutins devenus putschistes sur les ondes de ORTM, proclamant la suspension de la constitution au nom d’un comité crée à la va-vite, le CNRDRE ( Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État) présidé par l’énigmatique Amadou Sanogo.

Les motifs du coup d’etat etaient le laxisme du Président face à la rébellion touareg, ainsi que les failles de la démocratie au Mali, notamment la corruption, la vie chère et  le népotisme.

Deux courants se dessinent alors dans le pays le premier pro-putschistes avec le ralliement de monsieur Mariko président du Parti SADI, de Moussa Mara du parti Yelema et de "l’intellectuelle" Aminata Dramane Traoré. Ils vont creer le MP22 qui va coordonner les marches de soutien.

Le second anti-putsch qui rassemble plus de 40 partis démocratiques, ainsi que les principaux candidats à la présidentielle prévue pour le 29 avril 2012.

Oui, le Mali vient de vivre un coup d’état à 1 mois d’une présidentielle ou le président sortant ne pouvait pas se présenter et n’allait pas le faire.

Le président Amadou Toumani Touré "ATT"  a été victime du premier coup basé sur la rumeur, et le soupçon, en effet on lui prêtait l’envie de prolonger son mandat du fait de la crise, ou encore de vouloir imposer un  successeur.

Oui  la démocratie au Mali était malade avec des taux de participation aux elections en chute libre ( 30% en 2007), et une assemblée nationale avec seulement 3 deputés de l’opposition sur 147 sièges . Mais seul le vote aurait dû regler ces plaies et non un coup de force. Le Mali venait donc de subir un terrible recul democratique qui va couter très cher au peuple malien.

              2.La rébellion touareg

Elle commence le 17 janvier 2012 soit 2 mois avant le coup de force à Bamako, les rebelles attaquent Menaka, Tessalit et Aguel’hoc avant  d’y etre chassés par l’armée malienne.
Un véritable jeu de chaise musicale a lieu durant pres de 1 mois dans les villes à la frontiere algerienne entre l’armée, le Mouvement national de liberation de l’azawad ainsi que le groupe ansar dine et leurs alliés d’al Qaida au maghreb islamique.

Le massacre de militaires maliens par les rebelles et leurs allies à Aguel’hoc, à l’arme blanche va profondement choquer le peuple malien et mettre à jour les failles de l’armée et l’animosité de cette rébellion.

Début avril le coup d’etat consommé le MNLA et leurs alliés islamistes contrôlent les deux tiers du Mali, l’armée malienne désorganisée par le coup ayant deserté.

En effet le coup d’etat a desorganisé la chaine de commandement de l’armée et a mis à jour la fragilité de cette dernière et a donc conduit à cette debandade ou "retrait strategique".

Le MNLA proclame l’indépendance de cette zone le 6 avril 2012 car elle considère que c’est le berceau de la civilisation touareg, un fait inédit dans l’histoire car aucun peuple nomade ne s’est jamais réclamé d’un territoire avec des frontières bien dessinées.

De plus historiquement sur cette terre il y avait  L’empire Songhaï  fondé à KOUKIA au 7ieme siecle, par les Sonrhaïs, et les Berberes et dirigés par le chef  Za el-Ayamen, qui fuyaient devant l’invasion arabe.

Ce métissage entre Sonrhaïs et Berbères donnera la dynastie des Dia. Puis vint la dynastie de Sonni ali ber et des Askia avec Gao pur capitale , avant de sombrer au 16ieme siecle sous l’invasion marocaine. Il y a egalement eu l’empire peul du Macina  et l’empire toucouleur au 19ieme siècle. De plus de nombreuses tribus, Bozos ( pécheurs) et dogons peuplaient cette zone.

Donc il n’y a aucune legitimité historique à cette demande, car lorsque l’on prend la carte de l’AZAWAD selon le MNLA ( http://www.mnlamov.net/)  les touaregs representent entre 10 et 15% de la population de la dite zone.

Comment 15% de la population d’un territoire peut-elle forcer la majorité à changer de nationalité et de pays? est-ce démocratique?

Pour repondre à cette question, il suffit d’observer ce qui se passe dans les zones occupées, le MNLA empêche les populations de sortir de la ville de Gao depuis la prise de cette dernière.

En effet difficile de faire un Etat sans habitants….

De plus s’il fallait organiser un référendum pour l’independance de l’azawad ses habitants repondraient surement NON car le MNLA a les armes mais tres peu  d’adhérents.

La ville de tombouctou quant à elle vit au rythme de la charia sous l’égide du groupe ansar dine qui a purement et simplement mis dehors le MNLA après la prise de la ville le 2 avril 2012 (http://observers.france24.com/fr/content/20120402-chute-tombouctou-racontee-nos-observateurs-touareg-ansar-dine-islamistes-nord-bamako).

Aujourd’hui il y a plusieurs groupes armés et islamistes qui se disputent le nord du Mali avec son lot de souffrances pour ces populations  qui vivaient déjà tres mal la famine due à la secheresse qui persistait dans le nord depuis de longs mois.

La situation est donc catastrophique avec une balkanisation du Nord-Mali, une situation humanitaire dramatique, des viols et des pillages dans les villes du Nord.

            3. La Communauté internationale…..

Lors de ce coup d’etat et de l’avancée express des rebelles et islamistes il y a eu une sur médiatisation de Mossa Ag Attaher chargé de communication du MNLA sur les chaines de télévision françaises( france 24, I-tele etc..).

Je parle de sur-mediatisation car il n’a pas vraiment eu de contradicteurs en face de lui, aucun journaliste ne lui a posé la question de la legitimité historique de leur combat, ni sur la composition ethnique de l’azawad.

Aucun journaliste ne lui a demandé si leur cause etait majoritaire aupres des populations de l’azawad.

Cet ancien membre de l’association des élèves et étudiants du Mali ( rien que ça ) a eu tout le loisir d’intoxiquer l’opinion internationale avec des contres vérités.

Aujourd’hui il veut nous faire croire, lui qui a bénéficier de la générosité de l’etat malien, que son "peuple"  est persecuté et victime de racisme.

Le plus gros est à venir, il nous explique que le MNLA est le seul à pouvoir lutter contre les salafistes…leurs alliés., les puissances occidentales etant sensibles au levier islamiste.

La CEDEAO a eu une ligne dure et  claire durant toute la crise, le depart de la junte et la protection de l’integrité du Mali, la volonté etait aussi pour la CEDEAO d’etre ferme et de décourager tous les futurs apprentis putschistes de la zone.

L’ancienne puissance coloniale est elle accusée d’etre un soutien au MNLA et de masquer son jeu, en effet les declarations de Mr Juppé ministre des affaires etangeres ont ete plus qu’ambigues lors du debut de la rebellion le 17 janvier 2012 allant jusqu’a parler de "succés militaires pour le MNLA" dans une interview le 16 fevrier 2012 dans le figaro.

Je n’ai aucune preuve de "magouilles" entre la france et le MNLA, toujours est-il que dans les médias je sens une certaine sympathie pour ce mouvement.

Aujourd’hui le pouvoir a été transferé aux civils notamment grâce à la médiation de la CEDEAO et la signature d’accords cadres le 6 avril 2012. Le president de Assemblée nationale Mr Traoré devient president par interim apres la demission de ATT le 8 avril 2012.

Il doit nommer un premier ministre qui va diriger le pays, puis conduire l’organisation des élections.

Apres le passage catastrophique de la junte qui a couté deux tiers du territoire au Mali, la question qui se pose aujourd’hui est que faire face à cette situation qui a coupé en deux le Mali voir trois parties?

Des éléments de réponses à venir bientôt

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