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Plateforme: 10 mesures pour le Mali
En tant que jeunes maliens et blogueurs actifs nous avons eu à suivre durant toute cette année 2012 l’évolution de notre cher pays.
Comme vous nous avons découvert ébahi l’état de déliquescence dans lequel se trouvait notre pays ainsi que son armée.
Nous en avons tiré plusieurs conclusions et notamment celle que les jeunes maliens et le peuple malien, résignés ont complètement abandonné la gestion du pays à des hommes qui nous on conduit dans la situation ou nous sommes.
Dans la vie il faut savoir analyser le passé pour construire un avenir meilleur, et notre rêve notre souhait à tous est de revoir le Mali rayonné, le Mali retrouvé sa splendeur pour le bien de chacun.
Nous voulons un pays respectueux des droits de tous, ou la justice est effective, les injustices sociales combattues et l’intérêt général mis en avant.
C’est dans ce cadre qu’est né le projet 10 mesures pour le Mali dont l’objectif est simple, réunir la contribution des maliens, faire une plateforme et la soumettre aux responsables politiques du pays.
Dans un second temps il s’agit aussi de démontrer aux maliens que la société civile est active, qu’il y a des gens capables de réfléchir d’avoir des idées pour le pays, qu’il ne s’agit pas d’une prérogative réservée aux seuls politiciens.
Nous avons tous un potentiel et il s’agit d’exploiter ce potentiel de le mettre au service de la nation.
Nous n’avons qu’un pays et c’est le mali personne ne viendra le construire à notre place, il nous appartient à nous de le faire. Nous sommes tous acteurs de ce qui se passe au Mali.
Les règles du projet sont simples
Il s’agit d’écrire dans un document 10 mesures que vous jugez importantes et urgentes pour relancer le Mali.
Il s’agit de mesures économiques, sociales, culturelles, sociétales, des mesures qui touchent aux institutions à l’armée et évidemment au processus de paix …bref ce qui vous semblent indispensables à l’heure actuelle au pays.
Il faudra expliquer l’objectif des mesures énoncées de manière assez concise…
Ensuite vous pourrez envoyer vos textes à l’adresse suivante : dixmesurespourlemali@yahoo.fr en précisant votre nom prénom age et profession( l’anonymat nuit à la crédibilité du projet on défend ses idées à visage découvert) avant le 27 mai 2013.
Une plateforme commune sera rédigée avant d’être soumise à tous les participants et aux responsables politiques et éventuels candidats à la prochaine élection dont nous exigeront une réponse évidemment.
A éviter: Il faudra bien évidemment éviter les insultes cela va de soi, les mesures farfelues ou en violation complète de la loi.
Sachez que toutes les idées qui rentrent dans le cadre seront prises en compte nous ne sommes pas juges des opinions de chacun, bien au contraire le but est de rassembler le maximum de mettre tout en commun pour montrer que la jeunesse bouge que la société civile a des idées.
Si vous avez des questions vous pouvez les envoyer à l’adresse mail du projet dixmesurespourlemali@yahoo.fr
Après tout nous sommes l’avenir de ce pays.
Election malienne 2 : La charte des partis politiques
LOI N° 05-047/ DU 18 AOUT 2005 PORTANT CHARTE DES PARTIS POLITIQUES.
L’Assemblée Nationale a délibéré et adopté en sa séance du 1er
août 2005 ;
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
PREAMBULE
Le 22 septembre 1960 est née la République du Mali. Le Peuple Malien affirmait ainsi au monde sa volonté d’indépendance et son attachement aux idéaux de liberté et de justice.
En trois décennies de souveraineté, deux Républiques se sont succédées sous trois régimes politiques. Le jeu politique a été caractérisé par l’existence soit du parti unique de fait, soit du parti unique de droit ou l’absence de toute activité politique avec de graves violations des droits et libertés fondamentaux de l’Homme.
Devant cette situation de blocage, le peuple à travers les associations, les organisations syndicales et la presse indépendante, a entrepris une lutte courageuse pour l’avènement de la démocratie. Il a consenti de grands sacrifices et payé un lourd tribut pour l’aboutissement heureux de cette lutte, et l’édification d’un Etat de Droit dans une société de démocratie pluraliste.
Le 26 mars 1991 constitue le couronnement de la résistance de notre peuple contre la volonté de l’asservir, un peuple déterminé plus que jamais à bâtir un Etat de Droit et de démocratie pluraliste garantissant le libre choix des dirigeants et le plein épanouissement des droits individuels et collectifs et où seront bannies l’intolérance et la violence politique.
Les soucis suivants ont animé le peuple dans sa lutte contre la dictature :
- l’égale participation des citoyens à la vie politique par des moyens pacifiques et le regroupement autour d’un
programme politique dans les organisations politiques de leur choix,
- la sauvegarde et la consolidation de son indépendance, de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale,
- le libre jeu pacifique des partis politiques à concourir au suffrage universel, le rejet de toute forme de violence,
de régionalisme, de racisme et de toute forme d’intolérance,
- le Peuple Malien réaffirme son adhésion à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948 et aux textes subséquents.
Il énonce les principes de formation, de fonctionnement et de financement des partis politiques à travers une loi appelée Charte des partis qui constitue un cadre moral et juridique pour les partis politiques au Mali.
Les partis politiques remplissent une mission d’intérêt général, en concourant par les moyens pacifiques et démocratiques à la formation de la volonté politique, ainsi qu’à l’éducation civique des citoyens et des dirigeants ayant naturellement vocation à assumer des responsabilités publiques.
CHAPITRE I : DES DISPOSITIONS GENERALES
ARTICLE 1ER
: La charte des partis est un ensemble de principes qui régissent la vie des partis politiques.
Elle a pour objet de définir les règles relatives à la formation, à l’organisation, au fonctionnement et au
financement des partis politiques.
ARTICLE 2 : Les partis politiques sont des organisations de citoyens unis par un idéal, prenant la forme d’un projet de société, pour la réalisation duquel ils participent à la vie politique par des voies démocratiques.
Ils ont vocation à mobiliser et éduquer leurs adhérents, à participer à la formation de l’opinion, à concourir à
l’expression du suffrage, à l’exercice du pouvoir et à encadrer des élus.
CHAPITRE II : DE LA FORMATION DES PARTIS POLITIQUES
ARTICLE 3 : Les partis politiques se forment et exercent leurs activités librement, sous réserve du respect des dispositions de la loi.
Les partis politiques sont créés par décision d’une instance constitutive de leurs militants qui adoptent les statuts et le règlement intérieur.
ARTICLE 4 : Les statuts et le règlement intérieur doivent être présentés de façon distincte.
Les statuts du parti précisent sa dénomination complète, son sigle, sa devise, l’adresse de son siège et la
composition de son emblème.
Les statuts doivent en outre définir :
- les fondements et objectifs précis du parti ;
- les dispositions financières ;
- les structures, instances et organes de fonctionnement ;
- la composition, les modalités d’élection et de renouvellement, ainsi que la durée du mandat des organes.
Au titre de ces organes, les statuts doivent obligatoirement prévoir une commission de conciliation et d’arbitrage,
chargée de connaître des différends entre les militants du parti et ceux liés à l’interprétation des statuts.
Les membres de cette commission sont élus par l’instance suprême. Ils ne peuvent être membres de l’organe
dirigeant.
ARTICLE 5 : Un parti politique acquiert la capacité juridique après obtention d’un récépissé de déclaration
délivré par l’autorité compétente au nom du parti. Ce récépissé atteste de la remise d’un dossier de déclaration en
conformité avec les dispositions de la charte.
Le dossier de déclaration est déposé auprès du Ministre chargé de l’Administration Territoriale.
Il comprend :
- deux exemplaires d’une déclaration signée par trois de ses dirigeants et faisant mention de la dénomination, des
objectifs et de l’adresse du siège du parti ainsi que les noms et prénoms, professions et adresses de ceux qui en
assument la direction ;
- deux exemplaires certifiés conformes des statuts et du règlement intérieur du parti ;
- deux exemplaires du procès-verbal de la réunion constitutive ;
- un certificat de nationalité, un certificat de résidence, un casier judiciaire et un quitus fiscal pour chacun des membres de l’organe dirigeant.
Un exemplaire de la déclaration et un exemplaire des statuts et du règlement intérieur sont timbrés.
ARTICLE 6 : Le Ministre chargé de l’Administration Territoriale doit, dans un délai d’un mois à compter de la réception du dossier par ses services, délivrer le récépissé de déclaration daté, signé et contenant l’énumération des pièces fournies, ainsi que les noms et prénoms des déclarants, sans que cette qualité puisse préjuger de la préséance, ni conférer quelque légitimité que ce soit, par rapport aux autres militants du parti.
ARTICLE 7 : Dans un délai de trois mois à compter de la délivrance du récépissé de déclaration, le parti sera rendu public au moyen d’une insertion au Journal Officiel par les soins de l’organe dirigeant du parti politique, d’un extrait contenant la date de déclaration, le titre et l’objet du parti, l’indication de son siège ainsi que les noms des membres de son bureau.
ARTICLE 8 : Le récépissé ne peut être délivré aux partis dont le dossier de déclaration n’est pas conforme aux dispositions de la charte.
ARTICLE 9 : Aucun parti ne sera autorisé à adopter la dénomination ou tout autre élément particulier
d’identification d’un autre parti existant, ayant reçu en premier son récépissé de déclaration.
Il en est de même des sigles et emblèmes déjà reconnus à d’autres institutions et organisations.
ARTICLE 10 : Les partis politiques sont tenus de déclarer dans les trois mois suivants à l’autorité compétente contre délivrance d’un récépissé, tous les changements intervenus dans leur direction ainsi que les modifications apportées à leurs statuts et règlement intérieur. Il en est de même des changements d’adresse de leur siège, des
acquisitions ou aliénations de local et des immeubles destinés à leur administration et à l’accomplissement du but qu’ils se proposent.
Un état descriptif en cas d’acquisition ou d’aliénation de ces immeubles et locaux doit être joint à la déclaration.
ARTICLE 11 : Les modifications apportées aux statuts et règlement intérieur et les changements intervenus
dans la direction du parti sont portés sur un registre côté et paraphé par le président du tribunal de 1ère instance ou le juge de Paix à compétence étendue du ressort de son siège.
Les dates des récépissés relatifs aux modifications et changements y sont mentionnées.
La présentation du registre aux autorités administratives ou judiciaires sur leur demande se fait au siège du parti.
ARTICLE 12 : Ne peuvent être dirigeants d’un parti politique que les personnes remplissant les conditions
suivantes :
- être de nationalité malienne ;
- être âgé de vingt et un an au moins ;
- jouir de ses droits civiques et politiques et n’avoir pas été condamné à une peine afflictive et infamante ;
- avoir, en ce qui concerne les dirigeants des partis politiques, son domicile sur le territoire national ;
- être nanti d’un quitus fiscal.
ARTICLE 13 : Tout citoyen jouissant de ses droits civiques et politiques est libre d’adhérer au parti politique de
son choix.
Cependant, en raison de leurs fonctions particulières ou de leur statut ne peuvent être membre d’aucun parti :
- les membres de la Cour suprême ;
- les membres de la Cour Constitutionnelle ;
- les membres des structures de contrôle nommés par décret pris en conseil des Ministres ;
- les Magistrats ;
- les personnels des Forces Armées et de Sécurité ;
- les représentants de l’Etat dans la commune, le cercle, la région ou le District de Bamako ;
- le Médiateur de la République ;
- le Vérificateur Général ;
- le Vérificateur Général Adjoint ;
- les vérificateurs ;
- les Ambassadeurs, et les Consuls Généraux.
Toutefois, à l’exclusion des membres de la Cour Constitutionnelle et de la Cour suprême, les personnes exerçant les fonctions susvisées peuvent à l’occasion, rendre leur démission, pour avoir le droit d’adhérer au parti politique de leur choix.
CHAPITRE III : DE L’ORGANISATION ET DU FONCTIONNEMENT
ARTICLE 14 : L’organisation et le fonctionnement des partis concernent leurs principes d’ordre moral et organisationnel, les modalités d’exercice de leurs activités et les règles de leur participation à la vie politique nationale.
ARTICLE 15 : D’une manière générale, les partis sont organisés en structures, instances et organes.
Les structures sont des ensembles fonctionnels des militants d’un parti, regroupés dans les quartiers, les fractions, les villages, les communes, les cercles, les régions et le District de Bamako ou à l’intérieur d’un pays abritant des ressortissants maliens.
Les structures ont leurs instances délibérantes et leurs organes exécutifs :- les instances sont des assemblées de tous les militants d’une structure ou de leurs représentants qui ont vocation
à prendre les décisions exécutoires pour toute la structure ;
- les organes sont les collectifs de direction des structures, chargé de l’exécution des décisions des instances. Ils se divisent en postes ayant des tâches précises et distinctes.
ARTICLE 16 : Les partis organisent librement leurs activités. Toutefois, les manifestations dans le domaine public sont soumises à une déclaration préalable.
La direction du parti, dans la collectivité territoriale donnée, adresse une déclaration à l’autorité compétente trois jours avant la date de la manifestation.
Lorsque par le fait d’une manifestation des dommages sont causés à la sécurité des personnes et des biens, les partis organisateurs de la marche ou du meeting sont civilement responsables.
ARTICLE 17 : Les marches ou meetings de protestation ou de soutien des partis politiques, ne sont pas soumis à une autorisation préalable. Cependant, les organisateurs sont tenus d’informer les autorités compétentes au moins 48 heures avant la date de la manifestation.
Les organisateurs assistent l’autorité publique dans le maintien de l’ordre.
ARTICLE 18 : Tout parti auteur de troubles ou de violences est sanctionné conformément à la loi.
ARTICLE 19 : Les dirigeants des partis politiques ne peuvent être poursuivis dans l’exercice de leur mandat pour leurs opinions et leurs activités.
ARTICLE 20 : Un parti politique ne peut être tenu pour responsable des agissements privés de ses militants.
Toutefois, le caractère strictement privé de ces agissements doit être établi et ne comporter aucune relation de cause à effet avec des décisions prises au sein du parti.
CHAPITRE IV : DES RESSOURCES FINANCIERES DES PARTIS POLITIQUES
ARTICLE 21 : Les ressources financières des partis politiques sont constituées d’une part de ressources propres et d’autre part de dons, legs, libéralités et subventions.
ARTICLE 22 : Les ressources propres des partis politiques sont constituées par :
- les cotisations des membres ;
- les contributions volontaires et les souscriptions communes des membres ;
- le placement des cartes de membres ;
- les produits de leurs biens patrimoniaux ;
- les recettes de leurs activités.
Le montant des cotisations des militants d’un parti politique est fixé librement par celui-ci.
Il en est de même des souscriptions communes et du prix des cartes des membres.
ARTICLE 23 : En plus des revenus liés à leurs activités, les partis politiques peuvent recevoir des dons et legs provenant de personnes physiques.
Les partis ne peuvent recevoir des dons et legs provenant des sociétés commerciales, industrielles et de services.
ARTICLE 24 : Le montant cumulé des dons, legs et libéralités ne doit en aucun cas dépasser 50 % du montant total des ressources propres du parti politique et doit faire l’objet d’une déclaration adressée à la clôture de l’exercice budgétaire au Ministre chargé de l’Administration Territoriale, avec mention de la nature et de la valeur des dons, legs et libéralités.
ARTICLE 25 : Il est formellement interdit tout financement des partis politiques dont les activités sont de nature à porter atteinte à l’indépendance et à la souveraineté nationale.
ARTICLE 26 : Tout parti politique doit tenir une comptabilité régulière et un inventaire de ses biens meubles et immeubles conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur. Les documents et pièces comptables doivent être conservés pendant dix ans au moins. Le délai de conservation commence à la clôture de l’exercice comptable.
ARTICLE 27 : Les partis politiques sont tenus de déposer au plus tard le 31 mars de chaque année leurs comptes annuels de l’exercice précédent auprès de la Section des comptes de la Cour suprême.
Cette juridiction établit au plus tard le 31 décembre de l’année en cours, un rapport annuel de vérification des comptes de l’exercice précédent qui est rendu public.
Ce rapport doit faire ressortir le compte général des recettes des activités lucratives du parti et l’état de déclaration des dons, legs et libéralités.
La Section des comptes procède à la vérification de la moralité des recettes et des dépenses, ainsi que de la sincérité des comptes du parti. Elle peut exiger toutes justifications et explications nécessaires à l’accomplissement de sa mission. Elle a accès à tous documents, états de caisse et livres journaux. La vérification peut s’étendre à toutes les structures du parti.
ARTICLE 28 : Seuls les revenus provenant des activités lucratives des partis politiques sont imposables.
CHAPITRE V : DU FINANCEMENT PUBLIC DES ACTIVITES DES PARTIS POLITIQUES
ARTICLE 29 : Les partis politiques bénéficient d’une aide financière de l’Etat inscrite au budget de l’Etat à raison de 0,25 % des recettes fiscales.
Le montant annuel des crédits affectés au financement des partis politiques est divisé en quatre fractions :
- une première fraction égale à 15 % des crédits est destinée à financer les partis ayant participé aux dernières élections générales législatives ou communales ;
- une deuxième fraction égale à 40 % des crédits est destinée à financer les partis politiques proportionnellement au nombre des députés ;
- une troisième fraction égale à 35 % des crédits est destinée à financer les partis politiques proportionnellement au nombre des conseillers communaux.
- une quatrième fraction égale à 10 % des crédits est destinée à financer les partis politiques proportionnellement au nombre de femmes élues à raison de 5 % pour les députés et 5 % pour les conseillères communales.
Le nombre de députés, de conseillers communaux et de femmes élues de chaque parti est celui obtenu lors du dernier renouvellement général des mandats, sous réserve des cas de réajustements consécutifs à des élections partielles.
ARTICLE 30 : Les obligations des partis politiques éligibles à ces différentes subventions sont les suivantes :
- justifier la tenue régulière des instances statutaires du parti ;
- disposer d’un siège national exclusivement destiné aux activités du parti distinct d’un domicile ou d’un bureau
privé ;
- disposer d’un compte ouvert auprès d’une institution financière installée au Mali ;
- tenir un inventaire annuel des biens meubles et immeubles et présenter les comptes annuels à la Section des comptes de la Cour suprême au plus tard le 31 mars de chaque année ;
- justifier dans les conditions prévues à l’article 27, d’un compte dont la moralité et la sincérité sont établies par le Rapport de vérification de la Section des comptes de la Cour suprême ;- justifier de la provenance de ses ressources financières et de leur utilisation ;
- avoir participé aux dernières élections générales législatives ou communales.
La production de faux bilan par tout parti politique entraîne la perte du droit au financement public pour l’année suivante, sans préjudice de poursuites judiciaires.
ARTICLE 31 : La répartition des aides auxquelles a droit chaque parti politique sera retracée dans un tableau annexé à un décret pris en Conseil des Ministres. Les montants non affectés seront reversés au Trésor Public à la clôture de l’exercice budgétaire.
ARTICLE 32 : A l’occasion des consultations électorales, l’Etat prend en charge les spécimens des bulletins de vote nécessaires à la campagne électorale, ainsi que les bulletins de vote et les frais d’expédition desdits documents.
CHAPITRE VI : DES MEDIAS DES PARTIS POLITIQUES
ARTICLE 33 : Les partis politiques exercent librement leurs activités de presse. La création et la diffusion des publications des partis se font conformément aux dispositions légales. Il est interdit à la presse des partis toute diffusion d’information à caractère diffamatoire ou pouvant inciter à la violence, porter atteinte à la sécurité de l’Etat, à l’intégrité du territoire national et à l’unité nationale.
ARTICLE 34 : La presse des partis doit bénéficier de la disponibilité des agents de l’Etat qui doivent observer une stricte neutralité par rapport aux différents partis.
CHAPITRE VII : DE LA FORMATION CIVIQUE ET POLITIQUE DES MEMBRES DES PARTIS POLITIQUES
ARTICLE 35 : Les partis politiques ont vocation à contribuer à l’édification de l’Etat de droit et à la consolidation de la démocratie, et assurent par cette voie une fonction éducative.
ARTICLE 36 : Les partis politiques ont l’obligation d’assurer la formation civique de leurs membres, en conformité avec les principes moraux et sociaux aptes à forger des citoyens conscients de leurs devoirs envers la collectivité nationale, par la stimulation de l’esprit de solidarité, de tolérance et de dialogue, la promotion de la participation démocratique et pacifique à la vie nationale, et le respect de l’intérêt général.
CHAPITRE VIII : DE LA FONCTION ELECTORALE DES PARTIS POLITIQUES
ARTICLE 37 : Les partis concourent à l’expression du suffrage et assurent par cette voie une fonction électorale.
Cette fonction s’étend :
- la révision des listes électorales ;
- à la sélection des candidats à l’élection ;
- à la présentation des candidats ;
- à la formation de l’électorat ;
- à la campagne électorale ;
- au suivi des élections ;
- à la participation au dépouillement et à la publication des résultats.
ARTICLE 38 : Les partis politiques choisissent démocratiquement leurs candidats. Ils veillent à ce que les candidats répondent aux critères de bonne moralité et d’aptitude réelle à l’exercice des fonctions à assumer.
ARTICLE 39 : Les partis assurent une fonction éducative de l’électorat en plaidant pour un programme, en définissant les enjeux électoraux, en sensibilisant les populations sur les questions d’intérêt public et national. Ils ont droit à ce titre à un égal accès aux médias d’Etat.
ARTICLE 40 : Lors des campagnes électorales, les partis politiques doivent éviter de provoquer des troubles et violences. Les auteurs de troubles et violences sont poursuivis et sanctionnés conformément à la loi.
ARTICLE 41 : Les partis peuvent, dans le cadre des élections, contracter librement des alliances. Une alliance de partis ne peut avoir une capacité juridique propre.
Afin de préserver la transparence dans le jeu démocratique, les alliances doivent être rendues publiques sans délai.
CHAPITRE IX : DES RELATIONS EXTERIEURES DES PARTIS POLITIQUES
ARTICLE 42 : Les partis peuvent établir des liens avec d’autres partis, organisations ou mouvements, au Mali, en Afrique et dans le reste du Monde.
Toutefois, la nature de ces liens ne doit pas comporter d’engagements contraires aux dispositions des lois au Mali, et à la souveraineté nationale.
CHAPITRE X : DES RAPPORTS DES PARTIS POLITIQUES AVEC L’ETAT
ARTICLE 43 : Les partis politiques doivent avoir un égal rapport avec l’Etat et contribuer à la réussite de sa mission permanente de service public. Les partis politiques se doivent de dénoncer tout esprit, toutes attitudes et comportements partisans qui tendent à faire de l’Etat l’émanation d’un groupe politique donné.
ARTICLE 44 : Les partis politiques participent à l’animation de la vie politique nationale et sont tenus au respect du jeu démocratique dans le cadre du système politique tel que défini par la Constitution.
CHAPITRE XI : DES INTERDICTIONS, DES SANCTIONS ET DES PENALITES
ARTICLE 45 : Les partis politiques ne doivent pas porter atteinte à la sécurité et à l’ordre public, ainsi qu’aux droits et libertés individuels et collectifs.
Il leur est spécifiquement interdit la mise sur pied d’organisation à caractère militaire ou paramilitaire.
Aucun parti ne peut se constituer et s’organiser sur une base ethnique, religieuse, linguistique, régionaliste, sexiste ou professionnelle.
Tout parti fondé sur une cause ou en vue d’un objet illicite contraire aux lois, aux bonnes mœurs ou qui a pour but de porter atteinte à l’intégrité du territoire national et à la forme républicaine de l’Etat est nul et de nul effet.
ARTICLE 46 : Les partis politiques reconnus coupables d’infractions peuvent encourir les sanctions suivantes :
- l’avertissement ;
- la suspension ;
- la dissolution.
ARTICLE 47 : Il peut être infligé la sanction d’avertissement à un parti politique.
L’avertissement est prononcé par arrêté motivé du Ministre chargé de l’Administration Territoriale en cas de violation des articles 10, 11, 24, 26 et 27 de la présente loi.
En cas de menace à l’ordre public ou d’atteinte à la sécurité des biens et des personnes, le Ministre chargé de l’Administration Territoriale saisit immédiatement la juridiction compétente aux fins de suspension du parti.
La suspension fait perdre temporairement à un parti sa capacité juridique.
Toutes les activités du parti sont interdites. Les militants du parti ne peuvent, sous peine de poursuites, tenir une réunion.
Tous les locaux du parti suspendu sont mis sous scellés jusqu’à la levée de la mesure de suspension.
Le parti politique suspendu peut saisir le juge compétent dans les conditions déterminées par la loi.
ARTICLE 48 : La mesure de dissolution, dans le cadre des sanctions, frappe les partis politiques reconnus coupables d’atteinte à la souveraineté nationale, à l’intégrité du territoire ou à la démocratie.
La dissolution d’un parti intervient lorsque :
- la direction nationale du parti prend des engagements ou signe des accords susceptibles de compromettre la
souveraineté nationale ;
- le parti se livre à des manifestations armées ou à des actions terroristes ;
- le programme du parti compromet l’unité nationale et l’intégrité du territoire ;
- le parti entreprend des actions qui menacent la démocratie.
Cette dissolution est prononcée par le Tribunal civil, soit à la requête de tout intéressé, soit à la diligence du Ministère public. Celui-ci peut assigner à trois jours francs, et le Tribunal sous les sanctions prévues à l’article 46, ordonner par provision et nonobstant toute voie de recours, la fermeture des locaux et l’interdiction de toute
réunion des membres du parti.
En cas d’infraction aux dispositions des articles 9, 12, 25, 45 et 50, la dissolution peut être prononcée à la requête de tout intéressé ou du Ministère public.
Cette dissolution sera publiée par toute voie légale.
ARTICLE 49 : Les partis politiques et les personnes reconnus coupables d’infraction dans le cadre des activités
politiques peuvent être assujettis à des pénalités.
ARTICLE 50 : Tout dirigeant de parti, tout militant de parti qui par ses écrits, déclarations publiques, démarches, incite ou invite les Forces Armées ou les Forces de Sécurité à s’emparer du Pouvoir d’Etat encourt une peine d’emprisonnement de un (1) an à cinq (5) ans et une amende de 500.000 à 1.000.000 de francs sans préjudice de la dissolution du parti concerné.
ARTICLE 51 : Les dirigeants de partis coupables de fraudes électorales, fiscales ou autres, sont punis conformément au code pénal et aux dispositions pénales de la loi électorale.
ARTICLE 52 : Sont punis d’une amende de 50.000 à 100.000 francs et un emprisonnement de trois mois à trois ans, les fondateurs ou dirigeants du parti maintenu ou reconstitué illégalement après une décision judiciaire définitive de dissolution.
CHAPITRE XII : DE LA FUSION, DE LA DISSOLUTION ET DE LA DEVOLUTION
ARTICLE 53 : Les partis politiques peuvent fusionner dans les conditions définies ci-après :
- la décision de fusion entre deux ou plusieurs partis fait l’objet d’une déclaration adressée au Ministre chargé de
l’Administration Territoriale ;
- la déclaration comportant une signature des chefs des partis, doit être accompagnée du procès-verbal de l’instance qui pour chaque parti a adopté cette décision, ainsi que les statuts et règlement intérieur de la nouvelle organisation.
Les pièces à fournir doivent être conformes aux dispositions de l’article 5 de la présente loi.
ARTICLE 54 : Les partis ne peuvent fusionner pendant la campagne électorale.
Toute fusion de partis doit être effective 90 jours francs avant le début de toute campagne électorale.
ARTICLE 55 : Le parti résultant de la fusion est responsable du point de vue civil du patrimoine des partis concernés. A ce titre, il prend en compte tous les engagements en cours contractés par ceux-ci. Il bénéficie de leurs créances et répond de leurs dettes. En matière comptable, le parti issu de la fusion applique les règles de la consolidation, et ce, jusqu’à la fin de l’exercice comptable. Il est tenu également à la conservation des documents tel que défini à l’article 26.
ARTICLE 56 : La dissolution statutaire d’un parti intervient soit, de plein droit en application des statuts, soit, en l’absence de dispositions statutaires, suivant les règles déterminées par l’instance suprême du parti.
La dissolution du parti n’est valable que si la décision est adoptée au moins à la majorité absolue des voix délibérantes.
ARTICLE 57 : En cas de dissolution statutaire, les biens du parti sont dévolus conformément aux statuts ou à défaut de dispositions statutaires, suivant les règles déterminées par l’instance suprême convoquée à cette fin.
En cas de dissolution judiciaire, il est nommé un curateur qui, dans un délai déterminé par la décision le nommant, provoque la réunion de l’instance suprême dont le mandat est uniquement de statuer sur la dévolution des biens.
Toutefois, lorsqu’un parti est dissout par décision de justice, ses biens mobiliers et immobiliers seront placés sous séquestre, et leur liquidation sera effectuée par l’Administration des Domaines dans les formes et conditions déterminées par les lois et règlements en vigueur.
CHAPITRE XIII : DES DISPOSITIONS DIVERSES
ARTICLE 58 : Toute personne a le droit de prendre communication au Ministère chargé de l’Administration Territoriale, des statuts et déclarations de tout parti politique. Elle peut s’en faire délivrer à ses frais expédition, copie ou extraits.
ARTICLE 59 : Les partis politiques déjà constitués à la date de publication de la présente loi doivent dans un délai de six (6) mois se conformer à ses prescriptions.
Toutefois, jusqu’au prochain renouvellement de leurs directions, les récépissés et récépissés modificatifs délivrés aux partis politiques déjà constitués à la date de publication de la présente loi demeurent valides.
ARTICLE 60 : Les modalités d’application de la présente loi seront déterminées en tant que de besoin par voie réglementaire.
ARTICLE 61 : La présente loi abroge toutes dispositions antérieures contraires, notamment la loi n° 00-045/du 07 juillet 2000 portant Charte des partis politiques.
Bamako, le 18 août 2005
Le Président de la République,
Amadou Toumani TOURE
Election malienne 1: Réflexe pavlovien
Le président de la République et le premier ministre malien ont annoncé il y a un peu plus d’un mois la volonté du pays d’aller aux élections dès le mois de juillet 2013.
Le président français Francois Hollande dont le pays, la France intervient au mali est allé jusqu’à prétendre être "intraitable" dans la tenue des élections au Mali.
Formule très maladroite de la part du président français, qui donne l’impression que les élections sont imposées au pays, en réalité une formule destinée à son opinion nationale et voulant démontrer que le pays est la pour aider au rétablissement d’un pouvoir démocratique.
faut-il le rappeler le président de la république du mali est à la tête d’un pouvoir intérimaire chancelant et qui etait au bord de l’explosion lorsque en janvier des manifestions d’une ampleur inédite étaient organisées à Bamako.
La date des élections est la résultante de la feuille de route adoptée à l’assemblée nationale malienne.
Malgré ces quelques éléments demeure ce que je pense être un réflexe Pavlovien africain, qui amène une partie de mes compatriotes à voir la main du "blanc" derrière cette volonté d’aller aux élections, avec des arguments plus ou moins cohérents.
Alors l’argument le plus cohérent le seul d’ailleurs est de dire qu’il est trop tôt et que le pays n’est pas totalement prêt.
En effet l’administration n’est pas déployée dans l’ensemble du territoire et notamment à Kidal, difficile dans cette situation d’organiser des élections.
De plus la situation de nos concitoyens déplacés est plus que tragique et leur capacité à pouvoir voter pose des questions.
Une réponse a été apportée par le ministère de l’administration territoriale qui prévoit de distribuer selon le chronogramme publié ici même la fameuse carte d’électeur dans les camps se trouvant à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Le ministre prévoit également le redéploiement de l’administration d’ici juin au nord y compris dans la région de Kidal, et la visite annoncée du premier ministre dans cette region afin d’entamer des négociations avec les rebelles du Mnla va aussi dans ce sens.
Il faut rappeler que nous sommes en avril et qu’il reste encore 3 mois et les préparatifs pour l’élection ont débutées en février…
A part cet argument aucun autre ne vient étayer la prévision que font certains d’un échec annoncé des élections en juillet mis à part ce que j’appelle le "réflexe Pavlovien de présomption de francafrique" formule pompeuse je le concède.
Pavlov a développé la théorie selon laquelle les réactions acquises par apprentissage et habitude deviennent des réflexes lorsque le cerveau fait les liens entre le stimulus et l’action qui suit.
En d’autres termes le stimulus ici est la France et l’action est l’organisation des élections qui vous l’aurez compris est jugée comme étant prématurée. La réaction acquise, le reflexe, hurler à la Francafrique.
En gros la France pousse le Mali à aller aux élections en juillet malgré la volonté ( supposée) des maliens de prendre leur temps pour y aller, ou quand les africains n’accordent aucun crédit à la décision de leurs dirigeants…Pire il parait que le candidats est déjà désigné par le maître….à quoi bon voter alors….
A chacun de se faire son opinion mais évitons les procès d’intention et les conclusions alambiquées issues de supputations, et souhaitons la réussite des élections au Mali.
Coup d’Etat An 1
Le 21 mars 2012 débutait la mutinerie du camp militaire Soundjata Keita de Kati, cette mutinerie débouchera comme chacun le sait sur la chute du président Amadou Toumani Touré.
Les mutins avec à leur tête le capitaine Haya Sanogo, illustre inconnu, vont s’emparer tour à tour de tous les points stratégiques de la capitale, en une journée puis annoncer le soir même la chute du pouvoir en place.
Les mutins, devenus putschistes, vont alors nous offrir, sur les antennes, de la télévision nationale, un réquisitoire contre le pouvoir du président déchu.
Le coup selon eux aurait été motivé par la corruption au sommet de l’Etat, la gabegie, le manque de développement du pays, et le manque d’équipements de l’armée, qui subissait défaite sur défaite au nord du Mali.
Le réquisitoire des putschistes contre le Président ATT n’est pas surprenant, tant tout le monde était au courant de tous ces maux gangrenant le pays et ce depuis une dizaine d’années.
Mais voila qu’a la fin de leur intervention, les mutins poitrines bombées nous annoncent qu’ils vont reprendre le nord du pays sous peu….
Le lendemain du coup toutes les administrations sont pillées, on voit des militaires charger des écrans plats, et des réfrigérateurs etc… à l’arrière de leurs pick-up.. …drôle d’attitude pour des gens prétendant vouloir reconquérir les villes perdus sous peu…
ATT lui est introuvable, caché on ne sait ou, "un secret de militaire" comme il aime à le dire…
La suite on la connait, la prise de toutes les villes du nord par les jihadistes( Alqaida au maghreb islamique, Ansardine, mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest) et leurs affidés du Mnla ( mouvement national de libération de l’azawad) le 6 avril 2012.
Ce qui donnera lieu à un appel pathétique du capitaine Sanogo à Kati pour une "aide internationale afin d’aider le Mali", eux qui une semaine plutôt prétendait se préparer pour le nord…
Sous la pression de la Cedeao ils s’en iront, mais dans les faits seront toujours là à travers des organisations comme le Copam ou Mp22 dirigés par d’obscurs personnages, Amion Guindo et Mariko ( Ils se voyaient d’ailleurs premier ministrables…)
Cette meme organisation qui ira agresser le président par intérim tout fraichement désigné, D.Traoré le laissant pour mort dans son bureau.
Et bien d’autres péripéties… Agressions de journalistes, de politiques au sud, exactions, viols amputations au nord….
Sans l’intervention express de la France, le Mali n’existerait plus…du moins tel que les maliens le conçoivent!
Les conséquences humanitaires
Dès le début des affrontements, en janvier 2012, il y avait eu des mouvements de population, une partie des populations avaient fui le mali pour trouver refuge en Algérie Mauritanie, Burkina et Niger.
Avec l’intensification et la chute du nord, qui est imputable au coup d’Etat, n’en deplaise aux partisans de la junte( ils sont de moins en moins nombreux) plus de 400000 de nos compatriotes sont déplacés ou réfugiés aujourd’hui.
Une ville comme Gao plus grande ville du mali a perdu selon les estimations en 60 et 70% de ses habitants, idem pour Tombouctou et Kidal.
Il y a aujourd’hui une crise humanitaire sans précédent au nord du Mali, les populations manquent de toutes les denrées de premières nécessités, le carburant vient à manquer et avec la guerre les moyens d’approvisionnement sont entravés.
Les populations dans les camps vivent également, malgré l’aide de nos voisins dans des conditions extrêmement difficiles.
Le PAM estime devoir prendre en charge plus d’un million de maliens en 2013, du fait de la crise en cours dans le pays.
Les conséquences économiques
Le coup d’Etat a plongé le Mali dans une situation économique catastrophique, tous les projets sont aux arrêts, et l’aide internationale a été supprimée.
Contrairement aux fables que nous racontait l’ancien premier ministre Cheik Modibo Diarra, le Mali n’a jamais pu se passer de l’aide internationale.
Le Mali tablait sur une croissance de plus de 5%, elle sera finalement en récession de 2%, avec une perte nette pour l’Etat malien de 600 millions d’euros.
Les plus gros clients du mali, les occidentaux ont déserté le pays, tous les secteurs en souffrent l’artisanat, l’hôtellerie les taxis…
Cette fuite des hommes et des capitaux avec l’arrêt de l’aide internationale finira d’achever l’économie malienne plongeant le peuple dans des souffrances supplémentaires..
Les entreprises maliennes auraient enregistré une chute de leurs chiffres d’affaire de plus de 50%.
Afin de compenser la fuite des capitaux, l’Etat supprimera un certains nombres de subventions sur des denrées, et augmentera les prélèvements sur les impôts plombant ainsi tous les secteurs de l’économie malienne…
Les conséquences politiques
Aujourd’hui on ne voit pas au Mali une classe politique responsable capable d’inverser la tendance et d’inverser définitivement le rapport de force que tente d’installer le capitaine Sanogo.
En effet dès le début du coup la voix des poids lourds de la politiques n’est pas très écoutée par la population, qui l’accuse d’avoir cautionner le "système" ATT.
il est vrai que la crise n’a pas renforcé l’amour pour les politiques au Mali tant ceux ci se sont montrés incapables pour une part de s’opposer, puis opportunistes d’autre part en voulant s’associer aux mutins.
Aujourd’hui les hommes politiques maliens ont à mon sens également besoin de leur commission de réconciliation et de dialogue, afin qu’ils comprennent que la grandeur du Mali vaut bien plus que leurs petits règlements de comptes privés et leur course effréné pour le pouvoir.
Ce coup d’Etat n’a en rien profité au Mali et aux Maliens, il a plongé le pays dans une période d’incertitudes conséquentes.
Aujourd’hui la balle est dans le camp du peuple malien, car la bataille qui s’annonce pour la reconstruction du mali ne se gagne pas avec les armes ou des slogans politiques, elle se gagne par une prise de conscience des enjeux et la volonté de chaque citoyen d’être acteur de la destinée du pays….
Si chacun d’entre nous s’engage à son petit niveau, dans sa rue, sa commune à vouloir changer les choses afin de ne plus jamais revivre ces heures sombres alors le Mali grandira..dans le cas contraire ce sera bis repetita….
Mali:Imbroglio Kidalois
La région de Kidal est depuis un mois au centre de toutes les attentions. Du coté malien on s’inquiète de l’absence de l’armée nationale, du côté français on ménage le MNLA et on est surtout préoccupé par le sort des otages cachés dans l’Adrar des ifoghas et du côté des rebelles on alterne entre communiqué positif et négatif à l’encontre de la France et du Mali.
Présentation de la région:
Kidal est la 8ieme région administrative du mali, elle a été créé en 1991 à la suite des accords de Tamanrasset entre la rébellion (déjà) touareg et le Mali.
Il s’agissait d’une étape supplémentaire dans la décentralisation de l’état malien, la région compte 67000 habitants quand le pays lui en compte 15 millions, ce qui laisse présumé du poids relatif de cette région en terme démographique.
La région est peuplée de songhay, Touaregs, de berbères kountas et d’arabes.
Cette zone est tristement célèbre car le massif de l’Adrar des ifoghas connu autre fois pour les treks est devenu le refuge d’Al Qaida au Maghreb Islamique, et probablement la zone ou se trouveraient les otages.
Contrairement aux comparaisons en vogue dans les medias, le mali ce n’est pas l’Afghanistan et l’Adrar des ifoghas (voir ici une vue générale de Tessalit) ce n’est pas Tora Bora.
Il est important pour comprendre ce qui se passe à Kidal de comprendre le jeu des acteurs et les affrontements entre des intérêts divergents.
l’ami français
"Nous sommes là pour aider le Mali à recouvrir son intégrité territoriale" voilà une phrase que Jean-Yves le Drian ministre de la défense français et François Hollande le président français répètent à qui veut bien l’entendre.
Or il est peut être bon de rappeler aux amis français que la région de Kidal fait partie du Mali et hormis quelques hommes du Colonel Major Gamou aucune autre troupe malienne n’est présente dans la région.
Rassurez-vous les français savent bien que Kidal est une région malienne et ils savent également l’impatience que nous avons à recouvrir le contrôle total du pays, cependant plusieurs difficultés demeurent. Tout d’abord la présence du Mouvement national de libération de l’Azawad et du mouvement islamique de l’Azawad.
Ces deux mouvements rivalisent d’ingéniosité pour s’attirer les faveurs de la France, et notamment dans le renseignement pour la recherche des otages, mais aussi en agitant le chiffon rouge habituel de l’exaction et du génocide que pourrait commettre l’armée malienne à l’encontre de la population de Kidal.
En bon "stratège" les français travaillent pour l’instant "en bonne intelligence" comme le dit le Drian avec les forces en présence, mais ne doivent pas rester insensible au tourment du peuple malien, au risque de créer une frustration et une plus grande rancœur à l’encontre des rebelles (oui c’est encore possible).
A termes l’armée malienne et l’administration sera surement de retour à kidal mais quand? et dans quelles conditions? Car il est sûr que la France a besoin de tout sauf de se retrouver à faire l’arbitre dans un conflit entre le MIA, le MNLA, et le Mali, et pour l’instant elle arrive tant bien que mal à ménager les sensibilités!
MIA, Mnla et vice versa
Apres le FLNA, le MAA, le nouveau venu de la bande est le MIA (Mouvement islamique de l’Azawad), avec à sa tête Alghabass Ag Intallah (oui celui de AnsarDine). Ces gens qui avaient menacé le mali 9 mois durant, qui avaient lapidé un jeune couple à Aguelhok, sont devenus des modérés dès l’entrée en lice de la France.
Ces "dissidents", ayant fui la "tyrannie" d’Iyad Ag Ghali nous expliquent maintenant qu’ils ont toujours été opposés aux dérives du guide suprême. Plutôt que de s’appeler le MIA ils auraient mieux fait de se nommer le MOA (Mouvement des opportunistes de l’Azawad).
Il s’agit globalement de combattants de AnsarDine n’ayant pas pu fuir et qui ne doivent leur survie (politique) qu’à leur soi-disant connaissance du terrain et la possibilité d’aider à traquer Aqmi (leur ancien allié) dans l’Adrar pour éventuellement retrouver les otages français. Autant dire que c’est une position plus ou moins trouble.
Le Mnla lui reste fidèle à lui-même, entre arrogance et véhémence il ne représentait rien militairement, mais commence à se refaire une santé en recyclant les anciens combattants d’AnsarDine. Ce mouvement a mis de l’eau dans son "thé" et ne parle plus d’indépendance, se disant même prêt à discuter avec Bamako.
Aujourd’hui les informations qui nous proviennent de la ville de Kidal font état d’une forte tension entre les deux groupes qui sont composés de tribus différentes (Ifoghas essentiellement MIA et les Idnan et chamanamass essentiellement au MNLA).
La "position" malienne
La joie des premiers jours a laissé place à la frustration, l’etonnement, la suspicion, la question est sur toutes les lèvres, que se passe-t-il à Kidal? Pourquoi l’armée malienne n’est pas encore présente à Kidal?
La réponse du gouvernement malien est aussi vague que celle du gouvernement français, entre "on se prépare à y aller" et "la question est en cours de traitement " on ne saurait plus quoi penser.
En réalité il y a plusieurs explications à cela, d’une part l’armée malienne est toujours en guerre contre le MNLA et le MIA, or il semble que la France dans la chasse aux djihadistes ait recours à ces deux groupes. La présence de l’armée malienne à Kidal pourrait simplement dégénérer en guerre ouverte dans la ville, ce que veut éviter à tout prix nos "amis".
Ensuite l’armée malienne n’a tout simplement pas les capacités logistiques pour envoyer des hommes à Kidal. Aujourd’hui déjà ceux qui sont à Gao ont des difficultés à s’approvisionner alors imaginer ceux qui seraient à Kidal. Cependant la volonté demeure de recouvrer l’ensemble de l’intégrité territoriale, mais il ne faudra pas à le faire à tout prix.
En d’autres termes le Mali n’a pas vraiment d’autre choix que d’observer ce qui se passe pour l’instant dans la région de Kidal, tout en restant vigilant sur la suite des évènements, une chose est certaine la population s’impatiente!
La région de Kidal focalise l’attention car elle rassemble toutes les composantes de la crise au nord du Mali.
Il y a là des rebelles Touaregs, mais également des "islamistes" du MIA et les jihadistes d’Aqmi. Depuis la libération de la région il y a eu 2 attentats à la voiture piégée (voiture qui viennent de l’intérieur de la ville pour aller toucher des postes de contrôle).
Le kamikaze est venu de l’intérieur de la ville pas de l’extérieur comme à Gao, cela pose la question de la présence de jihadistes dans la ville et au sein même des groupes MIA et Mnla qui semblent plus maîtriser la com’ que le terrain.
Enfin je veux rendre hommage aux soldats tombés au front pour que vive la nation malienne. Toute ma solidarité au peuple Tchadien.
Discours de Dioncounda Traoré à Addis Abeba 27 janvier 2013
Excellence, Monsieur le Président de la Conférence de l’Union,
Excellences, Mesdames et Messieurs Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Distingués invités, Mesdames et Messieurs,
Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,
Madame la Présidente de la Commission de l’Union africaine,
Mesdames et Messieurs les Commissaires de l’Union africaine,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs Ambassadeurs et Représentants des Coopérations bilatérales, multilatérales et internationales,
Représentants des organisations de la Société civile,
Distingués invités,
Excellence Monsieur le Premier ministre d’Ethiopie, c’est à vous que nous adressons nos premiers mots, pour vous dire merci, pour dire merci au peuple éthiopien pour l’accueil chaleureux qui nous est réservé ici à Addis-Abeba, dans la droite ligne d’une tradition connue et appréciée de tous.
Permettez-moi également de m’incliner de nouveau devant la mémoire de votre illustre prédécesseur Meles Zenawi, trop tôt disparu mais que les livres d’histoire retiendront comme le catalyseur du projet d’émergence tant de l’Ethiopie que de l’Afrique.
Ensuite, à notre auguste assemblée nous voudrions adresser nos vœux personnels ainsi que ceux du peuple malien, à l’entame d’une année que nous souhaitons de santé, de réussites et de paix.
Pour chacun de vous. Pour chacune de vous. Pour tous nos peuples. Pour l’Afrique et pour tous ses partenaires du monde.
Nous ne pouvons aller plus loin sans réitérer ici et solennellement, nos remerciements et notre reconnaissance à tous ces avocats passionnés de la cause malienne qu’ont été, tout le long de cette tragédie que nous vivons,
Nous voulons citer :
- Son Excellence le Dr Thomas Yayi Boni, Président sortant de la Conférence des Chefs d’Etat ;
- Son Excellence Alassane Ouattara, Président en exercice de la CEDEAO ;
- Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré et son Excellence Monsieur Johnatan Goodluck, respectivement médiateur et co-médiateur de la crise malienne.
Des pays frères ont envoyé leurs soldats combattre aux côtés de l’armée malienne dans sa tâche de reconquête des régions du Mali occupées en 2012, par l’actionnariat mafieux de l’argent sale du narcotrafic, du terrorisme international agissant sous le masque de l’Islam.
Merci donc, Président Thomas Yayi Boni, Président Blaise Compaoré, Président Nkuruziza, Président Alassane Ouattara, Président Mahamadou Issoufou, Président Johnatan Goodluck, Président Idriss Deby, Président Faure Ngnassingbé, Président Macky SALL.
Dites à vos peuples que le Mali saura se souvenir de cette solidarité. Elle n’a pas de prix. Pour nous, elle a valeur de pacte de sang.
Soyez également remerciée, Mme Nkosasana Dlamini Zuma, Présidente de la Commission de l’Union africaine.
Votre souci du Mali est attesté de tous et votre engagement est pour nous une source de réconfort toujours renouvelée.
Permettez qu’à travers vous, nous félicitions vos collaborateurs qui, au sein de la Commission que vous présidez, ont porté, sans faiblir, la question malienne dès les premières manifestations de la crise en fin 2011.
Depuis, votre Commission n’a ménagé aucun effort, aucune réflexion, aucune déclaration en faveur du respect de l’intégrité territoriale du Mali.
Elle a su appeler, avec le juste accent, à une mobilisation à la fois diligente et massive de l’Afrique et du monde pour soutenir le peuple malien dans la douloureuse épreuve qu’il traverse. Le Mali, jusqu’alors une référence de stabilité soudain prise dans la spirale de la guerre et de ses privations.
Preuve, s’il en faut, de ce bel élan de solidarité : la rencontre de Bamako du 19 octobre 2012 qui, sous votre direction éclairée, a permis de partager et de valider le Concept Stratégique des Opérations, le CONOPS.
Nous ne saurions clore le chapitre des remerciements sans vous demander, frères et sœurs d’Afrique, de vous joindre à la nation malienne pour saluer les pays non africains qui sont aujourd’hui à nos côtés.
Saluons en particulier la France, saluons le Peuple français.
Saluons le Président François Hollande pour sa lecture lucide de la crise malienne dont nous savons tous qu’elle porte les germes d’une menace sécuritaire mondiale.
Saluons-les pour avoir accédé promptement et sans calcul à notre requête d’assistance.
Aujourd’hui, l’intervention déterminée de l’armée française a porté un coup d’arrêt à la progression de notre ennemi commun, à savoir le narco-térrorisme qui invoque Dieu mais qui agit comme Satan.
Le geste fraternel de la France a permis, dans le respect de la légalité internationale, d’accélérer la mise en œuvre de la résolution 2085 des Nations-Unies, par la mobilisation de la CEDEAO, de l’Union africaine ainsi que de leurs partenaires
C’est aussi ce geste de la France qui a permis à l’armée malienne de renouer avec sa noble vocation de défense de la nation et du territoire, et nous pouvons vous annoncer ici et aujourd’hui que l’armée malienne est de retour, et a repris le combat avec courage dans une confiance retrouvée.
Elle sera devant. Elle ne sera pas derrière les troupes sœurs venues l’aider.
Et toutes ensembles, les forces qui se battent contre nos agresseurs, progressent, avec détermination, dans le cadre d’une stratégie qui nous mènera, sans aucun doute, vers la victoire.
Cette victoire, nous la voulons pour demain. Pas après demain. Parce que notre guerre à nous n’est pas de tuer simplement parce que nous avons les armes pour le faire.
Notre guerre c’est d’enrôler nos filles et nos garçons à l’école. Notre guerre c’est de pouvoir mieux soigner nos populations.
Notre guerre c’est de pouvoir offrir à nos citoyens des opportunités pour s’épanouir dans un monde globalisé qui n’attend pas les retardataires.
Mesdames, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs,
Le Mali hélas en était arrivé très loin dans l’infortune en 2012.
Au Nord, des régions entières avec tous leurs départements sous la coupe de leurs agresseurs, certains indépendantistes, d’autres dits jihadistes, mais tous terroristes, tous criminels.
Au Sud une crise institutionnelle grave, avec ses agendas mesquins et inavouables, à un moment où toute la concentration était requise pour sauver le pays.
Les frayeurs continueront jusqu’aux premiers jours de 2013 où poussés par l’arrogance, les agresseurs tentèrent de forcer le destin.
Avec les conséquences que vous savez : des conséquences désastreuses pour eux.
A l’heure où nous vous parlons, nos forces nationales fortement aidées par leurs alliées françaises et africaines continuent d’infliger de lourdes pertes à l’ennemi désormais en débandade. Gao et Tombouctou sont quasiment reconquises.
Et parce que la peur a changé de camp, voici que des voix crient à la croisade contre l’Islam.
Voici qu’elles ramènent notre combat pour la liberté, la dignité et la paix à une guerre par procuration de l’Occident contre des musulmans sans défense.
Qu’on nous dise pourquoi personne n’a entendu ces voix, au moment où le Mali, pays musulman à 95%, avait besoin de la compassion et de la solidarité de ses frères en Islam ?
Qu’on nous dise où étaient les donneurs de leçon qui n’ont pas entendu les sanglots de la petite Aicha violée, comme beaucoup d’autres, sous la menace des armes ?
Qu’on nous dise où étaient ces donneurs de leçons le jour où un couple victime d’une justice inique et expéditive était lapidé à mort soit disant pour adultère ?
Où étaient donc ces voix lorsqu’à Aguel Hock des soldats de l’armée régulière malienne étaient égorgés par dizaines voici un an ?
Qu’on nous dise, comme l’ont rappelé les oulémas de notre pays dans une belle unanimité, où étaient ces donneurs de leçons, quand par milliers, les Maliens étaient jetés sur les routes de l’exil et de la privation de la misère et de la désolation ?
Où étaient– ils ceux qui crient aujourd’hui à l’holocauste quand les conquérants, de leur justice humiliante et mutilante, coupaient les bras de notre jeunesse, détruisaient les écrans de télé, écrasaient les écouteurs de téléphone et décrétaient que le football était haram ?
Qu’on n’ajoute pas de grâce l’injure à la blessure !
Le Mali ne mérite pas un tel mépris car il a vécu le joug terroriste dans sa chair, dans son âme, dans le viol de sa conscience et de ses femmes.
Le Mali ne mérite pas ce mépris, parce que comme toutes les sociétés de culture, c’est un pays de tolérance, d’humilité et de paix.
Nous ne sommes pas en guerre contre l’Islam.
Nous sommes en guerre contre le terrorisme, qui prospère de la vente d’otages innocents et des ristournes de la drogue.
Nous sommes en guerre pour notre existence.
Nous sommes en guerre contre l’obscurantisme.
Nous sommes en guerre contre un projet d’arriération imposé à une terre qui est un creuset de civilisation.
Au contraire, le plus grand tort à l’Islam, ce sont nos agresseurs qui l’ont causé, semant le doute dans l’esprit de ceux qui sont nés dans l’Islam, dont les pères sont nés dans l’Islam et qui, pendant des générations successives, ont été pétris aux valeurs, aux vraies valeurs de l’Islam.
Car les caveaux de saints démolis à Tombouctou l’ont été au nom de l’Islam !
Car les coups de cravache donnés à Gao l’ont été au nom de l’Islam !
Car les couples lapidés à Kidal l’ont été au nom de l’Islam !
De quel Islam s’agit t-il ?
En tout cas, pas celui du prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui) qui n’a jamais converti par la force, qui n’a jamais humilié son prochain, qui n’a jamais rendu veuve, orphelin ou handicapé au nom de la seule loi du plus fort.
Non, l’alliance entre la mauvaise foi et les barres de cocaïne ne saurait être l’Islam, ne saurait être notre Islam.
Notre Islam à nous continuera d’être le respect de l’être humain et de sa dignité, la protection du voisin, du faible et de l’orphelin, la promotion de la paix et de la concorde, jamais le plaisir de verser le sang.
Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs,
Si grâce à vous tous les perspectives sont bien meilleures aujourd’hui pour le Mali, tous les risques contre la paix et la concorde ne sont pas entièrement conjurés.
L’ethnicisation du faux jihad, les stratégies de constitution des réseaux dormants du terrorisme dans les villes, et il faut le déplorer, l’amalgame et le délit de faciès peuvent donner lieu à des exactions et des règlements de compte.
Le Gouvernement du Mali ne tolérera les exactions et les amalgames.
Du reste, il a ordonné une enquête dont nous tirerons toutes les implications.
La dignité du soldat et l’honneur de notre armée commandent qu’ils soient les premiers à suivre scrupuleusement les prescriptions de l’Etat de droit que nous avons pour ambition de bâtir.
Et nous savons que chaque traitement extrajudiciaire des cas de collaboration présumée des populations locales avec les terroristes fait l’affaire de ces derniers.
C’est pourquoi, le Gouvernement du Mali, prenant au sérieux ces risques et soucieux de ne pas compliquer davantage la résolution d’une crise qui menace les fondements de la nation, n’a de cesse de mettre et l’armée et les groupes diffus contre toute atteinte aux droits humains.
Et comme le prévoit la Feuille de route adoptée par le Gouvernement le 25 janvier et présentée au Parlement, de vastes campagnes seront menées dans le sens de l’apaisement.
L’armée sera systématiquement et continuellement formée au respect du droit humanitaire et des droits constitutionnel des citoyens parce que nous la voulons une armée républicaine.
Bien entendu, nous restons déterminés à appliquer la loi à tout soldat malien contrevenant aux principes de la République.
Nous en appelons naturellement à la prudence et au bon sens de tous.
Car le contexte est favorable à la désinformation et au sensationnel.
Les forces du mal n’ayant plus d’autre possibilité que d’opposer les opinions publiques aux forces de libération.
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs,
Si malgré nous, le temps est à la guerre, nous préparons activement la paix.
Notre main reste tendue à ceux qui réalisent qu’il est encore temps de faire amende honorable, malgré tout le tort qui a été porté à notre pays, à notre sous région et à notre région.
Mais le dialogue inter-malien n’aura vocation ni à confesser ni à charger.
Pour la stabilité de notre pays et la dignité de ses enfants, nous ne saurions donner de traitement préférentiel à aucune ethnie en particulier ni stigmatiser de groupes spécifiques.
Qu’on nous fasse seulement confiance, car les Maliens sont les premiers à comprendre jusqu’où la réconciliation est impérative pour la survie de chacune de leurs communautés et de l’ensemble national, sans distinction d’ethnie.
Du dialogue inter-malien dont les animateurs sont en train d’être repérés pour leur sagesse et leur lucidité, il est attendu tout simplement qu’il mène les Maliens, sans distinction d’ethnie, de sexe, d’âge et de religion vers le même but et la même foi.
Cet important dispositif permettra de recueillir et de partager les enseignements de la grave crise que nous avons connue pour que nos cités soit mieux administrées, notre démocratie et notre capital social mieux consolidés.
Ce pays reviendra parmi vous, jouant pleinement son rôle dans l’intégration africaine.
Il était là en 1963 comme une jeune nation forte de ses promesses et de ses espérances. Il sera là avec vous en 2013 en tant que nation reconstituée pour fêter le 50è anniversaire de l’organisation continentale.
C’est cela notre mission historique en tant que Président et Gouvernement de Transition.
Et pour la mener à bien, nous avons encore besoin de votre solidarité, de vos conseils et de votre accompagnement.
Mais le Sahel a prouvé sa grande vulnérabilité par sa pauvreté qui fait d’elle la proie facile du crime organisé.
Nous ne couperons définitivement la tête des barons de la drogue, des terroristes doctrinaires autoproclamés de l’Islam qu’en concédant un investissement sans précédent pour le développement de cette zone grise aujourd’hui mais avec tout le potentiel pour être demain un havre de paix et de prospérité.
A cet égard, tous les pays du Sahel, ceux qui connaissent aujourd’hui les tourments comme ceux qui en sont épargnés, sont logés à la même enseigne.
Car jamais les vases n’ont autant communiqué que dans cette partie du monde.
La paix dans le monde est tributaire de la paix dans le Sahel qui crie son besoin de Plan Marshall pour que le binôme Paix et Développement produise les fruits attendus et protège le reste du monde des graves menaces que cette zone peut entraîner pour tous.
Ce cri n’est pas le premier. Puisse t-il être le dernier et être entendu !
Vive l’Afrique unie et solidaire !
Vive l’Afrique partenaire respectée du monde !
Vive la Paix dans le monde !
Vive le France !
- MERCI BEAUCOUP !
Mali: Konna la barbare, Konna la décisive
En ce début d’année 2013 les évènements semblent s’accélérer au Nord du mali. Pour rappel depuis le mois de Mars 2012 à la suite d’un coup d’état le nord du pays était occupé par plusieurs groupes terroristes et indépendantistes.
Tout d’abord le mouvement national de libération de l’Azawad, Al Qaida au Maghreb islamique, Ansar Dine et enfin le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest.
Ces quatre groupes majeurs ne seront bientôt plus que trois après la bataille dans la ville de Gao en juillet entre le Mujao et le Mnla qui vit la victoire de Mujao et donc la marginalisation du Mnla qui ne maitrise plus que la ville de tinzaoutène.
Il y a dès lors une coexistence entre les 3 groupes djihadistes qui se partagent les 3 régions du Mali, Gao pour le Mujao, Tombouctou pour Aqmi et la région de Kidal pour AnsarDine.
Le groupe AnsarDine composé de Touaregs maliens, avec un chef Iyad Ag Ghali, rebelle historique, et ancien diplomate malien à Kidal réclame l’imposition de la Charia au nord du mali et s’était déclaré disponible pour le dialogue.
Une réunion était prévue pour le 10 janvier à Ouagadougou entre le Mnla fantomatique, AnsarDine et le Mali…
Cependant pour négocier, il faut être plusieurs, l’état Malien n’a jamais été enclin à discuter des revendications de ces deux groupes essentiellement composés de maliens, au sein du Mnla régnait une certaine cacophonie (certains étant pour l’autonomie, d’autres pour l’indépendance, enfin une branche ne voulant même pas s’asseoir à la même table que AnsarDine)
Idem du côté du mouvement de Iyad Ag Ghali qui est traversé par plusieurs courants parfois antagonistes.
Ainsi le Samedi 1 janvier AnsarDine à durcit le ton vis à vis du Mali, dans une plateforme remise au médiateur ils réclament l’autonomie du nord du Mali avec l’application de la charia. ils exigent que le « caractère islamique de l’Etat du Mali soit proclamé solennellement dans la Constitution ».
Parallèlement plusieurs infos provenant de Tombouctou indiquaient que les terroristes s’apprêtaient à mener une action de grande envergure dans les jours à venir. En effet des djihadistes venus de toutes les régions nord du mali avec armes et carburant se sont réunis dans la localité de Bambara Maoudé non loin de la ligne de front.
Dans un premier temps beaucoup ont pensé qu’il s’agissait d’une opération pour mettre la pression sur le mali mais rapidement , dans la journée de mercredi après les accrochages entre les djihadistes et l’armée malienne, l’objectif des djihadistes étaient clairement de s’emparer de l’aéroport de sévaré.
La reconquête du nord du Mali devait partir de cet aéroport stratégique de sévaré et si les islamistes avaient réussis à l’occuper cet intervention aurait été compromise.
La bataille de Konna fut une bataille décisive dans laquelle l’armée malienne a payé le prix fort et sa résistance doit être saluée.
D’après de témoignages d’habitants et de militaires dans un premier temps les forces loyales avaient fait reculer les djihadistes. Cependant face au harcèlement permanent et à la multiplication des fronts tout autour de la ville, l’armée avait fini par se retirer vers sevaré.
L’aide de l’aviation malienne et française fut salutaire pour l’armée de terre car elle lui a permis de stopper l’avancée des terroristes vers sévaré puis de les repousser en dehors de Konna.
Un premier bilan fait état de plusieurs dizaines de morts chez les islamistes, quand dans un autre temps Sanda Ould Boumama porte-parole d’AnsarDine faisait état de 20 militaires tués et plusieurs capturés dans les colonnes de Sahara medias.
Le conflit malien change donc de nature avec l’entrée en jeu de la France qui à l’heure actuelle continuerait encore les raids aériens et notamment sur la ville de Lére.
Le déploiement de la force de la Cedeao devrait s’accélérer durant ce week end pour devenir effectif en début de semaine. Le Niger et le Burkina ayant deja mis a disposition 500 soldats chacun.
Les heures et jours à venir seront décisifs pour l’avenir du Mali et du sahel.
L’ONU autorise l’envoi d’une force africaine au Mali
Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté jeudi à l’unanimité une résolution, mise au point par Paris, et autorisant, «pour une période initiale d’un an», le déploiement d’une force internationale dans le nord du pays.
Les américains longtemps réticents à cette résolution française, on fini par suivre la position de paris.
Cette résolution comporte plusieurs elements, un volet diplomatique, un volet militaire
Sur le plan diplomatique, la résolution 2085 du conseil de sécurité des nations unies, incite fortement le gouvernement malien à entamer des négociations avec tous les groupes non terroristes, c’est à dire le Mnla (Mouvement national de libération de l’azawad) et Ansar-dine.
Ainsi l’Onu demande au Mali de discuter d’une part avec un groupe qui n’est pas le représentant légitime de la population au nord du Mali, et qui de plus ne représente plus rien sur le plan militaire après avoir été balayé par ses anciens alliés islamistes.
Puis d’autre part le gouvernement malien doit négocier également avec Ansar Dine, groupe clairement lié à Aqmi, qui est coupable d’amputations, et de lapidations à mort de paisibles citoyens.
Certes le fait de discuter avec ces groupes permet de réduire le champs de l’intervention aux deux derniers groupes que sont Aqmi et sa branche "ouest africaine" le Mujao, mais cela permettra-t-il de résoudre une bonne fois pour toute ces crises qui opposent l’Etat central aux rebelles depuis plus de 5O ans?
Enfin l’Onu appelle aussi le mali à rétablir l’ordre constitutionnel et à organiser des élections d’ici avril 2013, ce qui parait d’ores et deja mission impossible, avec une partie du pays occupé.
Sur le plan militaire, la résolution autorise donc le déploiement d’une force militaire au Nord du Mali. Une force exclusivement africaine, composée par les pays membres de la communauté des Etats d’Afrique de l’ouest.
Cette force pourrait voir l’adhésion d’autres pays comme le Tchad, qui entend marchander chèrement sa participation. Le président Deby sollicités par tous n’aurait pas l’intention d’engager ses hommes sans de sérieuses contreparties de Paris.
De plus l’armée malienne devrait bénéficier début janvier de l’aide de formateurs de l’Union Européenne, pour l’aider à reconquérir le nord.
Seul hic il faudra que le Conseil de sécurité s’estime «satisfait» de l’état de préparation de cette force, ce qui nous dépossède d’ores et déjà de la mission, et nous met dans les mains des diplomates Onusiens.
Enfin le calendrier le plus probable pour le début des opérations est l’automne 2013.
Sur le plan humanitaire, on déplore déjà plus de 400000 réfugiés et déplacés et se nombre devrait s’accroître en cas d’intervention au nord du mali. Il s’agit aussi de pouvoir prévoir et anticiper les besoins de ces populations en abris et nourriture.
Depuis l’annonce de cette intervention, certains apôtres "experts" crient déjà au risque de génocide contre la population touareg.
A défaut d’être raisonnables, ces gens feraient mieux d’apprendre le sens réel du mot génocide et surtout accroître leurs connaissances sur le Mali. Nous n’en sommes pas à notre première rébellion, de génocide il n’y en a jamais eu, et il n’y en aura pas.
La population touareg vit en paix au Mali, et ceux malgré les quelques exactions d’illuminés à Bamako et à Diabaly. Il ne s’agit ni plus ni moins que de la "bouillie" habituelle que nous sert le Mnla pour tenter d’exister.
Reste la question épineuse du financement de la mission qui n’a pas encore été tranchée et devra faire l’objet d’un rapport, d’ici 30 jours du secrétaire général de L’onu Ban Ki Moon.
On peut dire que cette résolution est avancée dans la résolution du conflit au Mali, mais que les chemin vers la liberté est encore long.
Mali: Intervention imminente?
Depuis le 6 avril et la chute du nord du Mali, occupé aujourd’hui par les islamistes une question s’est imposée dans toutes les chancelleries africaines et européennes, Que faire pour que le pays recouvre son intégrité territoriale et soit débarrassé de l’internationale djihadiste.
Dès lors 2 remèdes sont présentés au Mali; d’une part restaurer l’ordre constitutionnel à Bamako puis dans un second temps entamer des négociations avec les groupes présents au nord.
Aujourd’hui, on ne peut pas dire que le premier remède a été efficace, car on s’aperçoit qu’au sud du pays, il n’y a une autorité claire, un pouvoir décisionnaire fort. Les décisions du président sont contredites par les militaire du capitaine sanogo et quant au super premier ministre, lui semble bien éloigné de tout cela après avoir fait des pieds et des mains pour conserver son poste qui était alors menacé pour son inefficacité dans la reconquête du nord.
En bref au sud règne la confusion et donc un pouvoir inefficace, incapable de prendre la moindre mesure capable de changer les choses pour les habitants du nord du pays.
La preuve en est que la requête envoyée par le Président de la République Mr Traoré à la CDEAO pour demander l’aide de cette dernière a fait l’objet de contestations au sein des forces armées maliennes.
Ainsi depuis 7 mois rien n’a été fait les protagonistes bamakois n’étant pas d’accord sur la manière de traiter la crise, aucune négociation n’a été entreprise par le pouvoir en place et de manière officielle et d’ailleurs cette question de négociation ne se pose plus à mon sens.
En effet il y a eu sur ces derniers moi une accélération dans l’application de la charia, et plusieurs actes sont venus démontrer que rien ne serait négociable avec ces groupes terroristes.
Tout d’abord il y a eu la lapidation du couple d’Aguelhok, car il n’était marié, puis les différentes amputations à Gao Tombouctou et Ansongo.
Que peut-on négocier avec ces gens? Dès le départ ils ont annoncé la couleur "la charia n’est pas négociable", comment peut-on parler avec des assassins qui voudront nous imposer des lapidations publiques, des amputations, la burqa…bref faire du Mali l’Afghanistan des talibans.
Dès lors il est aisé de comprendre que dans la mesure où aucune négociation ne serait possible seule l’option militaire doit prévaloir.
D’ailleurs plus personne ne se fait de film la dessus, la France mobilise ses alliés espagnols et italiens, pour apporter un soutien logistique à une éventuelle intervention africaine au mali. Des forces spéciales sont également présentes au Niger et au Burkina Faso pour recueillir des renseignements et formés des officiers ouest-africains.
Autre signe annonciateur d’une intervention imminente un site espagnol révélait cette semaine la possibilité que l’Otan se serve des bases militaires des iles Canaries pour l’appui logistique à une possible intervention.
Les islamistes eux aussi se prépare à une éventuelle intervention, les membres du Mujao ont depuis peu accélérer les recrutements de djihadistes dans le sud de l’Algérie et reçoit des renforts venus d’Egypte et de Libye, sans oublier les jeunes des régions occupées.
Les hommes du mouvement Ansar dine s’entrainent dans les montagnes près de Kidal avec du matériel lourd et se préparent à une éventuelle attaque également.
Seul point de blocage reste les rapports plus que complexes entre la CDEAO et le pouvoir malien.
Il faut dire qu’il y a beaucoup de méfiance de part et d’autre, notamment au sein des forces armées maliennes ou on verrait la présence de la CDEAO au mali comme un affront.
La CDEAO pour intervenir au Mali veut pour cela avoir une base logistique à Bamako car selon le médiateur, pour être efficace il faut un aéroport, une antenne médicale et de transmission dans cette région. Il faut aussi un dispositif qui permet d’éviter que les mouvements armés, par des infiltrations, puissent déstabiliser Bamako, où il y a des ambassades des pays qui vont s’engager et aussi la représentation de la CEDEAO. Tout cela fait que la CDEAO veut intervenir, mais en tant que partie malienne.
On peut comprendre les arguments de la CDEAO car un échec dans cette tentative de reprise du nord scellerait le sort des villes occupées.
A Bamako on répond que la CDEAO pourrait s’installer ailleurs, il est difficile de comparer la capitale malienne aux autres villes du mali; d’ailleurs la plus grande base malienne jadis à Gao répondait aux ordres de Bamako et non de sévaré, d’autant plus que la CDEAO ne vient pas pour protéger les institutions qui ont décliné cette offre.
L’important n’est pas la proximité de cette base logistique avec la ligne de front mais plutôt l’environnement qui l’entoure, comme la présence de toutes les chancelleries occidentales, et d’un grand aéroport.
D’ailleurs les arguments de ceux qui y sont opposés sont assez flous ils se contentent de dire que Bamako n’est pas la ville la plus proche du front…..Argument qui n’en est pas un à mon sens.
Les militaires maliens à Sévaré prennent reçoivent leurs ordres de Bamako, ou l’on coordonne toutes les actions, il doit en être de même pour la future coalition internationale.
La future intervention se dessine petit à petit mais des blocages subsistent notamment entre les principales parties que sont la CDEAO et le Mali. Il faut trouver un terrain d’entente, car chaque jour qui passe, les islamistes se renforcent et la population souffre un peu plus.
Mali:Thérapie de groupe
L’adage veut que l’on sache d’ou on vient, pour savoir ou l’on va. Dans le cas précis de mon cher Mali il est important à l’heure actuelle de savoir où on doit aller.
Dans l’analyse de la situation actuelle, beaucoup de gens par facilité intellectuelle, y compris notre premier ministre tape sur le président déchu Amadou Toumani Touré.
ATT avait fait de la politique de consensus sa marque de fabrique, voilà ce que déclarait le premier ministre CMD dans son interview télévisée "célébrant" ses 100 jours de pouvoir " Le consensus tue".
CMD est un homme éduqué il sait donc ce que signifie les mots consensus, et ce que signifie son contraire pour un pays comme le Mali dans sa situation actuelle.
En fait il est admis comme analyse politique aujourd’hui de tout mettre sur le dos de l’ancien pouvoir, cette posture est même très appréciée, certains n’hésitent pas à remonter aux années Alpha Oumar Konaré.
Nous avons même assisté en une renaissance d’un amour pour l’ancien dictateur déchu Moussa Traoré, à qui l’on attribue un " Mali fort, qui savait quoi faire lors des rébellions".
Ces raisonnements sont, vous l’aurez compris surtout basé sur la facilité, la méconnaissance du sujet, la paresse intellectuelle, une dose de mauvaise foi et de démagogie.
Remontons dans le temps pour établir certaines bases permettant d’analyser concrètement notre passé afin de pouvoir construire un pays sur des bases solides.
Le Mali sous AOK 1992-2002
Il ne s’agit pas dans ce chapitre de faire l’apologie de la gouvernance du président AOK mais de faire une analyse objective des points positifs et des points négatifs.
Tout d’abord, il faut reconnaître à l’homme une grande carrière, militant clandestin, leader syndicaliste, journaliste, président du Mali, président de la Commission de l’UA, il fait partie des grandes figures maliennes et africaines.
En 1992 après des élections gagnées par son parti politique ADEMA, il est le premier président démocratiquement élu.
Quel était l’état du pays?
Le Mali sortait de 23 ans de dictature, pas d’institutions solides, une économie terrassée par la fuite des investisseurs et qui tenait debout grâce à ces mines d’or.
Comme toute dictature qui se respecte, la liberté de la presse était bafouée des gens embastillés….
Le mérite de AOK c’est d’avoir pu offrir au Mali une transition institutionnelle, par rupture avec le régime antérieur, en l’occurrence le régime du Général Moussa Traoré, au pouvoir de 1968 à 1991.
La gestion quotidienne de l’Etat a rencontré de nombreux défis durant ses premières années. Outre le traitement de la rébellion touarègue, compliqué par la constitution d’une puissante milice songhaï d’autodéfense dans le nord, le Mouvement Patriotique Ganda Koy (MPGK), le pouvoir fait face à des troubles sociaux impliquant élèves et syndicats de travailleurs. La première question est finalement réglée avec la signature à Alger, le 11 avril 1992, du « Pacte national » entre le gouvernement, les différents mouvements et le front unifié de l’Azawad. La signature, le 11 novembre 1994, des accords de paix entre les rebelles et le Mouvement Patriotique Ganda Koy ainsi que la rencontre de Tombouctou entre le gouvernement et les partenaires pour le développement du Nord-Mali du 15 au 18 juillet 1995 mettent un terme définitif à la rébellion touarègue.
Durant sa présidence le statut de la fonction publique est revu, par l’ordonnance n°77-71/CMLN. La loi n°93-59 du 8 septembre 1993 répartis les fonctionnaires en quatre catégories (A, B2, B1, C).
La libre administration des collectivités territoriales est prévue par la Constitution. En outre, la loi 93-008 du 11 février 1993 déterminant les conditions de la libre administration des collectivités territoriales, a rendu active la politique de décentralisation menée par le gouvernement. Un arsenal juridique adopté le 10 octobre 1996 est venue compléter cette loi en prévision des élections locales : la loi 96-050 sur la constitution et la gestion du domaine des collectivités ; la loi 96-051 déterminant les ressources fiscales des communes ; la loi 96-058 concernant les ressources fiscales du district de Bamako et des communes qui le composent ; la loi 96-059 portant création des communes.
L’appareil judiciaire est en rénové, avec le programme décennal de développement de la justice (PRODEJ).
Le multipartisme est désormais inscrit dans la Constitution. Le pays compte près de 78 partis déclarés. Parmi eux, environ, "20 sont représentés dans les conseils municipaux, 5 sont au gouvernement et 8 à l’Assemblée nationale (11 à l’Assemblée nationale précédente). Les deux institutions sont toutefois largement dominées par le parti au pouvoir, l’Alliance pour la Démocratie au Mali, malgré les démissions de février 2001.
Sur le plan économique le Mali relève petit à petit la tête, le retour des investisseurs favorisent la construction d’infrastructure dans la capitale, la réouverture de nombreux hôtels, et la résolution de la crise au nord du Mali, permet l’essor du tourisme.
Entre 1996 et 2002, le taux de croissance moyen est de 5,1 %, Dans l’ensemble, les chiffres suggèrent une amélioration des indicateurs de scolarisation et de santé, à l’exception du taux de malnutrition infantile mesurée par le rapport poids/âge. Ce taux est passé de 27 % en 1996 à 33 % en 2001.
Un bon nombres de chiffres et de faits indiquent une amélioration de la condition de vie des maliens et une baisse des inégalités durant ces 10 années, le Mali a rattrapé beaucoup de son retard sur ses voisins.
Seul ombre au tableau les problèmes récurrents avec du président AOK avec son opposition, qui finira même par boycotter les élections de 1997, et le problème du développement des régions dites éloignées au nord du pays, qui accusent un retard par rapport à celles plus proches de Bamako.
Le président AOK s’en est allé conformément à la constitution en 2002, et contrairement à la tradition de tripatouillage constitutionnelle très répandue en afrique.
Le Mali sous ATT 2002-1 mois avant la fin de son mandat
C’est en 2002 que celui qui a renversé Moussa Traoré arrive au pouvoir, et cette fois-ci par la voie des urnes.
Celui que l’on nomme le soldat de la démocratie arrive avec un capital confiance, et surtout avec un pays qui est sur une lancée économique.
Son premier mandat de 5 ans, a été marqué par encore plus d’investissements étrangers au mali et un développement des infrastructures du pays.
Il y a eu aussi au niveau institutionnel quelques changements, ATT ayant mis en place une politique dite du consensus, qui vise à unir une grande partie de la classe politique derrière lui, supprimant de facto toutes formes d’opposition.
En 2006 éclate une première rébellion qui sera résolue par l’accord d’Alger et l’intégration d’un certains nombre d’officiers rebelles dans l’armée.
Le deuxième mandat d’ATT s’avère être plus difficile, comme pour tous les pays la crise est passée et malgré un taux de croissance de 5.4% la situation de l’emploi ne s’améliore guère.
Comme nous le savons tous ATT a été destitué à la suite d’un coup d’Etat orchestré par des militaires mutins, non pas pour des raisons économiques, mais parce que ces derniers disaient manquer d’armes et servir de chair à canon dans le conflit au nord. (Massacres Aguel’hok).
Certains d’entre nous on aussi été surpris par la quantité d’armes abandonnées par les militaires sur le front, cela rend la thèse du sous-armement caduque.
Bilan de deux décennies
La crise militaire et institutionnelle que vit le mali ne devrait pas être imputée aux deux décennies démocratiques qu’a vécu le Mali.
Cette démocratie était fragile, car toute jeune, elle était rongée par la corruption et le népotisme.
C’était une démocratie fissurée avec des corrompus et des trafiquants notoires dans les plus hautes sphères de l’Etat.
Comme toutes les jeunes démocratie le mali était malade des inégalités causées par une application stricto sensu des principes libéraux, qu’un pays aussi fragile ne pouvait supporter.
Cependant je pense que s’en tenir à l’explication "on est la par la faute d’ATT et AOK" résulte de la paresse intellectuelle.
Jusqu’au 22 Mars 2012 jamais dans l’histoire du Mali une de nos villes n’a été occupée par des rebelles, le coup d’état du Capitaine Sanogo a déstabilisé la chaîne de commandement, ce qui a favorisé la chute des 3 grandes Régions du Nord.
Sinon comment expliquer que ce qui n’a pas pu être fait de Novembre 2011 à Mars 2012, se fasse en moins de 3 jours, si ce n’est les impacts négatifs du coup d’état
L’armée malienne repoussait les rebelles, cependant les médias ont succombé à la propagande mensongère du MNLA, ce qui a commencé à semer la zizanie au sein des forces armées et de la population.
ATT a sa part de responsabilité, mais ne peut servir d’excuses ou d’explications, aux maux actuels du pays.
Ceux qui ont les premiers précipité le pays, se sont les putschistes, tant qu’on ne reconnaît pas ça on ne peut aller de l’avant, et ceux qui à mon sens refusent de le faire sont les dirigeants actuels.
Il faut arrêter ce populisme qui est de tout mettre sur le dos des anciens maîtres, car ça reste une solution de faciliter qui nous empêche de réfléchir à l’avenir et nous bloque dans le passé.
La crise actuelle est due à ce facteur, entre ceux qui veulent absolument purger le passé, créer un modèle niant l’existence de 20 ans de démocratie, et ceux qui au contraire pense qu’il faut vivre avec notre passé, et s’en servir pour avancer.
La situation de blocage résulte de la non résolution de ce conflit, personne n’a le monopole de l’amour du Mali.
Le premier ministre en premier, plutôt que d’unir son peuple, a voulu pour se maintenir dans un premier temps accentuer cette division, n’hésitant pas à dire que ceux qui s’opposent à lui sont des anciens dignitaires du pouvoir voulant garder leurs privilèges.
Ceci est un exemple parfait de raisonnement simpliste et qui plait aux personnes ne cherchant pas à aller au fond du problème.
Le problème de fond est comment nous maliens pouvons nous unir pour libérer nos frères qui vivent sous le joug de l’islamisme.
En parlant de tout sauf de ça le gouvernement tente de masquer son impuissance, et de cacher les critiques qui montent au sein de la population.
6 mois déjà et pas un seul acte concret n’a été posé, et pour nous faire oublier cela, on nous reparle du passé, ATT, AOK…cependant le problème n’est pas la, mais les islamistes au Nord qui nous narguent à longueur de journées et humilient notre peuple.
Le gouvernement à beau parler de négociations, il n’en sera rien, car nous maliens ne pouvons accepter la charia, et le gouvernement ne peut récupérer le nord du pays seul.
Nous devons donc commencer par admettre l’impuissance de notre pays face à cette situation, puis y remédier, cette étape est absolument nécessaire, car trop souvent les néo-patriotes sont aveuglés par une gloire passée, il faut prendre en compte la nouvelle réalité.
Dans un second temps renforcer le partenariat avec nos partenaires de la CEDEAO, cesser là aussi de crier au loup, le Mali seul ne peut s’en sortir, il nous faudra l’appui de nos alliés, admettre cela aussi.
Ces conditions sont nécessaires pour l’accomplissement de ce grand défi qui nous attend, mais avant de relever nous devons changer notre état d’esprit, dépasser les querelles partisanes, cesser d’incriminer le passé, le voisin, ne pas céder à l’ogre salafiste-wahhabite qui sévit à Bamako à travers le haut conseil islamique……

