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Plateforme: 10 mesures pour le Mali

ImageEn tant que jeunes maliens et blogueurs actifs nous avons eu à suivre durant toute cette année 2012 l’évolution de notre cher pays.

Comme vous nous avons découvert ébahi l’état de déliquescence dans lequel se trouvait notre pays ainsi que son armée.

Nous en avons tiré plusieurs conclusions et notamment celle que les jeunes maliens et le peuple malien, résignés ont complètement abandonné la gestion du pays à des hommes qui nous on conduit dans la situation ou nous sommes.

Dans la vie il faut savoir analyser le passé pour construire un avenir meilleur, et notre rêve  notre souhait à tous est de revoir le Mali rayonné, le Mali retrouvé sa splendeur pour le bien de chacun.

Nous voulons un pays respectueux des droits de tous, ou la justice est effective, les injustices sociales combattues et l’intérêt général mis en avant.

C’est dans ce cadre qu’est né le projet 10 mesures pour le Mali dont l’objectif est simple, réunir la contribution des maliens, faire une plateforme et la soumettre aux responsables politiques du pays.

Dans un second temps il s’agit aussi de démontrer aux maliens que la société civile est active, qu’il y a des gens capables de réfléchir d’avoir des idées pour le pays, qu’il ne s’agit pas d’une prérogative réservée aux seuls politiciens.

Nous avons tous un potentiel et il s’agit d’exploiter ce potentiel de le mettre au service de la nation.

Nous n’avons qu’un pays et c’est le mali personne ne viendra le construire à notre place, il nous appartient à nous de le faire. Nous sommes tous acteurs de ce qui se passe au Mali.

Les règles du projet sont  simples

Il s’agit d’écrire dans un document 10 mesures que vous jugez importantes et urgentes pour relancer le Mali.

Il s’agit de mesures économiques, sociales, culturelles, sociétales, des mesures qui touchent aux institutions à l’armée et évidemment au processus de paix …bref ce qui vous semblent indispensables à l’heure actuelle au pays.

Il faudra expliquer l’objectif des mesures énoncées de manière assez concise…

Ensuite vous pourrez envoyer vos textes à l’adresse suivante : dixmesurespourlemali@yahoo.fr    en précisant votre nom prénom age et profession( l’anonymat nuit à la crédibilité du projet on défend ses idées à visage découvert)  avant le 27 mai 2013.

Une plateforme commune sera rédigée avant d’être soumise à tous les participants et aux responsables politiques et éventuels candidats à la prochaine élection dont nous exigeront une réponse évidemment.

A éviter:  Il faudra bien évidemment éviter les insultes cela va de soi, les mesures farfelues ou en violation complète de la loi.

Sachez que toutes les idées qui rentrent dans le cadre seront prises en compte nous ne sommes pas juges des opinions de chacun, bien au contraire le but est de rassembler le maximum de mettre tout en commun pour montrer que la jeunesse bouge que la société civile a des idées.

Si vous avez des questions vous pouvez les envoyer à l’adresse mail du projet dixmesurespourlemali@yahoo.fr

Après tout nous sommes l’avenir de ce pays.

Les membres de la commission de dialogue et reconciliation

LISTE DES MEMBRES DE LA COMMISSION RECONCILIATION

PAR DECRET N°2013 – 325 P-RM DU 10 AVRIL 2013, LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,

Vu la Constitution ;
Vu le Décret N°2013-212/P-RM du 06 mars 2013 portant création, organisation et 
modalités de fonctionnement de la Commission Dialogue et Réconciliation ;
Vu le Décret N°2013-308/P-RM du 2 avril 2013 fixant les avantages accordés aux membres et aux personnels de la Commission Dialogue et Réconciliation ;

DECRETE :

Article 1ER : Les personnes dont les noms suivent sont nommées Commissaires de la Commission Dialogue et Réconciliation :

1. Monsieur Modibo NIARE ;

2. Monsieur Madou TOURE.

3. Monsieur Dramane TOURE ;

4. Madame TRAORE Coumba BAH ;

5. Monsieur Boureima Allaye TOURE ;

6. Monsieur Alioune GUEYE ;

7. Monsieur Zeyni Moulaye ;

8. Monsieur Arougaya TOURE ;

9. Monsieur Mohamed dit Vieux SOUMA ;

10. Monsieur Mohamed Mahmou EL OUMRANI ;

11. Colonel –major Gaston DAMANGO ;

12. Monsieur Mohamed Ag AHMEDOU ;

13. Monsieur Achérif AG MOHAMED ;

14. Commandant Abdoulaye MAKALOU ;

15. Madame DEMBELE Ouleymatou SOW ;

16. Monsieur Makan KONE ;

17. Monsieur Idrissa KEITA ;

18. Maître Issiaka KEITA ;

19. Monsieur Gakharou DOUCOURE ;

20. Monsieur Mamadou SYLLA;

21. Monsieur Adama TRAORE ;

22. Monsieur IBRAHIM AG SINDIBLA ;

23. Madame Fatimata DICKO ZOUBOYE ;

24. Madame OUATTARA Nana Kadidia TRAORE ;

25. Madame DIARRA Mariam SAVANE ;

26. Monsieur Moulaye Ahmed Ould Moulaye RIGGANI ;

27. Madame TRAORE Nana SISSAKO;

28. Monsieur Mohamed Fall OULD MOHAMED;

29. Monsieur Cheick Oumar Tidiani SOUMANO;

30. Colonel –major Mohamed Abdrahamane MEYDOU.

Article 2 : Le présent décret sera enregistré et publié au Journal officiel.

Bamako, le 10 Avril 2013
Le Président de la République par Intérim,
Professeur Dioncouda TRAORE

L’afrique un continent de coup d’etat?

Ce matin en me baladant sur facebook j’ai vu un jeune malien, Aly Cissé, publier la liste des coups qu’il y a eu sur le continent depuis 1953 et elle est plutot exhaustive.

Coup d’etat merité ou non chacun se fera sa petite idée ..Bonne lecture

Les coups d’Etats en Afrique depuis 1952, un nombre pléthorique

•1952 : Égypte, Mohammed Naguib renverse Farouk Ier
•1958 : Soudan, Ibrahim Abboud renverse Abdullah Khalil
•1963 : Congo, David Moussaka et Félix Mouzabakani renversent Fulbert Youlou
•1963 : Togo, Emmanuel Bodjollé renverse Sylvanus Olympio
•1965 : Algérie, Houari Boumédiène renverse Ahmed Ben Bella
•1965 : Zaïre, Mobutu Sese Seko renverse Joseph Kasa-Vubu
•1966 : Burkina Faso, Sangoulé Lamizana renverse Maurice Yaméogo
•1966 : Burundi, Michel Micombero renverse Ntare V
•1966 : Centrafrique, Jean Bédel Bokassa renverse David Dacko
•1966 : Nigeria, Johnson Aguiyi-Ironsi renverse Nnamdi Azikiwe
•1966 : Ouganda, Milton Obote renverse Edward Mutesa
•1968 : Mali, Moussa Traoré renverse Modibo Keïta
•1969 : Libye, Mouammar Kadhafi renverse Idris Ier
•1969 : Soudan, Gaafar Nimeiry renverse Ismail al-Azhari
•1971 : Ouganda, Idi Amin Dada renverse Milton Obote
•1973 : Rwanda, Juvénal Habyarimana renverse Grégoire Kayibanda
•1974 : Éthiopie, Aman Andom renverse Hailé Sélassié Ier
•1974 : Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Aman Andom
•1974 : Niger, Seyni Kountché renverse Hamani Diori
•1975 : République fédérale islamique des Comores, Saïd Mohamed Jaffar renverse Ahmed Abdallah
•1975 : Nigeria, Yakubu Gowon renverse Johnson Aguiyi-Ironsi
•1975 : Tchad, Noël Milarew Odingar renverse François Tombalbaye
•1976 : Burundi, Jean-Baptiste Bagaza renverse Michel Micombero
•1976 : République fédérale islamique des Comores, Ali Soilih renverse Saïd Mohamed Jaffar
•1977 : Congo, Joachim Yhombi-Opango renverse Marien Ngouabi
•1977 : Éthiopie, Mengistu Haile Mariam renverse Tafari Benti
•1978 : République fédérale islamique des Comores, Said Atthoumani renverse Ali Soilih
•1978 : Mauritanie, Mustafa Ould Salek renverse Moktar Ould Daddah
•1979 : Centrafrique, David Dacko renverse Bokassa Ier
•1979 : Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo renverse Francisco Macías Nguema
•1979 : Tchad, Goukouni Oueddei renverse Félix Malloum
•1979 : Ouganda, Yusufu Lule renverse Idi Amin Dada
•1980 : Burkina Faso, Saye Zerbo renverse Sangoulé Lamizana
•1980 : Guinée-Bissau, João Bernardo Vieira renverse Luis de Almeida Cabral
•1980 : Au Libéria, Samuel Doe renverse William Richard Tolbert
•1981 : Centrafrique, André Kolingba renverse David Dacko
•1982 : Burkina Faso, Jean-Baptiste Ouédraogo renverse Saye Zerbo
•1982 : Tchad, Hissène Habré renverse Goukouni Oueddei
•1983 : Burkina Faso, Thomas Sankara renverse Jean-Baptiste Ouédraogo
•1983 : Nigeria, Muhammadu Buhari renverse Shehu Shagari
•1984 : Guinée, Lansana Conté renverse Louis Lansana Beavogui
•1984 : Mauritanie, Maaouiya Ould Taya renverse Mohamed Khouna Ould Haidalla
•1985 : Ouganda, Basilio Olara Okello renverse Milton Obote
•1985 : Soudan, Swar al-Dahab renverse Gaafar Nimeiry
•1986 : Soudan, Ahmed al-Mirghani renverse Swar al-Dahab
•1987 : Burkina Faso, Blaise Compaoré renverse Thomas Sankara
•1987 : Burundi, Pierre Buyoya renverse Jean-Baptiste Bagaza
•1987 : Tunisie, Zine el-Abidine Ben Ali renverse Habib Bourguiba
•1989 : Soudan, Omar el-Béchir renverse Ahmad al-Mirghani.
•1990 : Libéria, Prince Johnson renverse Samuel Doe
•1991 : Mali, Amadou Toumani Touré renverse Moussa Traoré
•1992 : Algérie, le Haut conseil de sécurité renverse Chadli Bendjedid
•1995 : République fédérale islamique des Comores, Ayouba Combo renverse Said Mohamed Djohar
•1996 : Burundi, Pierre Buyoya renverse Sylvestre Ntibantunganya
•1996 : Niger, Ibrahim Baré Maïnassara renverse Mahamane Ousmane
•1997 : Zaïre/République démocratique du Congo, Laurent Désiré Kabila renverse Mobutu Sese Seko
•1999 : Union des Comores, Azali Assoumani renverse Tadjidine Ben Said Massounde
•1999 : Côte d’Ivoire, Robert Guéï renverse Henri Konan Bédié
•1999 : Guinée-Bissau, Ansumane Mané renverse João Bernardo Vieira
•1999 : Niger, Daouda Malam Wanké renverse Ibrahim Baré Maïnassara
•2003 : Centrafrique, François Bozizé renverse Ange-Félix Patassé
•2003 : Guinée-Bissau, Verissimo Correia Seabra renverse Kumba Yala
•2005 : Mauritanie, Ely Ould Mohamed Vall renverse Maaouiya Ould Taya
•2008 : Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz renverse Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi
•2008 : Guinée, Moussa Dadis Camara s’accapare du pouvoir à la mort de Lansana Conté
•2009 : Madagascar, Andry Rajoelina dénonce et renverse à une vitesse impressionnante le régime de Marc Ravalomanana
-2010 : Niger, Djibrilla Ould Hamidou renverse Tandja Mamadou

22 mars 2012 : Mali Amadou SANOGO renverse Amadou Toumani Touré
24 mars 2013 : Michel Djotodia chasse François Bozizé

Échec des Etats sahéliens dans la lutte contre les narcojihadistes.

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réunion des chefs d’état major à bamako en 2011

La bande sahélienne couvre un espace allant de la Mauritanie au Tchad en passant par le Mali, l’Algérie, le Niger et la Libye.

Le Sahel est un espace aride, désertique, avec une faible densité de population, c’est une région de nomadisme et de pastoralisme.

Il s’agit d’une zone de transhumance habitée par différents peuples nomades, comme les Touaregs, les zaghawas, les bagarras et les peuls, mais aussi pas des peuples sédentarisés  comme les songhay, les haoussas, les dogons et les Armas.

On a à faire à une zone de passage entre l’Afrique du nord, et l’Afrique noire, ou se rencontre des nomades et des sédentaires.

Comme toutes les zones désertiques, le sahel est en proie à la sècheresse, et l’une des conséquences de ce climat rude est la famine endémique qui y sévit.[1]

Espace tampon mais surtout de contact et d’échanges (Anciennes routes du sel, de l’or et des esclaves), difficilement contrôlable, l’arc sahélien tend à devenir une zone conflictuelle sur laquelle les acteurs de la zone semblent avoir peu d’emprise.

En effet depuis une vingtaine d’année la zone sahélienne est devenue un espace de trafics en tous genres, allant de l’immigration clandestine au narcotrafic, ainsi que le kidnapping.[2]

Le non contrôle de cette zone par les Etats a favorisé l’installation et le développement de nombreux groupes dont Al Qaida au Maghreb Islamique (Aqmi) anciennement groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).

Les acteurs…

 

Face à cette menace grandissante 4 pays du champ, l’Algérie, le Mali, le Niger et la Mauritanie, vont s’organiser en créant le comité d’état-major opérationnel conjoint (Cemoc) en 2010 dont le siège se trouve à Tamanrasset.

Le Cemoc est une structure militaire regroupant les forces armées des pays du sahel sous l’égide de l’Algérie, la grande puissance de la région, et avec une présidence tournante tous les 6 mois. [3]

Première remarque sur la composition du Cemoc on s’aperçoit de l’absence de pays de poids et notamment le Maroc.  En effet lors de la création du comité le Mali était favorable à l’entrée du royaume chérifien, proposition rejetée par l’Algérie, du fait de leur conflit lié au Sahara occidental notamment.

En plus du Maroc, le Tchad et la Libye sont absents du comité, or les criminels de cette région ignorent les frontières des Etats.

L’autre but non avoué pour l’Algérie était de faire baisser l’influence grandissante de la France et des Etats-Unis dans la zone.

En effet dès 2009 les Etats-Unis et la France ont commencé à s’installer dans les pays limitrophes comme le Niger et la Mauritanie, et finançaient la formation de soldats maliens dans la lutte contre les groupes comme Aqmi[4]

Le Gspc en 2007 va devenir AQMI, groupe aujourd’hui à l’origine du trafic de drogue et des kidnappings dans la zone sahélienne.[5] L’Algérie a une « responsabilité historique » car dans sa lutte contre le terrorisme, elle a repoussé les groupes du Groupe islamique armé (GIA) et du GSPC vers le sud du pays, puis s’est alors contenté de la situation.

Les autres pays de la zone Cemoc qui sont le Mali, la Mauritanie et le Niger, disposent de faibles moyens de lutte et en s’alliant avec l’Algérie espèrent pouvoir bénéficier des moyens  de son armée. De plus ils considèrent qu’Aqmi est un problème algérien.

En plus des groupes terroristes cette zone est devenu une route du trafic de drogue en provenance d’Amérique du sud et à destination de l’Europe et ce depuis les années 2000.

Les trafiquants de drogue ont noué des contacts avec les groupes djihadistes et des dignitaires locaux afin de convoyer les convois de drogue, cela a permis à ces derniers de s’enrichir de manière substantielle et de financer à grande échelle leurs activités criminelles.

On estime à plusieurs millions d’euros les revenus que les groupes terroristes ont tirés de leurs différentes activités en 10 ans. Le sahel est devenu une véritable autoroute de la cocaïne[6].

En 2009 un avion en provenance du Venezuela s’écrase non loin de Takrint dans la région de Gao, il convoyait 6 tonnes de cocaïne qui ont été déchargés et transporter par les hommes d’Aqmi.[7]

De plus la guerre en Libye et le délitement de cet état va favoriser le trafic d’armes à grande échelle mais aussi le retour de milliers de combattants touareg qui appartenaient à la légion islamique de Kadhafi.[8]

En plus des combattants touareg qui vont mener une rébellion contre le Mali sous le nom du Mouvement national de libération de l’Azawad, il y aura l’émergence de AnsarDine (groupe islamiste touareg) lié à Aqmi et du Mujao (mouvement pur l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest). Ces groupes occuperont le nord du Mali durant 9 mois jusqu’à l’opération serval et l’intervention de la France suite à la volonté des djihadistes de descendre plus au sud du pays en janvier 2013.

Bilan des opérations….

Les objectifs initiaux du Cemoc étaient de lutter justement contre ce genre de danger, or à part quelques opérations de patrouille commune aucune action d’ampleur n’a été menée par l’organisation, pas une seule arrestation.

Bien au contraire les Nigériens ont préféré travailler avec les forces spéciales françaises, tout comme les Mauritaniens, du côté d’Alger et de Bamako on s’accusait mutuellement de complaisance voir de complicité avec ces groupes et le trafic de drogue.[9]

L’occupation du Nord-Mali et l’intervention de la France démontre que le Cemoc est une faillite totale sur le plan de la lutte régionale contre la criminalité transfrontalière.

Le déficit de coopération inter étatique a favorisé l’émergence de la crise au Mali, tout comme la porosité des frontières a favorisé les trafics en tout genre ayant permis aux groupes de s’enrichir.

Les groupes qui sévissent dans cette zone se sont ravitaillés en armes en Libye et sont passés par le Niger et le sud de l’Algérie pour venir au Mali, sans être inquiétés.

Sans oublier que l’Algérie a développé une doctrine depuis son indépendance qui veut que son armée n’intervienne pas hors de ses frontières, ce qui pose naturellement problème quand on sait que le Cemoc devait pouvoir agir sur l’ensemble du Sahel.

Quel avenir ?

Sur le papier, le Cemoc continue d’exister, mais reste à l’état de belle initiative, n’ayant pour l’instant pas aboutie.

A l’heure actuelle avec l’intervention de la France on comprend que toutes ces années de laxisme, d’hésitation ont permis à Aqmi et aux autres criminels de se sanctuariser dans le nord du Mali. Cette guerre contre les groupes auraient dû être menées depuis des années.

Pendant que les dirigeants tergiversaient les criminels eux se sont enrichis, renforcés à tel point qu’une armée comme celle du Mali n’était plus  capable de lutter seule contre eux.

L’une des leçons de l’opération serval, c’est qu’avec plus d’implication, de coopération, de volonté des Etats, la criminalité transfrontalière aurait pu être efficacement combattue et l’on aurait pu empêcher son installation et son expansion dans le Sahel.

La présence de combattants du Polisario (Sahara occidental) des shebabs (Somalie) et de Boko-Haram (Nigeria) au sahel démontre que les groupes djihadistes, tentent de tisser leur toile, alors que les états ont encore du mal à accorder leurs violons.

Le Cemoc peut être un élément important de la sécurité dans la zone, cependant il faudra penser à y impliquer tous les pays concernés, c’est-à-dire en plus des 4 déjà présents, le Maroc, la Libye, et le Tchad.

Or on voit mal l’Algérie et le Maroc à l’heure de leurs relations actuelles s’engager dans une coopération militaire, de plus la Libye demeure un état très instable, et le Mali un pays à reconstruire.

Une lutte efficace contre la criminalité doit avoir plusieurs volets, un volet développement et un volet purement militaire, or la coopération entre les états sur cette partie militaire a été une belle réussite sur le papier mais une faillite totale sur le terrain. De plus les Etats comme la Mauritanie, le Mali et le Niger sont parmi les pays les plus pauvres du monde et le sahel une zone délaissée avec une jeunesse désœuvrée qui peut s’adonner facilement à toutes sortes d’activités illégales. Il faudra un renforcement de la coopération militaire entre Etats du Sahel pour venir à bout de toutes les activités illégales qui pullulent dans le sahel, mais également un plan de développement cohérent pour assurer une sécurisation de la zone.


[1] Mahamadou Issoufou, président de la République du Niger « Agissons maintenant contre la famine et la crise alimentaire au Sahel » Lemonde 17 juillet 2012

[2] MENACE TERRORISTE EN AFRIQUE DE L’OUEST: ETAT DES REPONSES NATIONALES, REGIONALES ET INTERNATIONALES Par William Assanvo Septembre 2012

[4] Baba Ahmed « Les Etats-Unis pressent le Mali d’agir » Jeune Afrique  14 novembre 2011

[5] Institut géopolitique et  culturel Jacques Cartier « Genèse et caractéristiques d’AQMI » 2010

[6] Abdelkader Abderrahmane, chercheur à la Prévention des Conflits et Analyses des Risques «  terrorisme et trafic de drogues au sahel » Le Monde 19 juillet 2012,

[7] Stéphane Joahny  « Un français dans la tourmente d’air cocaïne »  Le Journal du Dimanche 24 juillet 2011

[8] Equipe de recherche sur le terrorisme et l’antiterrorisme « Les effets de la crise en Libye sur le trafic d’armes légères et lourdes dans la région du Maghreb-Sahel » 2012

[9] « L’opposition s’engouffre dans la brèche Wikileaks » Jeune Afrique 12 décembre 2010

Discours de Dioncounda Traoré à Addis Abeba 27 janvier 2013

Excellence, Monsieur le Président de la Conférence de l’Union,

Excellences, Mesdames et Messieurs Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,

Madame la Présidente de la Commission de l’Union africaine,

Mesdames et Messieurs les Commissaires de l’Union africaine,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Mesdames et Messieurs Ambassadeurs et Représentants des Coopérations bilatérales, multilatérales et internationales,

Représentants des organisations de la Société civile,

Distingués invités,

Excellence Monsieur le Premier ministre d’Ethiopie, c’est à vous que nous adressons nos premiers mots, pour vous dire merci, pour dire merci au peuple éthiopien pour l’accueil chaleureux qui nous est réservé ici à Addis-Abeba, dans la droite ligne d’une tradition connue et appréciée de tous.

Permettez-moi également de m’incliner de nouveau devant la mémoire de votre illustre prédécesseur Meles Zenawi, trop tôt disparu mais que les livres d’histoire retiendront comme le catalyseur du projet d’émergence tant de l’Ethiopie que de l’Afrique.

Ensuite, à notre auguste assemblée nous voudrions adresser nos vœux personnels ainsi que ceux du peuple malien, à l’entame d’une année que nous souhaitons de santé, de réussites et de paix.
Pour chacun de vous. Pour chacune de vous. Pour tous nos peuples. Pour l’Afrique et pour tous ses partenaires du monde.
Nous ne pouvons aller plus loin sans réitérer ici et solennellement, nos remerciements et notre reconnaissance à tous ces avocats passionnés de la cause malienne qu’ont été, tout le long de cette tragédie que nous vivons,

Nous voulons citer :
- Son Excellence le Dr Thomas Yayi Boni, Président sortant de la Conférence des Chefs d’Etat ;
- Son Excellence Alassane Ouattara, Président en exercice de la CEDEAO ;
- Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré et son Excellence Monsieur Johnatan Goodluck, respectivement médiateur et co-médiateur de la crise malienne.

Des pays frères ont envoyé leurs soldats combattre aux côtés de l’armée malienne dans sa tâche de reconquête des régions du Mali occupées en 2012, par l’actionnariat mafieux de l’argent sale du narcotrafic, du terrorisme international agissant sous le masque de l’Islam.

Merci donc, Président Thomas Yayi Boni, Président Blaise Compaoré, Président Nkuruziza, Président Alassane Ouattara, Président Mahamadou Issoufou, Président Johnatan Goodluck, Président Idriss Deby, Président Faure Ngnassingbé, Président Macky SALL.

Dites à vos peuples que le Mali saura se souvenir de cette solidarité. Elle n’a pas de prix. Pour nous, elle a valeur de pacte de sang.
Soyez également remerciée, Mme Nkosasana Dlamini Zuma, Présidente de la Commission de l’Union africaine.
Votre souci du Mali est attesté de tous et votre engagement est pour nous une source de réconfort toujours renouvelée.

Permettez qu’à travers vous, nous félicitions vos collaborateurs qui, au sein de la Commission que vous présidez, ont porté, sans faiblir, la question malienne dès les premières manifestations de la crise en fin 2011.

Depuis, votre Commission n’a ménagé aucun effort, aucune réflexion, aucune déclaration en faveur du respect de l’intégrité territoriale du Mali.

Elle a su appeler, avec le juste accent, à une mobilisation à la fois diligente et massive de l’Afrique et du monde pour soutenir le peuple malien dans la douloureuse épreuve qu’il traverse. Le Mali, jusqu’alors une référence de stabilité soudain prise dans la spirale de la guerre et de ses privations.

Preuve, s’il en faut, de ce bel élan de solidarité : la rencontre de Bamako du 19 octobre 2012 qui, sous votre direction éclairée, a permis de partager et de valider le Concept Stratégique des Opérations, le CONOPS.

Nous ne saurions clore le chapitre des remerciements sans vous demander, frères et sœurs d’Afrique, de vous joindre à la nation malienne pour saluer les pays non africains qui sont aujourd’hui à nos côtés.

Saluons en particulier la France, saluons le Peuple français.
Saluons le Président François Hollande pour sa lecture lucide de la crise malienne dont nous savons tous qu’elle porte les germes d’une menace sécuritaire mondiale.

Saluons-les pour avoir accédé promptement et sans calcul à notre requête d’assistance.

Aujourd’hui, l’intervention déterminée de l’armée française a porté un coup d’arrêt à la progression de notre ennemi commun, à savoir le narco-térrorisme qui invoque Dieu mais qui agit comme Satan.
Le geste fraternel de la France a permis, dans le respect de la légalité internationale, d’accélérer la mise en œuvre de la résolution 2085 des Nations-Unies, par la mobilisation de la CEDEAO, de l’Union africaine ainsi que de leurs partenaires
C’est aussi ce geste de la France qui a permis à l’armée malienne de renouer avec sa noble vocation de défense de la nation et du territoire, et nous pouvons vous annoncer ici et aujourd’hui que l’armée malienne est de retour, et a repris le combat avec courage dans une confiance retrouvée.
Elle sera devant. Elle ne sera pas derrière les troupes sœurs venues l’aider.

Et toutes ensembles, les forces qui se battent contre nos agresseurs, progressent, avec détermination, dans le cadre d’une stratégie qui nous mènera, sans aucun doute, vers la victoire.
Cette victoire, nous la voulons pour demain. Pas après demain. Parce que notre guerre à nous n’est pas de tuer simplement parce que nous avons les armes pour le faire.

Notre guerre c’est d’enrôler nos filles et nos garçons à l’école. Notre guerre c’est de pouvoir mieux soigner nos populations.
Notre guerre c’est de pouvoir offrir à nos citoyens des opportunités pour s’épanouir dans un monde globalisé qui n’attend pas les retardataires.

Mesdames, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs,

Le Mali hélas en était arrivé très loin dans l’infortune en 2012.
Au Nord, des régions entières avec tous leurs départements sous la coupe de leurs agresseurs, certains indépendantistes, d’autres dits jihadistes, mais tous terroristes, tous criminels.

Au Sud une crise institutionnelle grave, avec ses agendas mesquins et inavouables, à un moment où toute la concentration était requise pour sauver le pays.

Les frayeurs continueront jusqu’aux premiers jours de 2013 où poussés par l’arrogance, les agresseurs tentèrent de forcer le destin.
Avec les conséquences que vous savez : des conséquences désastreuses pour eux.

A l’heure où nous vous parlons, nos forces nationales fortement aidées par leurs alliées françaises et africaines continuent d’infliger de lourdes pertes à l’ennemi désormais en débandade. Gao et Tombouctou sont quasiment reconquises.

Et parce que la peur a changé de camp, voici que des voix crient à la croisade contre l’Islam.
Voici qu’elles ramènent notre combat pour la liberté, la dignité et la paix à une guerre par procuration de l’Occident contre des musulmans sans défense.
Qu’on nous dise pourquoi personne n’a entendu ces voix, au moment où le Mali, pays musulman à 95%, avait besoin de la compassion et de la solidarité de ses frères en Islam ?
Qu’on nous dise où étaient les donneurs de leçon qui n’ont pas entendu les sanglots de la petite Aicha violée, comme beaucoup d’autres, sous la menace des armes ?
Qu’on nous dise où étaient ces donneurs de leçons le jour où un couple victime d’une justice inique et expéditive était lapidé à mort soit disant pour adultère ?
Où étaient donc ces voix lorsqu’à Aguel Hock des soldats de l’armée régulière malienne étaient égorgés par dizaines voici un an ?
Qu’on nous dise, comme l’ont rappelé les oulémas de notre pays dans une belle unanimité, où étaient ces donneurs de leçons, quand par milliers, les Maliens étaient jetés sur les routes de l’exil et de la privation de la misère et de la désolation ?
Où étaient– ils ceux qui crient aujourd’hui à l’holocauste quand les conquérants, de leur justice humiliante et mutilante, coupaient les bras de notre jeunesse, détruisaient les écrans de télé, écrasaient les écouteurs de téléphone et décrétaient que le football était haram ?
Qu’on n’ajoute pas de grâce l’injure à la blessure !
Le Mali ne mérite pas un tel mépris car il a vécu le joug terroriste dans sa chair, dans son âme, dans le viol de sa conscience et de ses femmes.

Le Mali ne mérite pas ce mépris, parce que comme toutes les sociétés de culture, c’est un pays de tolérance, d’humilité et de paix.
Nous ne sommes pas en guerre contre l’Islam.
Nous sommes en guerre contre le terrorisme, qui prospère de la vente d’otages innocents et des ristournes de la drogue.
Nous sommes en guerre pour notre existence.
Nous sommes en guerre contre l’obscurantisme.
Nous sommes en guerre contre un projet d’arriération imposé à une terre qui est un creuset de civilisation.
Au contraire, le plus grand tort à l’Islam, ce sont nos agresseurs qui l’ont causé, semant le doute dans l’esprit de ceux qui sont nés dans l’Islam, dont les pères sont nés dans l’Islam et qui, pendant des générations successives, ont été pétris aux valeurs, aux vraies valeurs de l’Islam.
Car les caveaux de saints démolis à Tombouctou l’ont été au nom de l’Islam !
Car les coups de cravache donnés à Gao l’ont été au nom de l’Islam !
Car les couples lapidés à Kidal l’ont été au nom de l’Islam !
De quel Islam s’agit t-il ?
En tout cas, pas celui du prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui) qui n’a jamais converti par la force, qui n’a jamais humilié son prochain, qui n’a jamais rendu veuve, orphelin ou handicapé au nom de la seule loi du plus fort.

Non, l’alliance entre la mauvaise foi et les barres de cocaïne ne saurait être l’Islam, ne saurait être notre Islam.
Notre Islam à nous continuera d’être le respect de l’être humain et de sa dignité, la protection du voisin, du faible et de l’orphelin, la promotion de la paix et de la concorde, jamais le plaisir de verser le sang.

Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs,

Si grâce à vous tous les perspectives sont bien meilleures aujourd’hui pour le Mali, tous les risques contre la paix et la concorde ne sont pas entièrement conjurés.

L’ethnicisation du faux jihad, les stratégies de constitution des réseaux dormants du terrorisme dans les villes, et il faut le déplorer, l’amalgame et le délit de faciès peuvent donner lieu à des exactions et des règlements de compte.

Le Gouvernement du Mali ne tolérera les exactions et les amalgames.
Du reste, il a ordonné une enquête dont nous tirerons toutes les implications.

La dignité du soldat et l’honneur de notre armée commandent qu’ils soient les premiers à suivre scrupuleusement les prescriptions de l’Etat de droit que nous avons pour ambition de bâtir.

Et nous savons que chaque traitement extrajudiciaire des cas de collaboration présumée des populations locales avec les terroristes fait l’affaire de ces derniers.

C’est pourquoi, le Gouvernement du Mali, prenant au sérieux ces risques et soucieux de ne pas compliquer davantage la résolution d’une crise qui menace les fondements de la nation, n’a de cesse de mettre et l’armée et les groupes diffus contre toute atteinte aux droits humains.

Et comme le prévoit la Feuille de route adoptée par le Gouvernement le 25 janvier et présentée au Parlement, de vastes campagnes seront menées dans le sens de l’apaisement.

L’armée sera systématiquement et continuellement formée au respect du droit humanitaire et des droits constitutionnel des citoyens parce que nous la voulons une armée républicaine.

Bien entendu, nous restons déterminés à appliquer la loi à tout soldat malien contrevenant aux principes de la République.
Nous en appelons naturellement à la prudence et au bon sens de tous.
Car le contexte est favorable à la désinformation et au sensationnel.
Les forces du mal n’ayant plus d’autre possibilité que d’opposer les opinions publiques aux forces de libération.

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs,

Si malgré nous, le temps est à la guerre, nous préparons activement la paix.
Notre main reste tendue à ceux qui réalisent qu’il est encore temps de faire amende honorable, malgré tout le tort qui a été porté à notre pays, à notre sous région et à notre région.
Mais le dialogue inter-malien n’aura vocation ni à confesser ni à charger.

Pour la stabilité de notre pays et la dignité de ses enfants, nous ne saurions donner de traitement préférentiel à aucune ethnie en particulier ni stigmatiser de groupes spécifiques.

Qu’on nous fasse seulement confiance, car les Maliens sont les premiers à comprendre jusqu’où la réconciliation est impérative pour la survie de chacune de leurs communautés et de l’ensemble national, sans distinction d’ethnie.

Du dialogue inter-malien dont les animateurs sont en train d’être repérés pour leur sagesse et leur lucidité, il est attendu tout simplement qu’il mène les Maliens, sans distinction d’ethnie, de sexe, d’âge et de religion vers le même but et la même foi.
Cet important dispositif permettra de recueillir et de partager les enseignements de la grave crise que nous avons connue pour que nos cités soit mieux administrées, notre démocratie et notre capital social mieux consolidés.

Ce pays reviendra parmi vous, jouant pleinement son rôle dans l’intégration africaine.

Il était là en 1963 comme une jeune nation forte de ses promesses et de ses espérances. Il sera là avec vous en 2013 en tant que nation reconstituée pour fêter le 50è anniversaire de l’organisation continentale.

C’est cela notre mission historique en tant que Président et Gouvernement de Transition.

Et pour la mener à bien, nous avons encore besoin de votre solidarité, de vos conseils et de votre accompagnement.
Mais le Sahel a prouvé sa grande vulnérabilité par sa pauvreté qui fait d’elle la proie facile du crime organisé.

Nous ne couperons définitivement la tête des barons de la drogue, des terroristes doctrinaires autoproclamés de l’Islam qu’en concédant un investissement sans précédent pour le développement de cette zone grise aujourd’hui mais avec tout le potentiel pour être demain un havre de paix et de prospérité.

A cet égard, tous les pays du Sahel, ceux qui connaissent aujourd’hui les tourments comme ceux qui en sont épargnés, sont logés à la même enseigne.

Car jamais les vases n’ont autant communiqué que dans cette partie du monde.

La paix dans le monde est tributaire de la paix dans le Sahel qui crie son besoin de Plan Marshall pour que le binôme Paix et Développement produise les fruits attendus et protège le reste du monde des graves menaces que cette zone peut entraîner pour tous.
Ce cri n’est pas le premier. Puisse t-il être le dernier et être entendu !

Vive l’Afrique unie et solidaire !
Vive l’Afrique partenaire respectée du monde !
Vive la Paix dans le monde !
Vive le France !

- MERCI BEAUCOUP !

Mali: Konna la barbare, Konna la décisive

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En ce début d’année 2013 les évènements semblent s’accélérer au Nord du mali. Pour rappel depuis le mois de Mars 2012 à la suite d’un coup d’état le nord du pays était occupé par plusieurs groupes terroristes et indépendantistes.

Tout d’abord le mouvement national  de libération de l’Azawad, Al Qaida au Maghreb islamique, Ansar Dine et enfin le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest.

Ces quatre groupes majeurs ne seront bientôt plus que trois après la bataille dans la ville de Gao en juillet entre le Mujao et le Mnla qui vit la victoire de Mujao et donc la marginalisation du Mnla qui ne maitrise plus que la ville de tinzaoutène.

Il y a dès lors une coexistence entre les 3 groupes djihadistes qui se partagent les 3 régions du Mali, Gao pour le Mujao, Tombouctou pour Aqmi et la région de Kidal pour AnsarDine.

Le groupe AnsarDine composé de Touaregs maliens, avec un chef Iyad Ag Ghali, rebelle historique, et ancien diplomate malien à Kidal réclame l’imposition de la Charia au nord du mali et s’était déclaré disponible pour le dialogue.

Une réunion était prévue pour le 10 janvier à Ouagadougou entre le Mnla fantomatique, AnsarDine et le Mali…

Cependant pour négocier, il faut être plusieurs, l’état Malien n’a jamais été enclin à discuter des revendications de ces deux groupes essentiellement composés de maliens, au sein du Mnla régnait une certaine cacophonie (certains étant pour l’autonomie, d’autres pour l’indépendance, enfin une branche ne voulant même pas s’asseoir à la même table que AnsarDine)

Idem du côté du mouvement de Iyad Ag Ghali qui est traversé par plusieurs courants parfois antagonistes.

Ainsi le Samedi 1 janvier AnsarDine à durcit le ton vis à vis du Mali, dans une plateforme remise au médiateur ils réclament l’autonomie du nord du Mali avec l’application de la charia. ils  exigent que le « caractère islamique de l’Etat du Mali soit proclamé solennellement dans la Constitution ».

Parallèlement plusieurs infos provenant de Tombouctou  indiquaient que les terroristes s’apprêtaient à mener une action de grande envergure dans les jours à venir. En effet des djihadistes venus de toutes les régions nord du mali avec armes et carburant se sont réunis dans la localité de Bambara Maoudé non loin de la ligne de front.

Dans un premier temps beaucoup ont pensé qu’il s’agissait d’une opération pour mettre la pression sur le mali mais rapidement , dans la journée de mercredi après les accrochages entre les djihadistes et l’armée malienne, l’objectif des djihadistes étaient clairement de s’emparer de l’aéroport de sévaré.

La reconquête du nord du Mali devait partir de cet aéroport stratégique de sévaré et si les islamistes avaient réussis à l’occuper cet intervention aurait été compromise.

La bataille de Konna fut  une bataille décisive dans laquelle l’armée malienne a payé le prix fort et sa résistance doit être saluée.

D’après de témoignages  d’habitants et de militaires  dans un premier temps les forces loyales avaient fait reculer les djihadistes. Cependant face au harcèlement permanent et à la multiplication des fronts tout autour de la ville, l’armée avait fini par se retirer vers sevaré.

L’aide de l’aviation malienne et française fut salutaire pour l’armée de terre car elle lui a  permis de stopper l’avancée des terroristes vers sévaré puis de les repousser en dehors de Konna.

Un premier bilan fait état de plusieurs dizaines de morts chez les islamistes, quand dans un autre temps Sanda Ould Boumama porte-parole d’AnsarDine faisait état de 20 militaires tués et plusieurs capturés dans les colonnes de Sahara medias.

Le conflit malien change donc de nature avec l’entrée en jeu de la France qui à l’heure actuelle continuerait encore les raids aériens et notamment sur la ville de Lére.

Le déploiement de la force de la Cedeao devrait s’accélérer durant ce week end pour devenir effectif en début de semaine. Le Niger et le Burkina ayant deja mis a disposition 500 soldats chacun.

Les heures et jours à venir seront décisifs pour l’avenir du Mali et du sahel.

2012 in review

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2012 de ce blog.

En voici un extrait :

600 personnes ont atteint le sommet de l’Everest en 2012. Ce blog a été vu 2 000 fois en 2012. Pour que chaque personne ayant atteint le somment de l’Everest puisse visiter ce blog, 3 ans auraient été nécessaires.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

L’ONU autorise l’envoi d’une force africaine au Mali

ImageLe Conseil de sécurité de l’ONU a adopté jeudi à l’unanimité une résolution, mise au point par Paris, et autorisant, «pour une période initiale d’un an», le déploiement d’une force internationale dans le nord du pays.

Les américains longtemps réticents à cette résolution française, on fini par suivre la position de paris.

Cette résolution comporte plusieurs elements, un volet diplomatique, un volet militaire

Sur le plan diplomatique, la résolution 2085 du conseil de sécurité des nations unies, incite fortement le gouvernement malien à entamer des négociations avec tous les groupes non terroristes, c’est à dire le Mnla (Mouvement national de libération de l’azawad) et Ansar-dine.

Ainsi l’Onu demande au Mali de discuter d’une part avec un groupe qui n’est pas le représentant légitime de la population au nord du Mali, et qui de plus ne représente plus rien sur le plan militaire après avoir été balayé par ses anciens alliés islamistes.

Puis d’autre part le gouvernement malien doit négocier également avec Ansar Dine, groupe clairement lié  à Aqmi, qui est coupable d’amputations, et de lapidations à mort de paisibles citoyens.

Certes le fait de discuter avec ces groupes permet de réduire le champs de l’intervention aux deux derniers groupes que sont Aqmi et sa branche "ouest africaine" le Mujao, mais cela permettra-t-il de résoudre une bonne fois pour toute ces crises qui opposent l’Etat central aux rebelles depuis plus de 5O ans?

Enfin l’Onu appelle aussi le mali à rétablir l’ordre constitutionnel et à organiser des élections d’ici avril 2013, ce qui parait d’ores et deja mission impossible, avec une partie du pays occupé.

Sur le plan militaire, la résolution autorise donc le déploiement d’une force militaire au Nord du Mali. Une force exclusivement africaine, composée par les pays membres de la communauté des Etats d’Afrique de l’ouest.

Cette force pourrait voir l’adhésion d’autres pays comme le Tchad, qui entend marchander chèrement sa participation. Le président Deby sollicités par tous n’aurait pas l’intention d’engager ses hommes sans de sérieuses contreparties de Paris.

De plus l’armée malienne devrait bénéficier début janvier de l’aide de formateurs de l’Union Européenne, pour l’aider à reconquérir le nord.

Seul hic il faudra que le  Conseil de sécurité s’estime «satisfait» de l’état de préparation de cette force, ce qui nous dépossède d’ores et déjà de la mission, et nous met dans les mains des diplomates Onusiens.

Enfin le calendrier le plus probable pour le début des opérations est l’automne 2013.

Sur le plan humanitaire, on déplore déjà plus de 400000 réfugiés et déplacés et se nombre devrait s’accroître en cas d’intervention au nord du mali. Il s’agit aussi de pouvoir prévoir et anticiper les besoins de ces populations en abris et nourriture.

Depuis l’annonce de cette intervention, certains apôtres  "experts" crient déjà au risque de génocide contre la population touareg.

A défaut d’être raisonnables, ces gens feraient mieux d’apprendre le sens réel du mot génocide  et surtout accroître leurs connaissances sur le Mali. Nous n’en sommes pas à notre première rébellion, de génocide il n’y en a jamais eu, et il n’y en aura pas.

La population touareg vit en paix au Mali, et ceux malgré les quelques exactions d’illuminés à Bamako et à Diabaly. Il ne s’agit ni plus ni moins que de la "bouillie" habituelle que nous sert le Mnla pour tenter d’exister.

Reste la question épineuse du financement de la mission qui n’a pas encore été tranchée et devra faire l’objet d’un rapport, d’ici 30 jours du secrétaire général de L’onu Ban Ki Moon.

On peut dire que cette résolution est avancée dans la résolution du conflit au Mali, mais que les chemin vers la liberté est encore long.

Cheick Modibo Diarra: La fin

8 mois et s’en va voila ce qu’on pourra dire du "règne" de notre très vénéré ex premier ministre CMD, certains n’hésitant pas à qualifier de "pire premier ministre de l’histoire du Mali".Image

Pour comprendre la chute de ce scientifique de renom, je remonterais en début d’année 2012, dans une salle parisienne, où CMD candidat à l’élection présidentielle d’avril 2012 rencontre les membres de la diaspora.

Un exposé d’une heure sous la forme d’un Steeve Job nous présentant son dernier Iphone. CMD décortique son CV et des solutions  sur les problèmes concernant l’économie, la corruption, l’education, il maitrise son sujet et a des idées formidables. 

Devant une foule émerveillée par l’enfant du Mali, au fond de la salle un dame se lève et pose une question à CMD sur les exactions au nord et ses solutions pour résoudre le conflit.

L’homme est moins à l’aise que pour nous parler d’éducation, de corruption, il toussote donne un début de solution, un mélange entre actions armées et négociations, il tourne autour du pot, puis passe à la question suivante.

Avec le recul on peut se dire que le candidat n’etait pas préparé pour gérer ce genre de situation sécuritaire.

Oui on ne naît pas spécialiste des questions sécuritaires  on le devient en étant bien entouré et bien conseillé.

CMD présentait donc selon moi, déjà à la base des lacunes sur la question du nord, bien avant son entrée en fonction.

Et cela s’est ressenti après sa prise de fonction , il fut d’abord contre la force de stabilisation de la CEDEAO venant aider le mali, puis il était pour à condition qu’elle ne soit pas à Bamako. Enfin il fini par rallier, la position du Président de la République et devint dès lors le chantre de l’interventionnisme au mali.

On attend plus de fermenté et d’initiatives claires de la part d’un PM et surtout dans la période que nous traversons.

Les atermoiements de ce premier ministre sont selon moi dans un premier temps plus dues à un manque de connaissance criant sur les questions sécuritaires, qu’a un manque de volonté.

A coté de cela il y a la question de l’exercice de la fonction, et ce manque de discernement dans la conduite des affaires aura conduit CMD dans un isolement qu’aucun homme politique n’ait jamais connu dans ce pays.

Lors du retour de Dioncounda Traoré à Bamako en juillet ( après son agression l’ayant conduit à une hospitalisation à paris), se sentant menacé CMD n’a pas hesité à jouer avec le soutien des religieux lors d’un rassemblement géant au stade Modibo Keita. Peu avant ce meeting il s’était adonné à une interview surréaliste à ORTM déclarant " Personne ne peut me faire démissionner"..

Lors du premier remaniement il n’a pas hésité à modifier un décret présidentiel, en nommant ainsi plusieurs de ses proches "conseillers avec rang de ministre".

Enfin une certaine cacophonie régnait au sommet de l’État, entre les prises de parole du président  et un premier ministre qui le contredisait par la suite.

Ce coup de force ayant conduit à la démission du PM,  aura eu le mérite de mettre fin à ce bicéphalisme qui nuisait, aux intérêts du Mali.

Et il ne faut pas s’y tromper les déclarations  condamnant la manière dont la démission a été obtenue, ne sont que de la poudre aux yeux, nombreux sont les chefs d’État qui criaient leur déception face à la manière dont les affaires étaient conduites au Mali.

Il est aussi important de voir les conséquences  de cette acte, un nouveau gouvernement est sur pied, le nouveau premier ministre Diango Cissoko est un vieux crocodile du marigot politique bamakois plus en capacité d’unir la classe politique.

Contrairement à ce qui a été dit le President n’est pas le prochain sur la liste de la junte, mais a accru sa marche de manœuvre, en faisant éjecter le premier ministre par les militaires.

Cet action de la junte retardera-t-elle l’intervention au mali? Une question légitime avec une réponse très simple, cela ne changera rien aux agendas des uns et des autres.

En attendant le peuple lui est toujours à la recherche de la première action concrète marquant le début de la reconquête du nord. 

Mali: Intervention imminente?

Depuis le 6 avril et la chute du nord du Mali, occupé aujourd’hui par les islamistes une question s’est imposée dans toutes les chancelleries africaines et européennes, Que faire pour que le pays recouvre son intégrité territoriale et soit débarrassé de l’internationale djihadiste.

Dès lors 2 remèdes sont présentés au Mali; d’une part restaurer l’ordre constitutionnel à Bamako puis dans un second temps entamer des négociations avec les groupes présents au nord.

Aujourd’hui, on ne peut pas dire que le premier remède a été efficace, car on s’aperçoit qu’au sud du pays, il n’y a une autorité claire, un pouvoir décisionnaire fort. Les décisions du président sont contredites par les militaire du capitaine sanogo et quant au super premier ministre, lui semble bien éloigné de tout cela après avoir fait des pieds et des mains pour conserver son poste qui était alors menacé pour son inefficacité dans la reconquête du nord.

En bref au sud règne la confusion et donc un pouvoir inefficace, incapable de prendre la moindre mesure capable de changer les choses pour les habitants du nord du pays.

La preuve en est que la requête envoyée par le Président de la République Mr Traoré à la CDEAO pour demander l’aide de cette dernière a fait l’objet de contestations au sein des forces armées maliennes.

Ainsi depuis 7 mois rien n’a été fait les protagonistes bamakois n’étant pas d’accord sur la manière de traiter la crise, aucune négociation n’a été entreprise par le pouvoir en place et de manière officielle et d’ailleurs cette question de négociation ne se pose plus à mon sens.

En effet il y a eu sur ces derniers moi une accélération dans l’application de la charia, et plusieurs actes sont venus démontrer que rien ne serait négociable avec ces groupes terroristes.

Tout d’abord il y a eu la lapidation du couple d’Aguelhok, car il n’était marié, puis les différentes amputations à Gao Tombouctou et Ansongo.

Que peut-on négocier avec ces gens? Dès le départ ils ont annoncé la couleur "la charia n’est pas négociable", comment peut-on parler avec des assassins qui voudront nous imposer des lapidations publiques, des amputations, la burqa…bref faire du Mali l’Afghanistan des talibans.

Dès lors il est aisé de comprendre que dans la mesure où aucune négociation ne serait possible seule l’option militaire doit prévaloir.

D’ailleurs plus personne ne se fait de film la dessus, la France mobilise ses alliés espagnols et italiens, pour apporter un soutien logistique à une éventuelle intervention africaine au mali. Des forces spéciales sont également présentes au Niger et au Burkina Faso pour recueillir des renseignements et formés des officiers ouest-africains.

Autre signe annonciateur d’une intervention imminente un site espagnol révélait cette semaine la possibilité que l’Otan se serve des bases militaires des iles Canaries pour l’appui logistique à une possible intervention.

Les islamistes eux aussi se prépare à une éventuelle intervention, les membres du Mujao ont depuis peu accélérer les recrutements de djihadistes dans le sud de l’Algérie et reçoit des renforts venus d’Egypte et de Libye, sans oublier les jeunes des régions occupées.

Les hommes du mouvement Ansar dine s’entrainent dans les montagnes près de Kidal avec du matériel lourd et se préparent à une éventuelle attaque également.

Seul point de blocage reste les rapports plus que complexes entre la CDEAO et le pouvoir malien.

Il faut dire qu’il y a beaucoup de méfiance de part et d’autre, notamment au sein des forces armées maliennes ou on verrait la présence de la CDEAO au mali comme un affront.

La CDEAO pour intervenir au Mali veut pour cela avoir une base logistique à Bamako car selon le médiateur, pour  être efficace il faut un aéroport,  une antenne médicale et de transmission dans cette région. Il faut aussi un dispositif qui permet d’éviter que les mouvements armés, par des infiltrations, puissent déstabiliser Bamako, où il y a des ambassades des pays qui vont s’engager et aussi la représentation de la CEDEAO. Tout cela fait que la CDEAO veut intervenir, mais en tant que partie malienne.

On peut comprendre les arguments de la CDEAO car un échec dans cette tentative de reprise du nord scellerait le sort des villes occupées.

A Bamako on répond que la CDEAO pourrait s’installer ailleurs, il est difficile de comparer la capitale malienne aux autres villes du mali; d’ailleurs la plus grande base malienne jadis à Gao répondait aux ordres de Bamako et non de sévaré, d’autant plus que la CDEAO ne vient pas pour protéger les institutions qui ont décliné cette offre.

L’important n’est pas la proximité de cette base logistique avec la ligne de front mais plutôt l’environnement qui l’entoure, comme la présence de toutes les chancelleries occidentales, et d’un grand aéroport.

D’ailleurs les arguments de ceux qui y sont opposés sont assez flous ils se contentent de dire que Bamako n’est pas la ville la plus proche du front…..Argument qui n’en est pas un à mon sens.

Les militaires maliens à Sévaré prennent reçoivent leurs ordres de Bamako, ou l’on coordonne toutes les actions, il doit en être de même pour la future coalition internationale.

La future intervention se dessine petit à petit mais des blocages subsistent notamment entre les principales parties que sont la CDEAO et le Mali. Il faut trouver un terrain d’entente, car chaque jour qui passe, les islamistes se renforcent et la population souffre un peu plus.

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